Jésus, fils du peuple juif

Jésus est né et a grandi au sein du peuple juif, dont il a partagé la foi et les traditions religieuses : la foi chrétienne est issue du judaïsme.

Si les chrétiens professent leur foi en Jésus-Christ comme étant Dieu fait chair , ils savent que cette incarnation a eu lieu dans un contexte bien précis: le Messie attendu par Israël est pleinement fils du peuple juif, dont il a observé les coutumes et la liturgie durant sa vie terrestre, inaugurant à partir de la foi de ses pères une alliance «nouvelle et éternelle», scellée par sa mort et sa résurrection; d’où le respect absolu dont les chrétiens doivent faire preuve à l’égard de leurs aînés dans la foi.

Jésus au milieu des siens

Fils de M arie, fils adoptif du charpentier Joseph , Jésus est de ce fait issu «de la lignée de David selon la chair», ainsi que l’écrira plus tard saint Paul. Il est donc de race royale (David fut le second roi d’Israël, vers l’an mille avant notre ère) et membre de la tribu de Juda, une des douze tribus qui composent le peuple élu.

Bien que les évangiles relatent peu de faits de son enfance, elles rapportent sa circoncision le huitième jour après sa naissance, rite qui depuis l’époque d’Abraham marque dans la chair l’alliance avec Dieu pour tout garçon juif.

On peut imaginer pour l’enfant Jésus un quotidien marqué par les prières traditionnelles, que ce soient les 1 8 bénédictions à réciter le matin et le soir, les psaumes, la récitation par cœur des Écritures, comme c’était la coutume à l’époque.

Lors du s habbat chaque semaine, il fréquente la synagogue , où on le verra prendre la parole une fois adulte, de même qu’on le verra participer au pèlerinage annuel à Jérusalem, à la fête des Tentes, à la Pâque. Tout l’enseignement du rabbi de Nazareth témoigne en tous cas d’une parfaite connaissance des textes et des rites de la première Alliance , au sujet de laquelle il dira: «Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.»

Quel messie ? Le royaume de Jésus n’est pas de ce monde

« Messie », ou «Christ», c’est-à-dire «celui qui a reçu l’onction (royale et prophétique)», Jésus l’est, mais d’une manière qui va dérouter ses contemporains. Vers l’an 30 de notre ère, année où il commence sa prédication, la Terre Sainte est occupée par les Romains, sous le nom de Palestine. Un roi fantoche, Hérode, y coule des jours oisifs, tandis que le Romain Ponce Pilate gouverne la Judée. Beaucoup attendent un libérateur politique. Des traces assez nombreuses de ces attentes messianiques parcourent les évangiles: après la multiplication des pains, on veut prendre Jésus de force pour le faire roi; après la résurrection, les douze apôtres continuent à lui demander s’il ne va pas enfin restaurer la royauté en Israël…

Mais Jésus, parfaitement conscient d’ailleurs de son identité divine et messianique, ne mettra jamais les choses sur ce plan-là; dès le départ, il l’affirmera avec force: son royaume n’est pas de ce monde, et les promesses faites à Israël ne doivent pas être interprétées en termes de réussite temporelle.

Des malentendus de plus en plus nombreux séparent Jésus des dirigeants religieux officiels de son temps, jusqu’à ce que ces derniers s’assemblent pour décider sa mort. Motif: il s’est dit Fils de Dieu. Mésentente regrettable? Absurdité? Gâchis? Le Galiléen persécuté ne donnera jamais à entendre que sa condamnation est le fait du hasard ou des calculs humains; il a prédit et assumé sa mort, s’identifiant avec le «S erviteur souffrant» dont le prophète Isaïe avait fait la description saisissante, et il affirmera peu avant son supplice: «Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne.»

La nouvelle Alliance, élargissement de l’Alliance conclue avec Israël

Au cours du repas rituel de Pessah (la Pâque) où l’on fait mémoire de la libération de l’esclavage d’Égypte, Jésus inaugure une nouvelle alliance , qui n’annule pas la première conclue avec Moïse, mais l’élargit à «la multitude», à tout homme qui voudra bien y entrer, et la transforme en profondeur: désormais, elle ne consiste plus d’abord en l’observance d’un certain nombre de commandements, mais en la « divinisation de l’homme », qui par le baptême devient fils de Dieu à la suite du Christ.

Cette nouvelle alliance annoncée depuis longtemps par les prophètes, qui avaient mené le judaïsme à une intériorisation progressive des rites, ne fait en rien d’Israël un peuple réprouvé: «Les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance», affirmera saint Paul, lui-même à la fois juif et apôtre des nations, c’est-à-dire, des Goïms , les non-juifs. Aussi la foi chrétienne, tout en proclamant la nouveauté absolue de l’Évangile, ne rejette-t-elle rien de ce qui fait la foi juive, et reconnaît-elle dans les juifs des « frères aînés », selon la belle expression du pape Jean-Paul II.

Sources :

La Bible

Document du concile Vatican II Nostra aetate

Pour aller plus loin :

Blog En un seul esprit consacré au dialogue judéo-chrétien

Site de l'Amitié judéo-chrétienne de France

On relira avec profit au sujet de l'identité juive de Jésus et de son lien avec la théologie juive les deux tomes du Jésus de Nazareth de Joseph Ratzinger-Benoît XVI

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