La formation des geiko à Kyoto au XXIème siècle

Les termes de geisha ou encore de geiko recouvrent un sens précis. C'est pour l'intéressée l'aboutissement de cinq ans d'études.

On ne naît pas geisha, on le devient.

A Kyoto on parle de geiko plutôt que de geisha. Il faut passer par plusieurs étapes pour avoir le droit d'exercer cette profession.

La future geisha/geiko est d'abord une shikami c'est à dire une simple stagiaire.Elle devient ensuite une Minarai , ce qui signifie apprentie, puis une maiko avant de pouvoir être une geiko .

Dans ses mémoires intitulés Ma vie de Geisha , une célèbre geiko explique comment une geisha pouvait être adoptée par la propriétaire de l'okiya où elle vivait et en devenir la directrice et la propriétaire.

Le film Geisha tourné dans des décors qui reconstituent la ville de Kyoto au début du XXème siècle nous permet de suivre l'ascension d'une enfant qui traverse sur une longue période ce qui se résume aujourd'hui à cinq ans de formation.

Cette formation de cinq ans n'est dispensée que dans un hanamachi. Rappelons birèvement que l'hanamachi est l'endroit où vivent, étudient et travaillent les geishas. S'y trouvent les maisons des geishas encore appelées okiya et les maisons de thé ou ochaya dans lesquelles elles se produisent tout au long de leur carrière. Il y a des "bureaux" dont les personnels, que l'on appelle des obachan , s'occupent des nouvelles maiko. Les geishas peuvent y trouver tout ce dont elles ont besoin pour exercer leur profession. Le film Geisha reconstitue cet univers.

La shikami

La shikami est une simple stagiaire. Elle le reste pendant 10 mois qui correspondent à une période d'étude et d'entrainement. Elle rend service aux autres pensionnaires de l'okiya mais ne les accompagne pas dans leur travail.

La minarai

Lorsque la shikami termine son stage, elle devient minarai, ce qui signifie "apprentie". Elle peut alors accompagner la geisha qui accepte de la former. Cette dernière devient son "oneesan" (sa grande soeur) et elle la suit dans ses rendez-vous.

La maiko

Au terme d'une cérémonie appelée "misedashi" la minarai devient une maiko. Cette cérémonie marque les débuts officiels de la maiko. Il y a un échange symbolique de tasses de saké. Les employés des "bureaux" de l'hanamachi qui s'occupent des geishas, accompagnent les nouvelles maikos pendant les sept jours que dure leur misedashi.

A la fin des sept jours la minarai revêt le kimono de maiko classique. L'apprentie devient alors membre à part entière du hanamachi.

L'émission Echappées belles du samedi 29 septembre 2012, consacrée au Japon éternel nous emmène à Kyoto dans le quartier de Gion.

Naomie, la fille de la propriétaire d'un restaurant traditionnel, explique le rôle des maïko et des geïko. "Le rôle de ces femmes est de présenter et de préserver la culture japonaise aux clients japonais et étrangers."

Kimi Ota, la mère de Naomie explique ce qu'est leur formation. "A l'âge de quinze ans elles quittent le collège et deviennent Maïko. Elles entament alors un apprentissage très difficile avant de devenir geïko. En cela elles sont différentes des femmes qui travaillent au bureau".

La geiko

A la fin de son apprentissage, la maiko devient une geiko. Elle quitte alors l'okiya et part habiter seule. Son habit et sa coiffure changent. La geïko se métamorphose chaque soir en japonaise idéale et ne rentre qu'après avoir rempli tous ses contrats.

Un reportage photo sur les geishas paru dans la revue Géo de novembre 1996 intitulé La vie intime des geishas les montre dans leur quotidien.

Jodi Cobb, l'auteur du reportage, a eu besoin de trois ans pour pénétrer dans leur intimité.

Pour ces gardiennes d'une tradition féodale qui ramènent leurs clients vers une époque révolue où la femme était au service de l'homme durant toute sa vie, il est nécessaire d'avoir la vocation.

La vie nocturne, une discrétion et une retenue de tous les moments rendent ces fonctions stressantes. Et ce d'autant plus qu'en devenant geïko elles renoncent au mariage.

La geiko peut devenir une oneesan et une okami san, être suivie à son tour par une apprentie, ou devenir propriétaire d'une okiya.

Elle peut également décider de changer de voie et abandonner ses fonctions. Elles sont entourées d'un grand respect au Japon et suscitent toujours la curiosité des étrangers qui cherchent à les croiser dans le quartier de Gion à Kyoto.

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