Tim Burton, portrait d'un artiste exposé à la Cinémathèque

A l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée du 7 mars au 5 août 2012, le réalisateur Tim Burton revient sur son parcours, son œuvre et son univers.

C'est en avant-première que la presse a pu découvrir Tim Burton, l'exposition, un événement culturel majeur attendu avec ferveur par les cinéphiles et autres mordus de l'univers burtonien. A l'issue d'une visite privée qui permet de découvrir les dessins, peintures, photographies, storyboards, courts-métrages, films et autres inventions du génial réalisateur, une conférence de presse a permis à l'artiste de présenter son œuvre, aussi originale et passionnante que le personnage lui-même.

De New York à Paris : l'aventure d'une exposition

L'exposition consacrée à Tim Burton a été conçue, produite et présentée en 2010 par le MoMA (Museum of Modern Art) à New York. Elle permet de découvrir l'envers du décor de ses films les plus célèbres – Edward aux mains d'argent, Batman, L'étrange Noël de Monsieur Jack, Mars Attacks – mais aussi des œuvres inédites, comme ses dessins de jeunesse et toutes sortes de « souvenirs longtemps oubliés ». Il considère d'ailleurs que l'équipe du MoMA a réalisé une véritable fouille archéologique pour remettre à jour ce qu'il avait laissé dans les cartons de sa maison de Burbank (Los Angeles). Et si l'exposition arrive désormais chez nous, Tim Burton en explique très simplement la raison : « Parce que c'est Paris et parce que c'est la Cinémathèque française ». C'est vrai qu'il prend la suite de Stanley Kubrick à l'honneur en 2011, une sorte de clin d'œil à un artiste qui l'a inspiré...

Un monstre d'anti-conformisme

Ayant passé sa jeunesse à Burbank, une ville de banlieue conformiste et bien proprette où il ne se sent pas du tout à l'aise (on peut facilement imaginer l'aspect biographique du film Edward aux mains d'argent), Tim Burton choisit d'exprimer ce qu'il ressent par l'art. « J'ai toujours aimé la culture B et ses monstres qui pour moi exprimaient des choses très émotionnelles. Je me sentais proche d'eux ». Il explique que la fête d'Halloween était sa préférée, une journée où il se sentait enfin normal, où il pouvait célébrer la mort et voir « ces squelettes qui faisaient plein de drôles de choses... ». Son goût pour la comédie macabre, entre humour et horreur, vient en partie de là.

L'importance du dessin

Tim Burton l'avoue lui-même, il n'est pas très doué pour parler. Le dessin est pour lui une façon de s'évader, d'explorer son subconscient, mais aussi et surtout sa manière de communiquer. En devenant réalisateur, il explique avoir dû « apprendre à parler aux gens », mais le dessin reste pour lui le moyen le plus naturel pour explorer des idées. Il se souvient d'ailleurs les nombreuses heures durant lesquelles il s'enfermait dans sa chambre pour dessiner, et la frustration qu'il a ressenti chez Disney lorsque ses dessins de monstres – finalement trop monstrueux – étaient systématiquement refusés. Tim Burton explique que ses meilleurs professeurs ont été « ceux qui ont essayé de voir qui j'étais ». Ainsi, il prodigue un conseil à tous les artistes en herbe : « Dessinez ce que vous ressentez ». Par ailleurs, il révèle que c'est à partir de ses « dessins étranges » que nait parfois l'idée d'un film.

La distance avec Hollywood

En s'installant à Londres, le réalisateur semble avoir mis un océan entre les studios américains et lui. « Hollywood est une sorte d'endroit insulaire, où je me suis toujours senti comme un alien, un étranger. Finalement, quand je pars à l'étranger, je me sens davantage chez moi ». Et malgré les succès et la reconnaissance de ses pairs, il considère que « chaque film est une bataille ». Heureusement, il prend du temps pour « penser, dessiner, rêver... et c'est ainsi que je fais le plus gros du travail ».

Tim Burton, L'Exposition

La Cinémathèque française

51 rue de Bercy, 75012 Paris

Du même auteur : Tim Burton, L'Exposition, un voyage dans un univers fantastique

Sur le même sujet