Qui sont les femmes de la Bible?

Parcours à travers l'histoire et les récits bibliques, pour découvrir la place et le rôle des femmes dans le destin d'Israël, puis de l'Église naissante.
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On ne connaît pas toujours bien les personnages féminins de la Bible, auxquels on se réfère moins spontanément qu’à Jésus ou à Moïse. De la création du monde au premier siècle de notre ère, la «moitié de l’humanité» est pourtant bien représentée, dans les récits fondateurs des religions juive et chrétienne. Avec une affirmation de plus en plus nette de leur pleine stature spirituelle. Femmes-symboles, femmes-modèles, saintes femmes, leur souvenir n’a pas fini de féconder notre culture.

Ève, la mère de tous les vivants

La toute première femme dans la Bible , c’est Ève. Comme chacun sait, elle fut tirée de la côte d’Adam: cela signifie que pour le récit biblique , au départ, l’être humain est à la fois homme et femme; c’est seulement dans un deuxième temps qu’il se retrouve sexuellement différencié, l’homme et la femme devant se compléter l’un l’autre pour former l’image de Dieu.

Ève préfigure déjà Marie, celle qui foulera aux pieds le diable en donnant naissance à Jésus. La première femme est ainsi placée, à l’orée de la vaste fresque scripturaire, comme un signe d’espérance.

Sara, Rebecca, Rachel… beauté, courage et dignité des femmes de l’Ancien Testament

L’histoire du salut se poursuit; Dieu appelle Abraham, et avec elle sa femme Sara, dont le récit biblique loue la grande beauté. Il sera souvent fait mention, dans les pages du texte sacré, de ces femmes à la fois belles et sages dont les patriarches (Isaac, Jacob, le roi David…) tombent amoureux, ce dont ils ont par la suite toutes les raisons de se féliciter. Les plus célèbres: Rébecca et Rachel, au livre de la Genèse.

De Judith qui sauva Israël en tranchant la tête du général ennemi Holopherne, à Esther, épouse du roi Assuérus, qui évita par son intercession le massacre du peuple, toute une série d’héroïnes intrépides jalonnent la mémoire du peuple élu. On trouve aussi en Israël quelques femmes prophétesses, la plus remarquable étant Deborah, au livre des Juges.

La mystérieuse épouse du Cantique des cantiques

Ce poème d’amour enflammé qu’est le Cantique des cantiques , placé parmi les écrits de sagesse du texte sacré, fait référence à une mystérieuse Sulamite, la «bien-aimée». Très tôt Israël a vu en elle la figure du peuple élu, que Dieu aime d’un amour passionné.

L’amour conjugal était ainsi promu au rang d’allégorie de la vie d’union avec Dieu, collective dans le cas du peuple de Dieu, personnelle pour les auteurs mystiques chrétiens.

C’est Origène , père de l’Église du troisième siècle, qui codifia le premier cette interprétation : l’épouse du Cantique représente tout à la fois l’Église et l’âme du fidèle qui cherche Dieu.

Joies et tracas du mariage: un portrait de la condition féminine ordinaire au détour des pages bibliques

«Il est trois choses que mon âme désire, écrit le Siracide, qui sont agréables à Dieu et aux hommes: l’accord entre frères, l’amitié entre voisins, un mari et une femme qui s’entendent bien» (Si 25, 1). Idéal de bonheur parfaitement illustré par l’histoire de la rencontre, puis du mariage de Tobie et de Sara, un de ces coups de foudre dont la Bible a le secret: voir le livre de Tobie, chef d’œuvre de finesse, d’humour et de tendresse.

Le Siracide s’exclame également: «Toute blessure sauf une blessure de cœur! Toute méchanceté sauf une méchanceté de femme! J’aimerais mieux habiter avec un lion ou un dragon qu’avec une femme méchante» (Si 25, 13. 16).

Effectivement, les écrits de sagesse sont souvent sévères à l’endroit des femmes bavardes, acariâtres, séductrices. Mais ils savent faire l’éloge vibrant de «la femme parfaite», qui «fait le bonheur de son mari tous les jours de sa vie»: témoin le très beau chapitre 31 du livre des Proverbes

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a Vierge Marie, mère de Jésus, figure de l’Église

Marie , contrairement à ce qu’on pourrait penser, est très peu mentionnée dans le cours des évangiles. Quelques épisodes se détachent pourtant: Marie à l’annonciation, acceptant de devenir la mère de Jésus; Marie aux noces de Cana, obtenant et même anticipant le premier miracle de son fils; Marie au pied de la croix, fidèlement associée, avec quelques autres femmes, à la passion du Christ; Marie en prière avec les autres disciples avant la pentecôte, image de l’Église orante. Autant de récits dont les virtualités seront développées par la méditation chrétienne au cours des siècles.

Dans l’Apocalypse, la femme couronnée d’étoiles qui échappe à la fureur du dragon et met au monde un enfant mâle, c’est à la fois Marie et l’Église, toutes deux mères des croyants.

Les femmes dans le Nouveau Testament: promotion et vocation nouvelle

Jésus lui-même accorde une grande place aux femmes au cours de sa mission, sans se soucier des préjugés de son époque: voir les épisodes de la Samaritaine, de la femme adultère, de la rencontre avec Marie-Madeleine… Son exemple et son message font de la femme une égale de l’homme, une fille de Dieu à part entière, bien qu’il n’en appelle aucune à devenir apôtre.

À l’exception de Jean, «le disciple que Jésus aimait», ce sont d’ailleurs des femmes qui, seules, lui restent fidèles lorsqu’il meurt en croix, et ce sont elles qui reçoivent les premières l’annonce de la Résurrection.

La suite du Nouveau Testament s’en fera l’écho: nombreuses sont les femmes chrétiennes citées dans les Actes des apôtres ou les lettres de saint Paul, collaboratrices de premier plan dans l’annonce de la nouvelle doctrine évangélique. Mentionnons simplement l’une d’elles, Priscille, qui avec son mari Aquila reste liée à la mémoire de l’apôtre Paul.

Amusez-vous à retrouver leur trace, Bible en main ...

Sources:

La Bible de Jérusalem

Origène, Homélies sur le Cantique des cantiques , collection Sources chrétiennes

Pour aller plus loins, deux articles :

Les femmes dans la Bible

Magnifiques femmes de la Bible

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