Lecture coup de cœur, Betty, polar islandais

Dans sa cellule, un homme fait le récit de sa rencontre avec la belle et irrésistible Betty. Il raconte la découverte du mari de celle-ci assassiné...
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Betty

Arnaldur Indridason

Métailié, 2011

L'auteur

Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux.

Vivant avec sa femme et ses enfants dans la capitale islandaise, l’auteur est l’un des écrivains de romans noirs les plus plus connus en Islande et dans les trente-sept pays dans lesquels ses livres sont traduits.

À deux occasions, il a reçu le prix Clef de verre du Skandinavia Kriminalselskapet, mais aussi le Prix d’honneur du festival des Boréales en 2011.

Arnaldur Indridason travaille en partenariat avec The Icelandic Film Fund à l’adaptation cinématographique de ses romans. Le producteur islandais Baltasar Kormákur a réalisé une adaptation de Mýrin ( La Cité des Jarres ), Jar City en 2008.

Quatrième de couverture

"Dans ma cellule, je pense à elle, Betty, si belle, si libre, qui s’avançait vers moi à ce colloque pour me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister ? Ensuite, que s’est-il passé ? Je n’avais pas envie de ce travail, de cette relation. J’aurais dû voir les signaux de danger. J’aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J’aurais dû … J’aurais dû … J’aurais dû …

Maintenant son mari a été assassiné et c’est moi qu’on accuse. La police ne cherche pas d’autre coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable.

Un roman noir écrit en parallèle avec la série des aventures du commissaire Erlendur Sveinsson.

Résumé

Betty est un roman d’amour autant qu’un roman policier. On y retrouve le talent d’Arnaldur Indridason, auteur de polars islandais en série avec le fameux commissaire Erlendur, mais cette fois il s’agit d’un roman noir se lisant indépendamment des autres. La lecture oscille rapidement d’un chapitre au suivant, car le héros traverse le roman entre liberté et emprisonnement. Le suspense demeure jusqu’à la fin par le biais de ces allers et retours dans le temps et l’espace de cette petite île d’Islande qui participe au charme des décors.

Il y est question d’amour, d’argent, de mensonges, de violences et de crimes, et bien sûr l’intrigue demeure en suspens jusqu’à la fin.

À recommander chaudement à tous les fans de littératures nordiques, mais surtout aux amateurs de polars.

Citation

« Je suis sur le lit et je pense à l’amour. Et au plaisir du sexe. Et à l’égoïsme, à la jalousie et à cette grande montagne qui crache du feu et qui s’appelle la haine. Quels sont ces sentiments et pourquoi nous gouvernent-ils avec tant de véhémence ? Qu’est-ce qui les enflamme ? Qu’est-ce qui enflamme l’amour et la haine, sentiments si différents et pourtant on ne peut plus semblables ? Qu’est-ce qui vous rend aveugle et qui vous fait vous fourvoyer jusqu’au point de non-retour ? Qu’est-ce qui vous conduit à ignorer les signaux de danger, les erreurs, à refuser de voir ou de comprendre ce qu’on ne perçoit que lorsque l’on court à sa perte ? D’où vient ce grandiose refus ? Pourquoi fait-on le choix de ne pas voir les dangers alors qu’ils sont devant notre nez ? Est-ce que c’est ça, l’amour ? Est-ce que c’est pour ça que l’amour rend aveugle ?

Ces questions se bousculent dans mon esprit pendant toutes ces longues nuits et exigent des réponses que je n’ai pas parce qu’il me faudrait m’interroger moi-même plus à fond que je ne le désire. Qui entreprendrait d’examiner sa vie au microscope ? Qui en aurait le courage ? Personne ne peut supporter d’aller au fond de soi sans s’apitoyer ou être complaisant envers soi. Celui qui dit le contraire est un menteur.

Bien que je m’efforce d’éviter cela, je n’ai rien d’autre à faire pendant toutes ces longues nuits que de lutter contre mon propre ego qui est si fragile. Que de regarder en face les choses qu’il y a en moi et qui sont tellement bien enfouies que j’en ignorais même l’existence. Je ne les connais pas et je préfère n’en rien savoir. Et pourtant je suis au lit et je pense à l’amour, à la haine et à toutes ces profondes ténèbres qui n’en finissent pas et qui me font réfléchir à ce qui s’est passé plus tard. »

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