L'origine des mots en vogue dans l'univers de la mode

Fashionista est l'un des mots incontournables du vocabulaire des journalistes de mode. D'où viennent ces termes que l'industrie du style adopte?
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Au fil des saisons, les créateurs de mode trouvent de nouvelles inspirations qu'ils matérialisent et qui deviennent les essentiels du moment. Les médias décrivent leurs vêtements, leurs accessoires et leur monde de rêve avec des mots qui, eux aussi, évoluent. Voici la petite histoire de mots qui sont en vogue depuis quelques années.

La mode et la fashion

Mondialisation oblige, on suit le courant en empruntant des termes à la langue anglaise, langue des affaires et des échanges. Ainsi, le mot «fashion» éclipse souvent le mot «mode». À Paris, on parle beaucoup plus de la Fashion Week que de la Semaine de la mode . Vous voulez acheter des vêtements et accessoires de marques en ligne ? Rendez-vous sur le site français Fashion Shopping . Vous cherchez un emploi dans les domaines de la mode, du luxe et de la beauté ? Consultez le site de professionnels Fashionjob.fr . À l'origine, «mode» vient du latin modus (manière) et «fashion», du latin factionem (qui se rapporte à faction, un groupe qui agit ensemble). Mais lorsqu'il est question de l'industrie du style, fashion et mode deviennent une même définition et se relaient.

Pas de fashion sans fashionista

Le mot fashionista est l'un des nouveaux noms communs intégrés à l'édition 2011 du dictionnaire Le Petit Larousse . Sous son intitulé, on trouve la définition «Femme qui est une accro de la mode, qui est toujours à la dernière mode». Il y est précisé que le terme est parfois péjoratif. Stephen Fried, journaliste et essayiste américain, serait l'inventeur de ce mot, qu'il utilisa en référence aux professionnels de l'industrie de la mode dans une biographie de 1993 consacrée à la top-model Gia Carangi. Le suffixe ista s'accroche au mot fashion en y ajoutant une touche d'extrémisme, de fanatisme. Parce qu'elle se transforme facilement en victime de la mode, on interpelle abondamment la fashionista dans les médias en utilisant des formules telle que «Ce que toute fashionista se doit de porter cette saison».

La hype fait parler d'elle

Hype, un petit mot anglais que l'on traduit le plus souvent par «grand battage médiatique et publicitaire» est utilisé, dans le domaine de la mode, pour parler d'innovations. Il a remplacé «fashionable» terme signifiant chic, en vogue, autrefois utilisé en référence aux idées nouvelles et aux lanceurs de modes. Ceux qui font la hype représentent donc l'antithèse des victimes de la mode: ils sont avant-gardistes. Utilisé dans les magazines anglais dès les années 80, le mot hype est à présent confortablement installé dans les médias d'expression française. Employé à outrance, il commence toutefois à voir sa portée s'atténuer. Si pour certains, la hype est toujours le style à suivre, à s'approprier, pour d'autres, elle représente la saveur du mois, qui attire les regards mais s'avère dangereusement éphémère. Désormais, la hype rassemble parfois plus d'imitateurs que d'innovateurs, et des gens qui attirent l'attention par leurs frasques ou par la provocation, sans être pertinents.

Un défilé de «It»

Vous ne possédez pas encore le «it bag» de la saison? Vous négligez votre «it attitude»? Attendez-vous de perdre votre statut de «it girl»? Les journalistes de mode servent le mot «it» à toutes les sauces. Sa définition est simple: le it, c'est «ça». Le «it bag» est le sac à porter. La «it attitude», le style de vie à privilégier. La «it girl», la fille du moment (une femme au pouvoir d'attraction qui lui vaut une grande couverture médiatique). En 2010, elle s'appelait Sienna Miller, Kristen Stewart ou Carey Mulligan, entre autres. L'écrivaine anglaise Elinor Glyn a lancé l'expression «it girl» dans une nouvelle écrite dans les années 1920 et adaptée au cinéma en 1927 sous le titre It . L'actrice Clara Bow y campait la première «it girl», une héroïne que Glyn décrivait magnétique, vive d'esprit et dotée de nombreux atouts physiques. Si tout «it» est voué à se démoder, l'expression survit, pour le moment.

Suivre le buzz de près

On pourrait associer le mot buzz au bruit des abeilles, puisque ce terme anglais signifie bourdonnement. Les francophones l'ont intégré à leur vocabulaire pour évoquer des techniques utilisées en marketing et en publicité pour faire du bruit, diffuser une rumeur autour d'une offre à venir. En laissant minutieusement s'échapper quelques informations, notamment par le biais des médias en ligne, on déclenche un bouche-à-oreille puissant. Le buzz, c'est ce qu'on attend, ce qui fera sensation. En mode, les créations «buzzy» à peine lancées sont déjà sur toutes les lèvres. Elles nourrissent l'imagination des consommatrices. Celles qui suivent les tendances doivent connaître sur le bout des doigts les marques de vêtements et d'accessoires «buzzy», et observer les looks des stars «buzzy» pour les reproduire.

Ces mots aux définitions qui se ressemblent paraissent parfois vides de sens pour l'individu qui avance dans un quotidien loin des paillettes. S'il s'intéresse à la mode, il les voit et les entend abondamment, mais sent-il le besoin de les utiliser ? Si tel est le cas, il doit aussi se montrer à l'affût des tendances mots. Sachez que début 2011, on utilise «swag» pour parler de style et d'attitude.

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