Re-travailler après un long congé parental

Après trois ans voire plus "d'inactivité", il est véritablement difficile pour la femme de se réinsérer professionnellement, pourquoi ?
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La France est l’un des rares pays où l’on peut s’arrêter provisoirement de travailler pour accompagner les premières années de ses enfants. Une seule condition : avoir un an d’ancienneté dans l’entreprise à la date de naissance de l’enfant ou à l’arrivée dans le foyer de l’enfant adopté.

Celui ou celle qui choisit un CPE choisit de donner la priorité à sa vie personnelle sans savoir toutefois à quel point ce choix se répercutera sur sa carrière professionnelle. En effet, reprendre son activité professionnelle après un congé parental peut devenir un parcours semé d’embûches. D’une part parce que l’entreprise ne joue pas toujours le jeu « du retour » en proposant sciemment des postes difficilement compatibles avec une vie familiale, d’autre part parce qu’après une absence de plus d’un an, l’employé et son entreprise ont bien souvent évolué de manière distincte.

Congé parental de longue durée et difficultés de réinsertion professionnelle

Un premier congé parental donnant suite à un deuxième voire un troisième… Les années d’absences s’accumulent et la femme qui jusqu’alors était active, se meut insidieusement en mère au foyer de longue durée. Sans faire le moindre jugement de valeur sur le statut de femme au foyer ou de femme active, le constat est brûlant. Après trois ans voire plus d’ « inactivité », il est véritablement difficile pour la femme de se réinsérer professionnellement…pourquoi ?

D’un point de vue factuel, nous pouvons recenser deux causes principales à cette difficulté de réinsertion :

  • l’amenuisement du « réseau professionnel ». Il constitue une difficulté majeure dans la reprise d’une activité après un congé parental. En effet, s’il est possible de conserver un réseau professionnel (collègues, employeurs, contacts…) durant un an voire deux, cela ne l’est plus au fil du temps et de l’évolution des quotidiens opposés de l’employée et de son entreprise.
  • le déséquilibre brutal de l’articulation « travail/famille ». La modification de l’emploi du temps touche inévitablement la sphère familiale. La prise en charge des enfants (garde, suivi scolaire, vacances….) n’en est que le haut de l’iceberg.

La maternité change le rapport au travail pour l’employeur comme pour l’employée

A l’issu de son congé parental, la femme devenue mère et éducatrice, a souvent une envie de mettre plus de sens dans son travail. Le choix n’est pas toujours possible mais la question reste posée et la culpabilité menaçante.

Pour beaucoup d’employeurs, la jeune mère, ayant estimé préférable de se consacrer quelques années à sa famille, est moins disponible, moins performante… soupçonnée de ne pas pouvoir gérer l’impondérable…

Comment revenir à une vie professionnelle?

Bien souvent, même si le retour est voulu et anticipé, il reste problématique. Il faut se réadapter, comme pour n’importe quel congé (sabbatique, maladie, ou autre).

Il est donc nécessaire de se repositionner, voire de se préparer à un retour ardu. Cela peut durer quelques mois pour reprendre son rythme. Peut-être sera-t-il nécessaire de se faire aider : coach, gestion du travail, formation ou autre bilan de compétences sont souvent d’un grand intérêt.

Le bilan de compétences permet de revisiter son parcours professionnel, quitte à s’orienter vers une formation qui pourra éventuellement être prise en charge par le DIF (si vous êtes encore en congé parental) ou par le Pôle emploi (si votre congé est terminé et votre demande de formation justifiée).

La formation professionnelle est souvent un passage obligé pour améliorer l’employabilité des femmes en fin de congé en facilitant leur retour dans un milieu qui a évolué.

Revenir à une vie professionnelle exige une préparation rigoureuse

  • Prenez conseil.
  • Recherchez les formations qui éventuellement pourront être nécessaires.
  • Préparez votre entretien en identifiant ce qui pourrait rebuter votre interlocuteur : formation nécessaire, évolution, absence d’activité…
  • Rédigez votre CV par compétences pour gommer la période inactive en accentuant les compétences maitrisées. Nombre d’employeurs sont plus sensibles à la dimension psychologique d’un parcours et à ce que la personne a su tirer d’éventuelles épreuves ou expériences. Cherchez tout ce que cette période vous a apporté de positif….

Quelques sites Infos :

www.infotravail.com

http://www.juritravail.com

http://www.retravailler.org

Rappel sur vos droits :

A son retour, le salarié doit retrouver son emploi précédent ou un emploi similaire, assorti d’une rémunération équivalente. (Art L122-28-3 – code du travail)

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