Symptômes et origines de la scarlatine

La scarlatine faisait autrefois trembler les foules. Elle engendrait des complications souvent mortelles. Les antibiotiques nous ont aujourd'hui libérés de ce fléau.
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Scarlatine vient du latin scarlatinum qui signifie « rouge ». Cette maladie bactérienne, autrefois redoutée car perçue comme très contagieuse, mortelle dans 3 à 9 % des cas et présentant des risques de graves complications, réapparaît aujourd’hui de façon épisodique dans les collectivités. Heureusement, on ne la connaît souvent plus que sous une forme atténuée, qui peut aisément passer inaperçue.

Maladie infantile, contagieuse et épidémique, la scarlatine ne concerne généralement que les enfants de 3 à 10 ans. On estime aujourd’hui qu’au delà de cette période, plus de 80 % des enfants ont développé des anticorps contre les exotoxines responsables du développement de la maladie. La contamination des adultes est ainsi très rare. Les mères étant immunisées, elle transmettent leurs anticorps à leur bébé, les protégeant généralement jusqu’à l’âge de 2 ans.

La scarlatine dans l’histoire

En 1685, le médecin anglais Thomas Sydenham individualise pour la première fois la maladie sous le nom de fevris scarlatinae . On la confond malgré tout pendant longtemps avec d’autres maladies aux symptômes similaires comme la diphtérie. Ce n’est qu’en 1893 que H. Bergé découvre l’origine bactérienne de la scarlatine. Puis, en 1924, les médecins pathologistes américains George et Gladys Dick mettent en évidence l’intervention d’une toxine dans l’évolution de ses symptômes.

On a longtemps essayé de soigner la scarlatine par vaccinations ou sérums qui se sont souvent révélés inutiles, parfois même dangereux. Étant donné la dangerosité reconnue de l’infection et l’incapacité à fournir un traitement, les malades étaient isolés pour une période de 40 jours et leur famille étroitement surveillée. C’est seulement dans les années 1940, grâce aux découvertes de l’Anglais Ernst Boris Chain et de l’Australien Howard Florey, que les premiers antibiotiques sont développés à grande échelle. L’antibiothérapie est la solution efficace proposée en traitement de la scarlatine.

Origine de la scarlatine

Provoquée par le streptocoque beta hémolytique du groupe A, bactérie responsable de nombreuses maladies, et notamment des angines, la scarlatine est une maladie éruptive. Le streptocoque, tout d’abord présent dans la bouche, provoque en premier lieu maux de tête, de gorge et de ventre, accompagnés de vomissements et de ganglions dans le cou. Une forte fièvre, souvent supérieure à 39 °C, apparaît et persiste de quelques heures à quelques jours.

La bactérie libère des toxines érythrogènes, c’est-à -ire qui provoquent un rougissement de la peau, appelée "toxines de Dick" en référence aux chercheurs américains. Ces exotoxines pyrogènes développent une scarlatine bénigne pour les types B et C et virulente pour le type A.

C’est donc au bout d’environ 48 heures qu’apparaît une éruption cutanée externe, appelée exanthème, plus ou moins rouge et diffuse, pouvant provoquer des démangeaisons. D’abord présente sur le thorax, elle peut s’étendre sur le tronc et les membres, présentant tout de même la caractéristique de ne pas toucher le pourtour des lèvres. Une éruption à l’intérieure de la bouche, appelée enanthème, est presque toujours présente et caractéristique de la maladie. La peau est chaude, sèche et parfois granuleuse au toucher.

Une desquamation (la peau pèle) peut être observée plusieurs jours après la disparition des premiers symptômes.

Risques liés au non-traitement de la scarlatine

Le non-traitement, ou non-respect du traitement de la scarlatine, peut entraîner des complications graves. Le rhumatisme articulaire aigu, qui atteint les articulations et, à terme, les valves du muscle cardiaque, en est l’une des plus dangereuses.

Les reins peuvent aussi être touchés par une glomérulonéphrite, dysfonctionnement qui entraîne une mauvaise filtration du sang et induit de nombreux symptômes liés à une insuffisance rénale.

À noter qu’une scarlatine non traitée peut aussi engendrer sinusite, otite ou une propagation de l’infection aux ganglions lymphatiques du cou, appelée adénopathie.

Les formes aujourd’hui courantes de scarlatine étant souvent atténuées, les risques de complications sont moindres. Malgré tout, étant donné la dangerosité de ses affections secondaires et leur caractère parfois irréversible, le traitement antibiotique d’une période de 10 jours sera respecté scrupuleusement.

Mode de transmission

Comme toute angine, la scarlatine se transmet par l’intermédiaire de la salive. L’éruption cutanée ne présente aucun danger de contamination.

La période d’incubation de 2 à 5 jours, pendant laquelle l’enfant ne présente souvent aucun symptôme, est favorable à la propagation de la maladie.

Après 2 jours de traitement antibiotique, on estime que l’enfant n’est plus contagieux et qu’il peut réintégrer une collectivité s’il se sent mieux.

La scarlatine peut souvent passer inaperçue, les réactions étant variables et facilement attribuables à d’autres maladies. Si votre enfant est malade et que des cas de scarlatine ont été diagnostiqués dans son entourage, n’oubliez pas de prévenir votre médecin. En cas de doute, un simple test de diagnostic rapide (TDR) – prélèvement effectué dans la gorge – permettra de confirmer une suspicion de scarlatine.

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