MARIELLE NDIAYE

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Guerre Nucléaire, pas Guerre Nucléaire ?

Pyongyang nous mène-t-il encore en bateau ? Doit-on vraiment avoir peur de ce si petit pays ?

Encore une fois, la région l'Asie - Pacifique se retrouve dans un climat de tension du à une Corée du Nord récalcitrante à tout dialogue. Les Etats-Unis n'admettent pas que Pyongyang reprenne à nouveau des essais (troisième essaie en février 2013) ou son activité d'enrichissement de l'uranium. Et ils sentent bien que la situation pourrait tourner à leur désavantage si la Chine n'essaie pas d'être plus transparente sur la question Nord coréenne.

La Chine prône officiellement pour une dénucléarisation de la région, mais dans les faits, elle ne participe que de très loin aux progrès possibles de réconciliation entre les deux Corée.

Toujours est-il que la Corée du Nord est un petit pays sans ampleur, ni saveur, dont le seul aura international tient à son représentant VRP de nationalité espagnol Alejandro Cao de Benos. Un quadragénaire catalan en charge de vendre à l'étranger les bienfaits du modèle Nord-Coréen.

Mais la Corée du Nord n'a que peu de souci à se faire tant qu'elle sera soutenu aussi fermement par la plus puissant pays du monde qu'est la Chine. Les Américains ne sont que les obligés de Pékin qui détient une partie de la dette des Etats-Unis. La Chine ne perd pas de vue le grand intêret qu'elle a à garder et surtout à supporter à bout de bras la très pauvre Corée du Nord. Un effondrement du régime et de la fin de la dynastie des Kim, pourrait alors être le signe d'une possible réconciliation voir même réunification des deux Corées, ce qui serait la théorie du pire pour la Chine.

Même si le jeune Kim Jong-Un, successeur de son père Kim Jong-Il, peut faire peur par ses excentricités y compris à Pekin, il vaut mieux un pouvoir bancal et un dirigeant maladroit qu'une vacance de pouvoir ou pas de pouvoir du tout. Il faut toujours repenser la zone Asie - Pacifique comme une base arrière américaine, avec près de 70 000 hommes dont 28 000 en Corée du Sud avec 60 à 70 bateaux et 200 à 300 avions dans la zone. La domination américaine est donc plus que totale dans la région, bien loin devant la Chine.

La Chine doit donc ronger son frein, et supporter un pays économiquement en ruine, elle a déjà versé 300 millions de dollars d’investissements directs à la Corée du Nord dans l’agroalimentaire, la médecine, les exploitations minières, l’industrie légère, la chimie et le textileSans grande garanti de retour sur investissement, puisque Pyongyang a déjà par le passé cassé des contrats avec les partenaires chinois.

Mais le non choix est clair, si la Chine ne veut pas se réveiller un matin avec une Corée réunifiée américaine, elle doit maintenir coute que coute la Corée du Nord même sous perfusion.

Imaginons deux minutes une Corée réunifié, ce qui serait pour le peuple nord-coréen surtout, la meilleure des solutions au vu des misérables conditions dans lequel il survit. La Chine immédiatement monterait dans l'escalade de la militarisation par crainte de voir un voisin américain lointain se rapprocher à sa frontière. On aurait dès lors une montée en puissance des arsenaux militaires de la région, sino-américains. Le monde serait-il alors toujours aussi sur ? Ou risquerions-nous une nouvelle Guerre Froide ?

Finalement, la Corée du Nord ne mène personne en bateau, sa géolocalisation est d'une importance stratégique pour les deux pays les plus puissants du monde, et les dirigeants Nord-Coréens le savent. Ils jouent dès lors sur le tableau du nucléaire et tiennent en respect les États-Unis et la Chine, qui peinent à trouver une solution diplomatique satisfaisante pour tout le monde. Le feuilleton nord-coréen continue !

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MARIELLE NDIAYE

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Chercheuse en relations internationales spécialisée
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