Le mélange fleuri idéal n'existe pas

Les consommateurs sont exigeants : le mélange fleuri doit être esthétique, toujours fleuri et abriter insectes et oiseaux pour participer à la biodiversité.

Les firmes qui fabriquent les mélanges fleuris sont désormais plus à l'aise pour répondre aux exigences de leurs clients. Les professionnels des espaces verts ont parfois déchanté les premières années. Suite à des implantations de mélanges de couleur vives par exemple à proximité des cimetières. Les citoyens n'appréciaient pas. Ils ont exigé des couleurs pastels, blanches ou mauves qui correspondent mieux au recueillement de mise dans un tel lieu. De même, les mélanges trop élancés ne conviennent guère dans les centres-villes.

D'ailleurs, ces produits ne sont pas adaptés à ces lieux très urbanisés comme le constatent les spécialistes Plan ou Nova Flore qui ont décrit toute une hiérarchie dans l'utilisation des mélanges fleuris :

  • Mairie, centre ville : Massifs ornementaux, aucun mélange
  • Ronds-points assez proches du centre-ville : mélanges ornementaux possibles
  • Ronds-points périurbains et accotements : mélanges plus champêtres, des fleurs sauvages sont possibles, mélanges à composition pluriannuelles.
  • Bordures de routes, friches : mélanges de fleurs sauvages, légumineuses ou graminées.

De l'esthétisme ....

Le semencier Plan fait appel à des designers de la mode et des paysagistes pour créer de nouveaux produits aux couleurs harmonieuses et inédites. Il propose aujourd'hui toute une gamme de mélanges de plantes annuelles pour les produits d'une saison, de plantes vivaces pour ceux qui restent en place plusieurs années. Et dans chacune de ces catégories, il existe des mélanges répondant soit à une couleur déterminée, par exemple les bleus, les rouges, les multicolores mais aussi à des hauteurs précises. Depuis 2 ans, sa gamme esthétique s'est étoffée de mélanges du monde où se déclinent les fleurs d'une même origine géographique. Une façon de lier l'esthétique à la connaissance. Plan fait appel également à des écologues pour les mélanges de fleurs sauvages dans le but de maintenir et développer la biodiversité. Cette segmentation se développe tout particulièrement. Toutefois, les désiderata de leurs clients sont parfois difficiles à remplir. Privilégier des espèces sauvages tout en exigeant une certaine esthétique et une longue floraison sont difficilement conciliables. Le mélange idéal n'existe pas.

....à la biodiversité

L'an passé, Nova Flore a embauché un entomologiste. Une première. Ce dernier est chargé d'observer l'impact des mélanges sur la faune visitant les carrés fleuris, d'en tirer les conséquences et d'optimiser ensuite la composition des produits qu'offre le mélangeur. Jusqu'à présent, les mélangeurs s'appuyaient sur des données d' écologues, spécialistes des milieux naturels ou des associations environnementales comme La LPO (Ligue des oiseaux) ou Noé Conservation. Certains mélanges sont d'ailleurs certifiés par ces associations assurant ainsi le sérieux de ces produits. Les partenariats se multiplient aussi avec des sociétés comme Apiterra spécialisée dans l'élevage d'essaim d'abeilles.

Mais beaucoup de questions ou d'à priori circulent sur ces mélanges notamment constitués uniquement de plantes ornementales non endémique des régions françaises. Il en existe aujourd'hui pour pollinisateurs, abeilles et oiseaux. Ont-ils réellement un impact ? Les mélanges comprenant uniquement des espèces ornementales, nourrissent-elles vraiment les insectes ? Sont-ils capable dans ce cas de favoriser réellement cette faune dans le milieu ? Il en est de même pour les mélanges répulsifs limaces et nématodes.

Selon les premiers essais de Nova Flore, les mélanges de plantes endémiques mellifères à base de sarrasin et de millet attirent de nombreux insectes durant leur période de floraison. En revanche, les mélanges plus esthétiques à base de plantes ornementales comme les cosmos voient une fréquence moins importante des auxiliaires mais sur une durée beaucoup plus longue.

Les instituts techniques comme le Ctifl (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) ont développé un département biodiversité depuis quelques années. Leur objectif est avant tout de développer des mélanges fleuris susceptibles d'héberger et de développement les ennemis des cultures. Ces mélanges se rapprochent donc des produits à base de fleurs endémiques ou sauvages qui s'intègrent dans un écosystème déjà existant. Avec des plantes ornementales souvent exogènes, il n'est pas certain que les auxiliaires puissent y trouver à la fois gîte et couvert. Là encore, les essais en sont à leur balbutiement.

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