Parmi les activités physiques : le jardinage

Jardiner fait partie des activités physiques citées par les pouvoirs publics qui ont lancé l'an passé une grande campagne de communication sur le sujet

le slogan lancé à l’automne dernier par les pouvoirs publics aura-t-il autant de succès que le précédent < Manger cinq fruits et légumes par jour ? > Selon les enquêtes de l’ Inca effectués entre 1998 et 2006, un tiers des Français pratiquent moins de 30 minutes d’activités physiques modérées par jour, un seuil minimum vital défini par des recommandations internationales suite aux travaux effectués conjointement en 2007 par le Collège Américain de médecine du sport et l’Association américaine d’études des maladies du cœur.

Depuis les années 50, des études ont montré que l’activité physique même modérée a un impact sur la mortalité prématurée toutes causes confondues. Les professionnels de la santé ont ainsi défini l’activité modérée comme celle qui équivaut à la pratique de la marche rapide.

Bêcher, une activité physique élevée

En 2007, une étude portant sur 250 000 personnes montre qu’une pratique à un niveau voisin de celui des recommandations pour l’activité d’intensité modérée, au moins 3 heures par semaine, ou pour l’activité d’intensité élevée, au moins 20 minutes 3 fois par semaine, entraîne une réduction du risque de mortalité de l’ordre de 30 %.

Jardiner fait partie des activités physiques au même titre que marcher, danser, bricoler, jouer avec les enfants et évidemment faire du sport. Arroser son jardin par exemple est considéré par les professionnels de la santé comme une activité faible au même titre que laver la vaisselle ou jouer à la pétanque. Jardiner léger ou ramasser des feuilles relève de l’activité modérée comme la marche rapide ou laver les vites ou jouer au golf. En revanche, bêcher entre dans la catégorie des activités physiques élevées dont l’intensité est analogue au footing, jeux collectifs ou à un déménagement.

Des effets très bénéfiques

Outre son bienfait direct sur la prévention des risques cardiaques, l’activité physique agit sur cinq autres groupes pathologiques comme les cancers du sein et du côlon, le diabète de type 2, l’ostéoporose, la prise de poids et le taux de graisse dans le sang.

Les chercheurs expliquent par exemple l’effet de l’activité physique sur le cancer du côlon par une diminution du transit intestinal, ce qui limite le contact avec les agents carcinogènes, molécules qui favorisent le développement des cancers. Cela a pour effet aussi d’augmenter par effets mécaniques la sécrétion d’agent contractant.

Pour le cancer du sein, l’activité physique diminuerait l’effet suppressif des oestrogènes sur les cellules tueuses naturelles dont le rôle est de détruire les cellules altérées ou malignes.

L’activité physique améliore évidemment la condition physique. Plus de souplesse et meilleure coordination ont été constatés par les médecins pour les personnes qui exercent une activité physique. La force musculaire augmente aussi bien chez les sujets âgés que ceux d’âge moyen.

L’activité physique joue également un rôle important dans l’acquisition du capital osseux. Plus cette activité sera précoce, plus son influence sur le capital osseux est grande. Une méta-analyse qui regroupe les publications des années 1966 à 1996 montre de façon significative que l’activité physique peut prévenir voire inverser la perte osseuse liée au vieillissement.

Le risque de fracture du col du fémur est diminué de 6 % pour chaque augmentation de dépense énergétique équivalente à 1 heure de marche par semaine. Ainsi, avec 4 heures de marche par semaine, les femmes ont un risque diminué de 40 % par rapport aux femmes sédentaires qui marchent moins d’une heure par semaine. Traduisez : 4 heures de ramassage de feuilles par semaine ou de désherbage manuel permet d’éviter presque un cas sur deux de fracture du col du fémur !

Les chercheurs insistent aussi de l’impact de l’activité physique sur le bien-être et la qualité de vie : Meilleure relaxation, résistance à la fatigue et qualité du sommeil. Dans une publication d’avril 2008, l’ Inserm affirmait à propos des enfants et des adolescents :< Elle permettrait de canaliser l’agressivité, de maîtriser l’attention, de développer des habiletés cognitives et sociales, de s’adapter à des situations nouvelles et de gagner en estime de soi. Ces avantages existeraient quelque soit la discipline pratiquée. Les jeunes qui ont une activité physique ont une meilleure image d’eux-mêmes et moins d‘anxiété que ceux qui n’en n’ont pas. > Pour les adultes, l’activité physique conserve l’indépendance et la qualité de vie. L’ Inserm conclue : < L’activité physique réduit l’anxiété de la population générale adulte. Elle diminue le niveau de dépression de populations très diverses et devrait être proposée dans toute prise en charge de la dépression .>

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