Tunisie : le gouvernorat de Sidi Bouzid

Les villes du gouvernorat de Sidi Bouzid, d'où est partie la révolution tunisienne, ont appartenu à celui de Gafsa jusqu'en 1973. Il est donc récent.
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Les villes qui se trouvent au-delà de Kairouan sont méconnues - voire inconnues - des voyageurs. Ainsi, le gouvernorat de Sidi Bouzid, d'où est partie la révolution tunisienne, ne fait pas partie des circuits touristiques. Les cars le traversent sans s'arrêter, si bien que cette région n'a pas connu le développement des régions côtières.

Le gouvernorat de Sidi Bouzid

Sidi Bouzid

La ville de Sidi Bouzid se trouve à environ 100 kilomètres de la ville portuaire de Sfax. Elle est le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, créé en 1973. Avant cette date, les villes qui le composent actuellement faisaient partie du gouvernorat de Gafsa, connu lui aussi pour son caractère frondeur.

Une chaîne de montagnes s'étire de Sidi Bouzid à Mezzouna. Cette ville qui se trouve à 50 km de Sidi Bouzid est desservie par le chemin de fer. Les habitants du gouvernorat qui souhaitent rejoindre Tunis peuvent y prendre le train qui va à Hammam Lif.

Les villages de campagne environnants sont devenus, au fil du temps, de gros bourgs puis des villes. Les exploitations agricoles produisent fruits, légumes et huile d'olive. L'élevage des moutons est une spécialité de la région de Sidi Bouzid, où est par ailleurs cultivée l'alfa, qui sert à fabriquer le papier.

Regueb

Regueb est situé à 30 kilomètres de Sidi Bouzid. Elle est le siège d'une sous-préfecture.

Il y a cinquante ans, il fallait cinq heures en bus pour rallier les villes de Gafsa et de Regueb. Les routes étaient nettoyées par une niveleuse. Les collégiens et lycéens de Régueb partaient pour trois mois loin de leurs familles car les établissements du secondaire se trouvaient à Metlaoui ou Gafsa. Aujourd'hui la ville compte deux lycées et trois collèges.

La population habite en périphérie de la cité et vit de l'agriculture. Cependant, malgré un grand nombre de puits et l'irrigation des terres, le secteur souffre quand une période de sécheresse s'installe.

La ville n'a pas d'industrie.

Meknassi

A 30 km de Regueb se trouve Meknassi. A partir de Meknassi, la route est vallonnée. Le paysage rappelle les abords de Marseille. Il n'y a rien, aucune culture. Des cylindres de pierre en bas d'un grand dos d'âne permettent de repérer la route en cas d'inondation. L'eau vient des montagnes alentour.

Une carrière de gypse (plâtre) est desservie par une ligne de chemin de fer. Le train emporte le gypse avec lequel on fait le plâtre au port de Sfax. Dans la plaine, deux bâtiments désaffectés où vivaient les militaires français. Les piliers amènent l'électricité qui arrive de La Goulette.

Partout des touffes d'herbes sèches. A l'Indépendance, des eucalyptus ont été plantés pour lutter contre l'érosion. L’Oued Lben, un ancien fleuve asséché en été, vient d'Algérie, passe entre Mezzouna et Régueb et se jette dans la mer. Ses gorges sont vides au mois d'août. Des arbres y poussent. Il est traversé par un pont et on le surveille en hiver par crainte des crues.

Une route parallèle à la voie ferrée (avenue à double voie) relie Gafsa à Sfax. De nombreux châteaux d'eau construits en 1956 sont visibles.

En sortant de Meknassi, au bout d’un long moment, au milieu du vide de la plaine apparaît un croisement où sont plantés un bâtiment "Espace El Yassamine" et le panneau indiquant la direction de "Gafsa".

Après le croisement, la plaine redevient fertile. Il y a des oliviers, une deuxième caserne. La route est éclairée par des lampadaires modernes: cet éclairage se trouve au milieu de rien, sans explication, sans raison.

Entre Meknassi et Gafsa : Menzel Bouzaiene

La ville est à 80 kilomètres de Regueb. Le chemin de fer est parallèle à la route. Il emporte le phosphate de Metlaoui et les dattes de Tozeur vers le port de Sfax. Il faut faire attention aux ravins et ne pas quitter la route principale. Dans cette région vallonnée, on pratique l'élevage de chèvres, de moutons, de chameaux avec une spécialité: l'élevage de chevaux. La culture est extensive.

Beaucoup de colons y ont construit leur maison. Les allées d'eucalyptus menant à leurs maisons rappellent un passé récent. C'est une sous-préfecture, la dernière ville du gouvernorat de Sidi Bouzid, à une soixantaine de kilomètres de Gafsa.

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