Portrait de Helena Rubinstein, "la femme qui inventa la beauté"

Michèle Fitoussi retrace le fabuleux destin de Helena Rubinstein, cette Scarlett O'Hara polonaise qui révolutionna le monde de la beauté et des cosmétiques.

« Si je ne l'avais pas fait, d'autres que moi l'auraient fait ». C'est pourtant bien elle, Helena Rubinstein, petite polonaise partie de rien mais affublée de quatre handicaps (être une femme, juive, étrangère et pauvre), qui a su révolutionner le monde de la beauté et construire un empire que toutes les auto-entrepreneuses modernes ne s'imaginent qu'en rêve...

Dans sa superbe biographie Helena Rubinstein, La femme qui inventa la beauté , Michèle Fitoussi revient sur le parcours atypique de cette femme extraordinaire, une visionnaire qui a su déceler le potentiel de la beauté, ce « nouveau pouvoir », et le mettre à la portée de toutes les femmes.

Helena Rubinstein, une « Scarlett O'Hara polonaise »

Née en 1872 dans le quartier juif de Cracovie, en Pologne, elle est l'aînée de 8 filles. Deuxième maman auprès de ses sœurs, meilleure dans les affaires que son propre père qui préfère l'étude des livres sacrés à son commerce, Helena Rubinstein développe un caractère fort, indépendant, autoritaire... Ce qu'elle démontre à ses parents en s'opposant fermement au mariage arrangé et à la vie qu'ils lui destinent. Elle rejoint alors une tante qui habite à Vienne et travaille pour elle, avant de partir seule pour l'Australie. Helena a 24 ans.

De la crème Valaze à l'empire Rubinstein

De ses premières années en Australie, Helena n'en souffle mot. Ses oncles la traitent mal, les conditions de travail sont rudes, le climat aussi. Mais elle a un plan : les douze pots de crème que lui a donné sa mère avant son départ l'ont inspirée. Elle élabore sa propre crème, la Valaze , qu'elle commercialise dans une pharmacie avant d'ouvrir son propre salon de beauté à Melbourne, en 1902. Le premier d'une longue série : Londres, Paris, New York auront également leurs centres dédiés au bien-être, de véritables temples de la beauté où sont exposées des œuvres d'art.

La science au service de la beauté

Visionnaire, Helena Rubinstein devine ce que la science peut apporter à la beauté. Elle consulte de nombreux scientifiques, dermatologues, chirurgiens... et s'intéresse aux actifs, aux traitements, aux soins, à tout ce qui peut embellir les femmes. Et met ensuite ce précieux savoir à leur disposition, en insistant sur l'importance de l'hydratation de la peau ou de la protection contre les méfaits du soleil... Travailleuse acharnée, elle parcourt le monde au pas de course, supervisant le moindre détail, que ce soit l'élaboration d'un nouveau produit, le packaging et la publicité ou encore l'ouverture d'un nouvel institut.

Une référence dans le monde de la beauté

A la fin de sa vie (elle meurt en 1965), celle que l'on surnomme « Madame » est à la tête d'une multinationale qui est « présente dans plus de trente pays, fait tourner quatorze usines, emploie 32 000 personnes dans les dizaines de salons de beauté de quinze pays différents. Sa fortune personnelle se monte à cent millions de dollars, en propriétés, valeurs et obligations, bijoux, œuvres d'art, meubles et argent au chaud dans les banques de trois continents ». Un bilan extraordinaire pour cette petite femme qui a fait sa place parmi les grands noms de son temps...

Helena Rubinstein, La femme qui inventa la beauté , de Michèle Fitoussi, Grasset.

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