La lèpre reste une réalité pour trop de monde

La Journée Mondiale de la Lèpre, qui chaque année fait appel à la générosité du public, nous rappelle que cette maladie continue à exclure ses victimes

Dans toutes les cultures, la lèpre est encore considérée comme une malédiction. Lorsque cette maladie est diagnostiquée, la personne atteinte devient facilement un paria. La peur et les préjugés sont alors plus forts que les liens sociaux et même familiaux. Très souvent, la lèpre est en effet une cause “justifiant“ le divorce, et aujourd'hui encore un enfant atteint de cette maladie peut être chassé de chez lui sans ménagement.

Une maladie difficile à vivre

Le bacille de la lèpre est un cousin de celui de la tuberculose. Il s’attaque principalement aux nerfs superficiels situés au niveau des mains, des pieds et du visage. Les premiers symptômes visibles sont généralement l’apparition de taches pâles sur la peau, puis rapidement, les nerfs ne sont plus en état de communiquer les sensations de chaud, de froid et de douleur. Si un traitement n’est pas mis en place, les conséquences surviennent: mains griffées, pieds bots, paupières incapables de cligner pour irriguer les yeux. S'installeront alors inévitablement des lésions qui s’aggraveront sans douleur, et provoqueront une cascade de handicaps. Privée de soins et d’affection, la personne atteinte de ce terrible mal ne peut que sombrer dans le désespoir... et la mendicité.

Des progrès sont en cours

La lèpre continue de prospérer sur le terreau de la pauvreté et de l’ignorance et les préjugés ont la vie dure. L’absence d'infrastructures de santé ainsi que d’éducation font barrage à une détection précoce de cette maladie. Or seule celle-ci pourrait permettre d’enrayer le cercle infernal de la détérioration irréversible et de la contamination. Néanmoins, au cours des 30 dernières années, le nombre des personnes touchées par ce drame a pu être divisé par 10. Depuis 1982, la multithérapie permet d’obtenir des résultats spectaculaires: la lèpre est devenue guérissable, alors que depuis des millénaires, on tenait pour une certitude que la seule solution était d’éloigner les “lépreux”. Aujourd’hui, même dans la plupart des pays où la lèpre reste endémique, l’isolement n’est plus considéré comme une solution et le traitement peut être administré par des centres de santé générale.

Les ONG qui luttent contre la lèpre

Pour la plupart de nos contemporains, la lèpre est une maladie oubliée, lointaine et antique. Pourtant, chaque année encore, plus de 200 000 nouveaux cas sont détectés dans le monde, parmi lesquels environ 10% d’enfants. Et chaque année aussi, le dernier week-end de janvier, a lieu la Journée Mondiale de la Lèpre, qui convie le public à soutenir la lutte contre cette maladie.

En France trois ONG, toutes trois membres de la Fédération Internationale des Associations de lutte contre la Lèpre (ILEP), font appel à la générosité du public pour les aider dans leur combat. La Fondation Raoul Follereau est sans conteste la plus connue et elle bénéficie d’un large soutien. L’ordre de Malte vient en second, et les deux se trouvent souvent côte à côte pour collecter en faveur de leur action. Il faut noter que ces deux ONG ont aussi beaucoup d’autres engagements, mais il semble que la lèpre soit un de leurs arguments forts pour solliciter le soutien du plus grand nombre. A côté de ces deux ONG il en existe une troisième : la Mission Évangélique contre la Lèpre, ou plus brièvement “Mission Lèpre”, ce qui correspond au nom anglais de “The Leprosy Mission” (TLM) dont elle est membre. De ces trois ONG, TLM/Mission Lèpre est la seule qui se consacre prioritairement à la lèpre.

Pour plus d'infos sur la Journée Mondiale de la Lèpre:

http://www.missionlepre.org/fr/accueil.html

A voir aussi:

http://www.portail-humanitaire.org/ressources/sante/pathologies/lepre/

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