Vie quotidienne au Moyen Âge : la condition des femmes

Quelle vie mènent les femmes du Moyen Âge, en ville et à la campagne, et quelles sont leurs libertés?
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Nobles dames, paysannes, commerçantes, servantes, moniales, sorcières ou filles perdues, les femmes du Moyen Âge n'ont pas toutes la même place dans la société et ne bénéficient pas des mêmes privilèges.

Comment considère-t-on les femmes au Moyen  ge ?

Dans la société médiévale, même si leur condition varie d'un siècle à l'autre et d'une classe sociale à l'autre, les femmes sont considérées comme inférieures aux hommes, sous l'autorité d'abord de leur père, puis de leur mari. Au Moyen Âge, la maternité est l'un des principaux devoirs de l'épouse.

L'Eglise associe la beauté féminine au péché, mais les dames inspirent l'amour courtois aux chevaliers et troubadours.

Les femmes jouent un rôle pratique primordial dans la vie quotidienne. Outre leur primauté concernant les tâches domestiques, elles sont expertes dans l'utilisation des plantes médicinales; elles connaissent les prières adaptées à chaque circonstance de la vie; certains métiers, comme celui de sage-femme, ne peuvent être exercés que par elles. Si leur instruction est sommaire, quelques-unes, nobles ou moniales, sont cependant cultivées.

Au Moyen Âge, les femmes ne sont pas mises à l'écart de la vie sociale et politique, comme cela sera le cas à la Renaissance. Elles peuvent travailler, s’exprimer dans des assemblées, de même que dans certains conseils ruraux.

En ville, on trouve des prostituées, appelées filles publiques, souvent placées sous la surveillance des municipalités.

Présente depuis l'Antiquité, la peur des sorcières s'est répandue progressivement en Europe. En 1275 fut brûlée la première sorcière condamnée officiellement par un tribunal ecclésiastique. Les procès de sorcières se poursuivirent en Europe jusqu'au XVIIIe siècle.

La vie des femmes à la campagne

La majorité de la population au Moyen Âge est rurale. Les femmes travaillent autant que les hommes: elles participent à certains travaux des champs et entretiennent le potager. Elles peuvent également traire les vaches, fabriquer le fromage, s'occuper du petit bétail (moutons), du filage de la laine, du tissage et de la fabrication des vêtements. Elles sont chargées de l'éducation des enfants.

Pour les enfants, la journée est longue. Les filles restent à la maison et soulagent leurs mères de certains travaux: elles apportent l'eau, épluchent les légumes, nourrissent les poules, apprennent à filer la laine. L'enseignement est réservé à une minorité, les enfants de paysans ont peu de temps pour l'école.

La vie des femmes en ville

En ville, quand la famille n'est pas riche, les mères travaillent à la maison ou à l'extérieur et on engage une nourrice pour s'occuper du petit dernier.

Très tôt, les enfants rendent service à leurs parents à l'atelier ou à la boutique, ils aident à porter les marchandises, font les courses. Dès qu'ils ont acquis les rudiments de la lecture et du calcul, vers 8 ou 10 ans, ils peuvent tenir la boutique en l'absence de leurs parents. Ils accompagnent leur mère au marché hebdomadaire. C'est traditionnellement aux femmes que revient le rôle de vendre les produits fabriqués par leur mari. En ville, les enfants fréquentent davantage l'école, à partir de 6 ou 7 ans. Dans les familles d'artisans, les mères qui connaissent les rudiments de la lecture et du calcul les enseignent à leurs enfants. Même si peu de jeunes filles entrent en apprentissage, dès dix ou douze ans, elles peuvent s'initier aux métiers de couturière, de servante ou de lingère. Les femmes sont très représentées dans les métiers de l'alimentation et du tissu.

Les châtelaines

La vie des châtelaines n'est pas toujours de tout repos. En premier lieu, on attend d'elles qu'elles donnent naissance à un fils héritier. Leur rôle est de contrôler le travail des serviteurs, surveiller les réserves de nourriture, et parfois superviser la fabrication des textiles produits au château (draps, vêtements, nappes). Elles veillent également sur les dépenses. Quand le seigneur s'absente, elles prennent les affaires en main et défendent le domaine. Les filles suivent l'exemple de leur mère. Elles apprennent à tisser, broder, danser, chanter. On leur enseigne surtout à devenir de bonnes épouses, car elles sont avant tout destinées au mariage.

Les moniales

Dans une société où l'Eglise est omniprésente et où les croyances religieuses influencent les comportements sociaux., les femmes entrent au couvent soit par choix personnel soit par obligation, imposée par la famille ou par la vie (veuvage). Certaines ont une réelle vocation, mais pour d'autres, l'entrée au monastère peut être une alternative intéressante et confortable par rapport à d'autres choix de vie. Le monastère est un lieu de prières soumis à des règles de vie.

En dehors des temps de prières, les moniales se consacrent aux travaux quotidiens : jardinage, culture, broderie, lecture, instruction et parfois même aux arts de l'enluminure. Durant tout le Moyen Âge, le nombre et la capacité d'accueil des monastères pour les femmes ont toujours été insuffisants par rapport à la demande.

Pour en savoir plus sur la vie des femmes au Moyen Âge, lire l'article : éducation et mariage.

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