Qui est le Saint-Esprit?

Quelques notions simples sur l'identité du Saint-Esprit, pour les chrétiens troisième Personne de la Trinité, Amour substantiel et force des croyants.
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On peine parfois à comprendre ce que veulent dire les chrétiens quand ils proclament leur foi dans le Saint-Esprit. En partant de la Bible et du credo , voici une première approche de son identité (sa divinité, son rôle dans la construction de l’Église et dans la vie de chaque croyant), et en conclusion, une des plus belles prières qui lui aient jamais été écrites.

Le Saint-Esprit dans la Bible

Dès l’Ancien Testament il est question du Souffle de Dieu, la Ruah : pour l’Écriture, l’Esprit de Dieu est d’abord son Souffle. Il est présent et agissant dès la création du monde. Le livre de la Genèse , en un langage très poétique, montre Dieu soufflant son haleine de vie sur l’homme qu’il vient de modeler de la terre, faisant de lui, par ce geste, un être à son image, spirituel.

À l’autre bout de l’histoire du salut, le Christ fait à ses disciples cette mystérieuse prédiction: «Je vous donnerai un autre Paraclet (c’est-à-dire Défenseur, ou Consolateur), l’Esprit de vérité. Lui vous enseignera tout.» Après sa résurrection il confirme cette parole en assurant: «Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins.»

La venue du Saint-Esprit a effectivement lieu, le jour de la Pentecôte. C’est alors le commencement de l’Église, relaté par les Actes des apôtres .

« Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie » (credo de Nicée-Constantinople).

Bien que les Actes fassent du Saint-Esprit le personnage principal de leur récit, celui qui envoie, assiste, enseigne, inspire les disciples du Christ, ils ne définissent pas clairement son identité. Il faudra plusieurs siècles à l’Église pour prendre conscience que l’Esprit est Dieu, au même titre que le Père et le Fils, autrement dit qu’il y a un seul Dieu en trois personnes (ce qu’on appelle la «Trinité»).

On en arrivera finalement à l’affirmation qui sert de titre à ce paragraphe: «Il est Seigneur (c’est-à-dire Dieu), et il donne la vie», comprenons: la vie surnaturelle, celle qui permet à l’homme de s’unir à Dieu. En effet: «Comment ne serait-il pas Dieu lui-même, celui qui me divinise?», s’exclame saint Grégoire de Nazianze.

Sans le Saint-Esprit, pas d’ Église

Avant d’être une organisation humaine, l’Église est le corps mystique du Christ , l’ensemble de ceux qui sont nés à une vie nouvelle par le baptême. L’Esprit Saint est l’âme de ce corps vivant.

C’est lui qui en fait l’unité, qui le relie à Dieu, qui lui permet de comprendre la Parole de Dieu et de la transmettre de génération en génération, qui l’assiste dans sa mission d’annoncer l’Évangile à tous les peuples, qui fait de chacun des baptisés un être «capable de Dieu», c’est-à-dire ayant en soi la capacité de recevoir la vie divine.

Cela est particulièrement vrai dans la célébration des sacrements , ces gestes liturgiques qui, d’après le Catéchisme de l’ Église catholique, font que l’Esprit «rend présent et actualise le mystère du Christ par sa puissance transformante.»

L’Esprit Saint, force des croyants:

Saint Paul écrit dans sa Lettre aux Romains : «L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.» Si on peut parler d’ «énergie» divine , c’est donc bien à propos du Saint-Esprit, lui l’Amour substantiel et incréé.

D’après la tradition chrétienne, le Saint-Esprit étant Dieu, on peut le prier: lui rendre gloire, mais aussi lui demander sa force et son assistance. Voici sans doute la plus belle prière au Saint-Esprit jamais composée, la séquence [1] de la messe de la Pentecôte:

Viens Esprit Saint, envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière!

Viens, Père des pauvres, viens, toi qui nous combles de tes dons, viens, lumière de nos cœurs!

Ô très haut Consolateur, hôte plein de douceur de notre âme, toi notre apaisement,

Dans l’épreuve, tu es le repos; dans la chaleur, le rafraîchissement; dans les larmes, la consolation.

Ô lumière bienheureuse, remplis jusqu’à l’intime le cœur de tes fidèles!

Sans ta puissance divine, il n’est rien en l’homme, rien qui demeure innocent.

Lave ce qui est souillé, irrigue ce qui est aride, guéris ce qui est blessé,

Assouplis ce qui est raide, redresse ce qui est dévié!

Donne à tes fidèles, qui se confient en toi, tes sept dons divins.

Donne-leur le mérite de la vertu, donne-leur de parvenir au salut, donne-leur la joie sans fin.

Sources :

La Bible

Le Catéchisme de l’ Église catholique , Mame/Plon 1992

Saint Grégoire de Nazianze, Cinquième discours théologique

Graduale romanum, Solesmes 1974

Le mystère des énergies divines, théologie mystique de la grâce

[1] Une séquence est un chant liturgique en prose, propre à certaines fêtes du calendrier catholique. La séquence Veni sancte Spiritus que nous citons ici remonte probablement au XIIe siècle.

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