ZOMBIES OR NOT ZOMBIES partie 1

Surpopulation, pandémies,, pollution, réchauffement climatique. Dans notre société anxiogène, les récits post-apocalyptiques sont plus populaires que jamais

Les morts-vivants sont partout, que ce soit dans la littérature, au cinéma (de White Zombie à World War Z aux innombrables séries Z et autres comédies horrifiques, en passant par la saga de George Romero), mais aussi dans la musique (tout particulièrement dans le bien nommé Death Metal, notamment avec Iron Maiden, Marilyn Manson, Rob Zombie, The Prodigy ), dans la bande-dessinée ( The Walking Dead, Tales of the Zombies…etc ) ou dans les jeux vidéos (citons entre autres City of the Dead, Resident Evil, Doom, Dead Island, Lollipop Chainsaw, Black Ops zombies, Left 4 Dead, Rise of Nightmares ).

Surpopulation, pandémies, OGM, pollution, réchauffement climatique…Dans notre société anxiogène, les récits post-apocalyptiques sont plus populaires que jamais. Guère étonnant alors que les zombies, représentants rêvés de la fin de l’humanité, envahissent la culture populaire. Plus que de vulgaires œuvres horrifiques, les fictions sur les zombies tendent un miroir sur la nature humaine et les dérives de notre civilisation, comme le contrôle des masses, la quête de l’immortalité ou le développement des armes atomiques et biologiques.

Comme nombre de créatures légendaires (vampires, loups-garous, croque-mitaines…), les zombies en disent beaucoup plus qu’on ne croit sur l’humanité. Comme si le zombie était un double contre-nature de l’homme « civilisé », le révélateur de notre propre bestialité. Bien d’autres créatures pourtant, incarnent tout aussi bien les dangers auxquels l’humanité est confrontée. Comment expliquer alors une telle invasion, un phénomène qui dépasse aujourd’hui les cultures et les frontières ?

Née en Haïti, la figure du zombie s’est, en tout logique, propagée aux USA lors de l’occupation de l’île par des américains entre 1915-1930. La mondialisation du cinéma hollywoodien a fait le reste. Rapidement, le mythe s’est répandu en Amérique centrale et latine. Puis c’est l’Italie des années de plomb qui succombe à l’infection, mêlant horreur nécrophile à l’érotisme du Giallo. Même l’Asie, où il est coutume de recourir à la crémation des défunts et où les morts reviennent sous une forme bien plus spirituelle que corporelle, a été contaminée.

Comment expliquer l’engouement inégalé des zombies ces dernières années. Serait-ce parce que le zombie symbolise une humanité déviante, personnification moderne du mythe de Prométhée ? Ou alors parce qu’il représente le mal incarné, un méchant à la fois assez humain pour que l’où puisse s’y attacher, et assez repoussant pour être exterminé sans culpabilité ? Ou peut-être est-ce parce qu’il sert d’exégèse aux angoisses des êtres humains ?

De la légende à la fiction : la grande contagion zombie

Qui sont ces êtres sortis d’outre-tombe ?

D’où viennent-ils ? Etroitement lié aux cultures amérindiennes et afro-caribéennes, le mythe du zombie s’inscrit profondément dans la culture vaudou, en particulier sur l’ile d’Haïti A l’origine, les morts-vivants désignaient les personnes ayant expérimentés des pratiques religieuses si extrêmes qu’on les retrouvait errants et le regard vitreux. Certains ethnologues parlent même de rites de zombification . Les chamanes prodiguaient à leurs disciples une potion ayant la propriété de ralentir le métabolisme au point de donner l’impression d’une mort apparente. Ne dit-on pas que les bien-nommées croque-morts mordaient l’orteil des morts pour vérifier qu’il n’y avait pas erreur sur la déclaration de décès ? Dans son roman L’île magique , paru en 1929, W.B. Seabrook décrit ainsi les zombies comme des corps sans âme, simplement pourvus de vie mécanique.

Qui sont-ils ? Dérivés des légendes vaudous et autres mythes contant le retour à la vie de nos chers disparus, les zombies obéissent à des codes plus ou moins stricts. Pour les puristes, les zombies doivent obligatoirement passer par une phase post-mortem, se mouvoir lentement et de manière saccadée, et leur élocution se limite à des éructations animales.

On peut également assimiler aux zombies des morts-vivants fabriqués de toutes pièces tels que la créature de Frankenstein. Ce personnage, né de l’imagination de la romancière britannique Mary Shelley, librement inspiré du mythe de Prométhée, a, contrairement au zombie, la « connaissance du bien et du mal ». Et c'est ce don lui-même qui le mènera à sa perte…

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