La geisha au Japon

La geisha est une artiste qui appartient traditionnellement au "monde des fleurs et des saules" et se produit dans des soirées ou des évènements.

Il n'est pas facile de comprendre qui sont les geishas car le terme revêt plusieurs réalités dans la société japonaise . La geisha est exclusivement une artiste qui suit une longue formation avant de pouvoir se produire. Les courtisanes d'hier et les "onshen geishas" d'aujourd'hui ne sont pas des geishas.

La Geisha est une artiste.

Elle occupe la place qu'avaient au XVIIème siècle les "troubadours".

"Il s'agissait d'hommes qui, au XVIIe siècle, venaient distraire de musique, de chant et de babillages, les clients qui attendaient dans les maisons de plaisir" (Le Japon des Japonais - L'autre guide. Edition 2007, page 69).

Elle fait partie depuis toujours donc du "monde des fleurs et des saules" car elle divertit le client de maisons de plaisirs, par sa conversation et ses talents artistiques.

Nicolas Bouvier décrit un des quartiers de plaisirs du nord de Tokyo dans Chronique Japonaise . "Lampions de papier, tirs à l'arc, acrobates et astrologues, marchands de beignets, d'aphrodisiaques, de passereaux confits au sucre embrochés sur des éclisses de bambou, calligraphes publics, conteurs de rue qui scandent leurs histoires avec un phallus en bois, rangées de lupanars." (ouvrage cité, Petite bibliothèque Payot, édition mars 2006, page 90).

Ce n'est pas une "fleur" car elle ne se prostitue pas. Elle fait partie du monde des "saules". Comme l'arbre du même nom, elle plie et s'adapte à toutes les situations.

La Geisha suit une longue formation

A Kyoto, les geishas sont d'abord des apprenties (des maikos) avant de devenir des professionnelles (geiko).

Durant son apprentissage la maiko apprend à jouer de plusieurs instruments de musique. Elle s'initie au chant et à la danse traditionnels. Elle doit maîtriser les rites de la cérémonie du thé, le port du kimono. Les plus douées étudient la poésie et la littérature.

La geisha n’est pas une prostituée mais une artiste dont les services sont sollicités par des personnes aisées pour les distraire. Leur conversation et les différents jeux qu'elles proposent font partie de l’art de divertir les clients.

Le livre d'Arthur Golden Geisha raconte la vie romancée d'une d'elles dans le Japon du début du XXème siècle. Il évoque les différentes étapes de son ascension à partir de son arrivée à Kyoto car sa beauté lui permet d'échapper à la vie dans une maison de plaisir. Elle va vivre dans une okiya, la maison dans laquelle vivent les Geishas à Gion, le quartier des geishas. Cependant en raison des frais très élevés que nécessite la formation de la geisha cette dernière a un "danna", un protecteur. Il l'entretient, règle tout ce dont elle a besoin et en compensation elle a des relations privilégiées avec lui. L'histoire de Geisha finit bien.

Le titre de geisha a été usurpé

Avant la seconde guerre mondiale, il pouvait arriver qu'une geisha à la recherche d'un protecteur soit la rivale d'une courtisane.

En effet , le "monde des fleurs et des saules" se compose alors de courtisanes de haut rang également appelées "oiran" (premières fleurs) et "tayû" (or) qui savent divertir leurs clients tout comme les geishas (danse, cérémonie de thé...).

A la différence des geishas, les courtisanes se prostituent.

Après la seconde guerre mondiale, la prostitution ayant été interdite, les Oirans qui existent encore au Japon n'exercent plus que les aspects culturels du métier lors de représentations.

Elles se distinguent des geishas par la coiffure, l'habillement et la démarche.

Néanmoins le manque de connaissance de ces caractéristiques a conduit à une confusion entre deux mondes voisins mais différents.

Dans les stations thermales des "onsen geishas" officient. Elles n'ont rien de commun avec les Geishas.

Tout cela a contribué à ternir l’image des geishas à l'extérieur du Japon. A l'intérieur du pays la geisha conserve une place d'honneur.

Malgré tous les bouleversements qu'a connu le Japon la Geisha y conserve une place d'honneur.

Lire aussi Ma vie de geisha par Mineko Iwasaki avec Rande Brown - Chronique japonaise par Nicolas Bouvier.

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