Quarante coups de fouet pour un pantalon

En juillet 2009, Lubna Ahmad al-Hussein est condamnée à quarante coups de fouet pour avoir porté un pantalon sous sa tunique traditionnelle.
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40 coups de fouet pour un pantalon

Lubna Ahmad Al-Hussein, avec Djénane Kareh Tager

Plon, 2009

Loubna Ahmed al-Hussein écrit pour le journal de gauche Al-Sahafa et travaille pour la Mission des Nations unies au Soudan. Après avoir reçu un appel téléphonique des autorités pour l'appeler à comparaître devant le juge, elle a invité les journalistes à assister à sa comparution et à sa flagellation, assortie d'une amende d'environ soixante-dix euros. (Source AFP)

Djenane Kareh Tager, ancienne rédactrice en chef au Monde des religions et à France 24, a écrit plusieurs ouvrages sur les religions ainsi qu'un livre d'entretiens avec Edgar Morin ( Mon chemin, Fayard, 2008) et avec Zeina ( Sous mon Niqab, Plon, 2009).

Quatrième de couverture

Le 3 juillet 2009, Lubna al-Hussein est arrêtée par la police dans un restaurant de Khartoum. Son « crime » : avoir porté un pantalon. La loi soudanaise punit cette atteinte à la « moralité publique » de quarante coups de fouet, assortis d'une amende.

Tous les jours, des femmes sont condamnées au Soudan pour avoir enfreint l'article 152 du code pénal, celui qui veille sur les mœurs. Parce que leur voile n'est pas assez couvrant ou parce qu'elles sont en tête à tête avec un homme, la « police de l'ordre public » les conduit à l'hôpital où elles subissent un examen de virginité, puis au tribunal où les attend un jugement expéditif.

C'est au nom de toutes ces femmes que Lubna a décidé de se révolter et de porter son procès devant le monde entier.

À travers SON histoire, elle raconte l'histoire d'un pays qui ploie sous le joug conjugué de la loi islamique et des traditions. Un État où l'excision des femmes reste la règle, où des préposés aux mœurs sont postés à tous les coins de rue, jusque dans l'enceinte des universités.

Un témoignage unique.

Résumé

Journaliste, l'auteur prend la plume pour témoigner, d'abord de l'histoire de quinze femmes arrêtées ce même jour dans un restaurant chic de la capitale, puis, par le biais de ses expériences personnelles, pour décrire la réalité de l'islam et des traditions dans ce pays de la Corne de l'Afrique soumis à de nombreuses violences interethniques depuis plusieurs décennies. Ce documentaire engagé sur les conditions sociales des femmes se lit à la manière d'une histoire triste, mais le courage et la volonté de son héroïne ne manquent pas de donner du relief à des principes en constante évolution.

Citation

« Cette aventure m'évoquait irrésistiblement l'histoire de Geha, son fils et l'âne. Geha, personnage fort populaire dans le monde arabe et sujet de milliers d'anecdotes, montait son âne avec son fils. « Pauvre âne qui porte une telle charge ! Geha, comment oses-tu ? », lui dirent les passants. Geha laissa son fils sur l'âne et marcha à leurs côtés. « Pauvre Geha ! Fils, comment laisses-tu ton père marcher tandis que tu montes l'âne ? », dirent les passants. Alors le fils céda la place à son père. « Geha, comment laisses-tu ton fils marcher tandis que tu montes l'âne ? », dirent encore les passants. Geha et son fils décidèrent de porter l'âne et d'avancer. « Quels ânes ! », dirent les passants. Je compris qu'il était impossible de satisfaire tout le monde, et qu'il ne m'était d'ailleurs pas demandé de satisfaire tout le monde. Cette leçon m'est restée : depuis cet épisode, j'ai décidé de mener ma vie comme je l'entends. Sans heurter nos traditions, sans me laisser emprisonner par elles. »

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