Meurtre du petit Marwan: où est la vérité?

Bilel Belaid a été condamné vendredi 26 novembre, à 25 ans de prison pour avoir tué Marwan, le fils de sa compagne.

Homicide volontaire ou pas? Bilel Belaid, 20 ans, a été reconnu coupable du meurtre du petit Marwan, le fils de sa compagne, âgé de 14 mois, vendredi dernier à la cour d’assises de Nice. Il a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle. Mais Bilel soutient qu'il s'agit d'un accident. La justice parle plutôt de meurtre. L’accusé a interjeté appel. Bilel avait-il du mal à accepter l'enfant de sa petite amie? Retour sur l'affaire.

Le drame s'est produit le 24 juillet 2009, à Antibes. Najet, 30 ans, sort de sa douche. Elle se retrouve face à l'horreur: la jeune femme voit son enfant inanimé, auprès de Bilel Belaid, 19 ans, son petit ami. Il a reçu des coups à la tête. Son compagnon lui dit qu'il n'y est pour rien, qu'il jouait à lancer le bébé en l'air et qu'il est tombé par accident. Suite à ces aveux douteux, Bilel quitte le foyer conjugal. L'homme sera interpellé le lendemain dans le département des Alpes-Maritimes. Le fils de Najet est décédé à l'hôpital, victime de trois fractures du crâne. Bilel aurait-il commis un meurtre parce que Marwan n'était pas son enfant? Ou s'agit-il véritablement d'un accident?

Un an plus tard, le verdict est tombé à la cour d’assises de Nice: 25 ans de réclusion criminelle et interdiction définitive de séjourner sur le territoire français pour Bilel Belaid. Le jeune homme a avoué le drame à la barre, vendredi dernier dans l’après-midi. Il a bien tué le petit Marwan. Mais sa version des faits est remise en cause. Il prétend qu'il ne l'a pas fait exprès. La justice, elle, soutient plutôt la thèse du meurtre. Quelques minutes après sa condamnation, Bilel Belaid a fait appel.

«Le meurtre de l’innocence»

«Dites-nous enfin ce que vous avez fait au bébé !», s’exclame Me Adam Krid, l’avocat de la défense. Après plusieurs coups de théâtre lors de l'audience, Bilel avoue: «J’ai lancé deux fois Marwan, il est tombé par terre. Je ne l’ai pas fait exprès. Je ne voulais pas le tuer. Je demande pardon.» Il mime ensuite le geste qu’il aurait commis pour assassiner l’enfant. Puis il craque. Il comprend que son acte est «irréparable» et s’effondre en larmes. «Ce n’est pas un accident, mais le meurtre de l’innocence!», s’exclame Me Laurence Ellak-Henssien, l’avocate de la partie civile, les larmes aux yeux. «Je demande la perpétuité, renchérit l’avocat général. Ce qu’il dit est lâche, tout comme son geste.»

Une ambiance de plus en plus froide se fait sentir dans la salle d’audience. Les avocats, le juge, les jurés, tous craquent. L'avocate de la partie civile ne peut s'empêcher de pleurer. Bilel dit-il la vérité? La mère de l’enfant refuse d’y croire. Un second procès, en appel, pourra peut-être faire jaillir la réalité et revenir sur la peine prononcée.

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