L'Affaire Nicolas le Floch par J-F Parot

La vie privée de Nicolas le Floch, serviteur du roi, semble lui échapper du fait de ses fonctions. Cette troisième enquête est sans doute la plus attachante

Jean-François Parot choisit ce quatrième volume des enquêtes du Commissaire Nicolas le Floch pour donner à son personnage un peu plus de profondeur.

La vie privée de Nicolas le Floch est marquée par sa naissance obscure. Son éducation est faite par trois hommes qui représentent les trois ordres de la société de l'Ancien Régime.

Un homme d'église, le Chanoine Le Floch, lui sert de tuteur. Son parrain est un aristocrate, le Marquis de Ranreuil. Arrivé à Paris il va très vite habiter chez un juge qui est un ancien Procureur du roi, M de Noblecourt.

Ces trois hommes l'entourent et vont faire de lui un personnage singulier, un "homme des lumières".

Un homme sans préjugé de naissance

Reconnu par le Marquis de Ranreuil dans un courrier adressé au Roi peu avant sa mort, Nicolas Le Floch refuse le titre de Marquis de Ranreuil et décide de conserver le nom de son tuteur.

Plus tard, alors qu'il fréquente Madame de Lastérieux , une jeune veuve, celle-ci souhaite le présenter à ses amis sous le nom de Ranreuil. Il refuse car il ne veut pas être connu comme Marquis de Ranreuil car "ce qu'il acceptait - lui, l'enfant naturel tardivement reconnu - de la part du roi et des membres de la famille royale comme un honneur, son amour-propre et son sens de la mesure le repoussaient venant d'ailleurs" ( L'affaire Nicolas Le Floch p.17 édition de poche).

Il a très rapidement l'idée que les titres ne comptent pas et que le plus important est ce que l'on fait de sa vie.

Un policier et un agent du roi : un homme de réseaux

Lors de son arrivée à Paris, les débuts de Nicolas le Floch sont difficiles du fait de sa jeunesse et de son inexpérience. La carrière de clerc de notaire entamée à la fin de ses études ne l'a pas préparé à sa nouvelle vie.

Protégé par M. de Sartine, puis très rapidement par le roi Louis XV, il devient commissaire au Châtelet.

Sa connaissance de l'anglais appris chez son parrain, va avoir pour conséquence une première mission à l'étranger. Il part à Londres pour le service du roi afin d'empêcher la parution de pamphlets dirigés contre Mme de Pompadour et Madame du Barry.

Dans L'affaire Nicolas Le Floch il donne ses titres complets : Secrétaire du Roi en ses Conseils, commissaire au Châtelet et magistrat en mission (p.307 édition de poche).

M. de Noblecourt l'introduit dans son propre milieu et lors de soupers fins lui permet de faire des connaissances utiles.

Une vie privée improbable

A son arrivée à la capitale le nouveau policier fait son apprentissage et connaît une jeune femme, Antoinette. Dix ans plus tard il est toujours en rapport avec elle mais dans le cadre de ses activités de police.

Puis il va fréquenter une jeune veuve Madame de Lastérieux. Dans L'affaire Nicolas le Floch , il apparaît que le commissaire est surveillé en raison même de ses fonctions. Madame de Lastérieux a été placée sur son chemin dans ce but.

En mission à Londres il y apprend par hasard en rencontrant une ancienne connaissance qu'il est père. "Au petit matin, il mit le pied sur le rivage français, vieilli, déniaisé dans les affaires du Secret et père putatif d'un garçon de treize ans qui, il le remarqua soudain, portait le prénom de son propre père, le marquis Louis de Ranreuil, et celui du roi, son maître" (p.178 édition de poche).

Lui-même enfant naturel il se demande ce que deviendra l'enfant d'un policier et d'une femme devenue par la suite une prostituée.

Son ami M. de Noblecourt lui conseille de rejeter les préjugés de naissance car un jour proche ils ne compteront plus.

Il va cependant lui incomber de cacher les origines de ce fils afin de lui permettre de prendre sa place dans la société.

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