La vie des femmes au Moyen Âge : éducation, mariage

L'éducation des femmes dépend alors de leur condition sociale, mais dans tous les milieux, le mariage de raison est de mise.
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En dehors de la cour et quelques de grandes maisons, l'instruction des filles n'est pas la règle. Celles-ci sont souvent destinées au mariage et à la maternité. On cherche avant tout à inculquer des principes de vertu, de piété et de bienséance.

La petite enfance

C'est dans le cadre familial et sous l'intendance des femmes que l'enfant reçoit les premiers rudiments de son éducation: l'apprentissage de la parole, de la marche, des bonnes manières, de l'alphabet et de la foi. Ces apprentissages sont connus grâce aux traités d'éducation dans lesquels on trouve de nombreuses recommandations: savoir interpréter les pleurs du bébé, l'allaiter à la demande, ne pas tenter d'apprendre à marcher à un enfant avant l'âge de un an, mâcher sa nourriture avant de la lui donner, etc. Il est également conseillé d'utiliser un langage aux syllabes redoublées (papa, mama, dodo, bobo, etc.) pour mieux apprendre à parler au bébé.

Les nobles damoiselles

Les filles apprennent avec leur mère à devenir de bonnes épouses. Elles fréquentent les écoles des monastères ou ont un précepteur qui vient enseigner au château.

Les études des filles de seigneurs ou de nobles, de même que quelques enfants de la haute bourgeoisie, comportent la lecture, l'écriture, la récitation des fabliaux et des romans, le chant, l'art de s'accompagner sur les instruments comme la harpe et la viole, un peu d'astrologie, de fauconnerie, la science des dés et des échecs, mais aussi les connaissances médicales nécessaires pour soigner les blessés au retour d'un tournoi, d'une chasse ou d'un combat. Certains condamnent la lecture des romans, l'estimant nuisible à la vertu des femmes, mais en terme d'éducation, la société médiévale semble avoir été moins sévère qu'à d'autres époques.

Les femmes de condition modeste

En ce qui concerne l'éducation des femmes de milieux plus modestes, c'est-à-dire la majorité des jeunes filles, les unes — pour la plupart de familles bourgeoises — sont envoyées au couvent, les autres demeurent avec leurs parents. Chez les artisans et les paysans, elles apprennent dès leur plus jeune âge quelques prières, à filer, coudre, broder et à effectuer toutes les tâches domestiques qui leur incomberont à l'âge adulte.

Parmi les artisans, même si, contrairement aux garçons, peu de filles entrent en apprentissage, vers l'âge de 10 ou 12 ans, elles peuvent apprendre les métiers de couturière, blanchisseuse, tisseuse, ou les métiers de l'alimentation.

En ville, les mères sont capables d'enseigner les rudiments de l'instruction intellectuelle. A partir du XIIIe siècle, bien des épouses de petits artisans savent lire, écrire et compter, savoirs indispensables à l'exercice de leur profession, car elles aident leur mari.

Le mariage au Moyen  ge

Les femmes au Moyen Âge peuvent se marier dès 12 ans. En pratique, les filles d'aristocrates sont fréquemment mariées vers 14 ou 15 ans. Les filles issues des classes populaires le sont plus tardivement, vers 19 ou 20 ans. Quant aux garçons, l'âge du mariage oscille plutôt entre 20 et 30 ans. Pour étendre leur pouvoir ou leurs terres, les seigneurs peuvent promettre leur fille en épousailles à un homme beaucoup plus âgé. Généralement, dans les familles modestes, le mari et la femme ont des âges plus rapprochés. Les mariages sont parfois arrangés dès le berceau. Même si l'Eglise impose l'accord des deux époux, dans la pratique, ce sont le plus souvent les familles qui décident des alliances.

Si pour l'homme, le droit de prouver sa virilité avant le mariage n'est pas mal vu, les filles, elles, doivent arriver vierges au mariage.

Les biens apportés par le mari sont appelés "douaire". Ceux déboursés par la famille de la mariée, "dot". Le douaire étant majoritaire en Occident au début du Moyen Âge, il est remplacé peu à peu par la dot vers le XIIe siècle.

Le mariage évolue tout au long du Moyen Âge. Les guerriers francs, bien que catholiques, essaient de conserver leurs coutumes — rapt, concubinage, polygamie, répudiation — alors que l'Église tente d'imposer l'indissolubilité du couple.

A l'époque carolingienne, l'Église catholique achève la formation de la doctrine canonique sur le mariage: seul le mariage béni par un prêtre est reconnu par l'Église. Ceci n'empêche pas la persistance des mariages coutumiers ou par simple consentement mutuel jusqu'à la fin du Moyen Âge.

Lorsqu'à certaines périodes les hommes sont occupés à guerroyer, et qu'ils sont moins nombreux que les femmes, celles qui ne trouvent pas d'époux, ainsi que les veuves, peuvent entrer au couvent.

Au Moyen Âge, la maternité est l'un des principaux devoirs de la femme mariée, mais beaucoup de mères meurent en couches ou des suites de couches.

Voir aussi l'article : la condition des femmes

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