Comment préparer un bon compost

Des ingrédients, de l'eau, de la porosité et un peu de patience, voici les quatre composants d'un compost réussi.

Le compostage nécessite certaines conditions pour que la matière organique se transforme en un nouveau matériau proche d’un terreau.

La porosité, indispensable

L’eau, milieu où vivent les bactéries, occupe préférentiellement les pores les plus fins. Ce qui limite la diffusion de l’oxygène à l’intérieur des agrégats . Pour éviter que les bactéries anoxiques qui exigent peu d’oxygène ne soient trop privilégiées, il faut permettre à l’oxygène de pénétrer et au gaz carbonique de s’échapper du tas. Ainsi, la porosité doit être fine et bien répartie dans tout le compost. Des matières inertes telles que les particules solides jouent un rôle majeur dans le maintien d’une structure poreuse durant le compostage.

Le retournement pratiqué pour oxygéner le compost n’a pas d’impact sur la porosité totale elle-même : " Nous n’assistons pas à une augmentation du volume du tas après retournement, précise le chercheur rennais Paul Robin , mais à un changement dans l’arrangement des agrégats et une diminution de la taille des mottes. Par exemple, suite à un retournement, des hyphes mycéliens, ces minuscules filaments des champignons qui se développent dans la zone aérobie seront brisés et consommés par la flore bactérienne anoxique. Ainsi des composés qui étaient rémanents dans la zone aérobie peuvent être transformés. "

Le retournement peut également permettre de mieux homogénéiser l’humidité d’un tas où la surface est sèche et le cœur humide ou bien encore si la pluie arrive sur un tas desséché à la porosité fine.

En outre, si au lieu d’un retournement, le compost est ventilé, la flore anoxique va céder rapidement le pas à la flore aérobie. La zone anaérobie se réduit. Les émissions de gaz polluants comme le protoxyde d'azote augmentent, obligeant par exemple l’industriel à prévoir un traitement de l’air qui sort du tas.

L’équilibre azote/carbone

Trop de matières organiques à fermentation rapide, riches en carbone et couplées à une fermentation plutôt anaérobie se traduisent par un compost instable avec, certes, des composés organiques plus stables qu’au départ mais des composés minéraux tels les nitrates plus mobiles et susceptibles de quitter le tas en cas de fortes pluies.

Trop de matières azotées entraînent des risques de pollution atmosphérique par l’ammoniac et le protoxyde d’azote si la porosité est élevée.

Trouver le bon équilibre entre matières carbonées et azotées paraît donc l’idéal. Si ce n’est pas possible, le plus simple est de limiter la porosité, de favoriser les zones anaérobies, d’éviter les retournements fréquents qui empêchent les flores de s’adapter aux substrats et d’augmenter la durée du compostage. Ainsi les pertes gazeuses seront plus faibles, les matières rapides se recombineront entre elles et les transformations finiront par produire des matières plus stables.

Une chose est sûre selon Paul Robin , chercheur à l’ Inra de Rennes: " Plus les transformations se multiplient et les conditions de fermentations varient avec des alternances de chaud et de froid, de sécheresse ou d’humidité, plus les molécules transformées deviennent nombreuses et les produits de transformation plus stables. "

L’eau à juste dose

L’eau intervient également comme un élément indispensable. Mais des apports excessifs bouchent la porosité, empêchent la flore aérobie de se développer et provoquent l’émission de méthane. Avec un manque d’eau, la fermentation se réduit comme une peau de chagrin. On observe une brève montée en température car l’oxygène diffuse facilement. La température chute très vite. L’eau en s’évaporant fait disparaître les populations de bactéries, laissant un produit non stabilisé.

Enfin la question de l’emploi d’un activateur ne semble pas passionner les foules. La plupart des acteurs interrogés n’en utilisent pas et n’en voient guère l’intérêt.

Le choix des ingrédients : du bon sens

Le compostage en plein soleil ou sous la pluie n’est pas adapté pour des petits tas.

Pour éviter l’hébergement des rongeurs, il n’est pas recommandé de jeter au compost :

  • les produits carnés
  • le pain
  • les plats cuisinés

Un compost sans métaux lourds et pesticides se fabrique sans :

  • les papiers et cartons imprimés colorés
  • les fruits et légumes traités
  • les boues d’épuration d’élevage intensifs
  • les bois traités ou peints

  • les coques de crustacés
  • la tonte de pelouse seule
  • les textiles synthétiques
  • les bois traités ou peints

  • les plantes grainées
  • les végétaux malades
  • les feuilles inhibitrices (noyer, certains saules, espèces exotiques)
  • les litières d’animaux

  • les algues
  • les déchets de cuisines
  • les fientes de volailles
  • la tonte des pelouses

  • tous les ingrédients à base de bois
  • le textile
  • les coques et noyaux de fruits
  • les écorces broyées, les feuilles sèches
  • la mousse végétale
  • la paille
  • les os
  • les papiers
  • les cartons et tissus cellulosiques non colorés

  • le foin
  • l’herbe
  • les fougères et les fumiers

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