L´Espagne face à l´humour français

La tension est vive en Espagne après les sketchs répétés des Guignols de Canal+ prenant pour cible les sportifs espagnols les plus admirés

Nadal et Contador, des cibles faciles

Les grands champions ont toujours suscité à la fois l´envie et l´admiration. On les aime et on les hait.

Nadal, le "chouchou de Roland Garros" comme le surnomment les français eux-mêmes est aujourd'hui sous le feu des Guignols de l´info de Canal +, comme avant lui beaucoup de sportifs de tous les pays. Contador avait ouvert la voie avant lui.

Ce qui fâche en Espagne c´est l´insistance, bien peu diplomatique, des Guignols et les cibles choisies. Tout d´abord comprenons qu´en Espagne les Guignols sont inconnus, donc leur humour et tout le passif de l´émission l´est aussi. Les divers problèmes suscités par certains de leurs sketchs ne dépassent pas les frontières de France. Par ailleurs, si d´un seul sketch il s´agissait, on en rirait volontiers mais c´est la répétitivité des faits qui agace et pousse nos voisins à perdre patience.

Les résultats de la "calomnie"

La télévision espagnole parle de calomnie et de mauvais procès. On entend, dans certaines émissions populaires des adjectifs plus forts comme " racisme", "envie", "xénophobie".

Les espagnols se vengent en se riant à leur tour des français qui ne gagnent rien en sport depuis des années. Les joueurs de l´équipe de football de Séville ont joué leur dernier match avec un maillot au message clair: " liberté, égalité... Superioridad".

L´escalade est lancée. C´est à qui fera la plus mauvaise blague sur les français, qui aura la plus mauvaise expérience lors d´un voyage à Paris... Des deux côtés des pyrénées la mauvaise foi fait loi. Dans les pages de commentaires des journaux, on peut lire les messages vils de quelques excités qui profitent de l´anonymat que leur confère internet pour s´en donner à coeur joie dans la diffamation. Un pseudo, souvent mal trouvé, permet aux donneurs de leçons de s´épancher et souvent de trouver une oreille bienveillante dans laquelle déverser leur rage.

L´Etat français obligé d´intervenir

Par la voix de son ambassadeur en poste à Madrid, Bruno Delaye, la France a dû rassurer en déclarant dans les médias espagnols que l´entente franco-espagnole est intacte et en minimisant les propos des Guignols qui agissent sous couvert de la liberté de la presse. Le ministre des affaires étrangères espagnoles, Don Jose Manuel Garcia Margallo, avait en effet pris partie dans l´affaire, en envoyant au ministre des sports français, un courrier regrettant la campagne de dénigrement et de diffamation faite à l´encontre du sport espagnol. Un courrier similaire aurait été envoyé à Canal +.

L´affaire fait sans doute les choux gras des Guignols et d´autres médias de communication français ou ibériques qui y voient un nouveau sujet facile à traiter et pourvoyeur de rebondissements en chaîne.

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