Stéphane Hessel: homme engagé et polémique

Stéphane Hessel est devenu depuis la parution de son pamphlet "Indignez-vous" une personnalité de premier plan en France: rétrospective.

Stéphane Hessel est né d'une famille bourgeoise à Berlin, le 20 octobre 1917. Immigré en France en 1925, il obtient son baccalauréat à 15 ans, intègre l'Ecole normale supérieure en 1939, à l'âge de 22 ans. Passionné de phénoménologie (sciences des phénomènes, c'est-à-dire des expériences vécues), il suit les cours du philosophe Merleau-Ponty, se plonge dans la métaphysique, la philosophie d'Hegel et le moralisme de Jean-Paul Sartre.

L'engagement dans les FFL et la déportation de Stéphane Hessel

Intellectuel optimiste, il est aussi homme engagé: Stéphane Hessel rejoint le général de Gaulle à Londres et s'engage dans les Forces françaises libres (FFL). Décidé à rejoindre la Royal Air Force, il est finalement retenu comme agent de liaison. Arrêté et déporté le 8 août 1944 vers le camp de concentration de Buchenwald, il parvient à échapper à la mort en échangeant son identité avec celle d'un autre prisonnier: il devient Michel Boitel. Après plusieurs tentatives d'évasions avortées, il saute du train en direction du camp de Bergen-Belsen et retourne finalement à Paris, le 8 mai 1944.

Stéphane Hessel: la défense des droits de l’Homme

Admis au concours des Affaires étrangères en 1945, Stéphane Hessel participe à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'Homme en tant que secrétaire de la Commission des droits de l'Homme. Il est nommé ambassadeur de France en 1981 par François Mitterrand, et s'investit dans la défense des droits de l'Homme à travers le monde. Il est membre de plusieurs commissions et conseils, comme la Commission nationale consultative des droits de l'Homme et le Haut Conseil de la coopération internationale, et prend position en faveur des exclus : sans papiers (pour visionner une i ntervention de Stéphane Hessel au sujet des sans papiers), des immigrés, ou Roms.

L'engagement politique de Stéphane Hessel: un engagement pour l'Europe

Stéphane Hessel, après avoir soutenu le général de Gaulle, se tourne au début de la Ve République vers le club Jean Moulin, fondé par Daniel Cordier, ancien secrétaire du préfet et résistant. Le Club Jean Moulin défend l'héritage du CNR, et réclame notamment la nationalisation des banques et de l'énergie, et la création de la sécurité sociale (toutes les informations sur le CNR sont disponibles sur le site des archives du CNR ).Il prend ensuite sa carte au Parti socialiste en 1986 après avoir rencontré Michel Rocard. Un parti avec lequel il prend rapidement ses distances, le jugeant trop froid envers l'Europe: une branche du parti socialiste se rapproche des courants anti-Maastricht (mené notamment par Jean-Pierre Chevènemen t).

Il apporte son soutien aux listes d’Europe Ecologie aux élections européennes de juillet 2009.

Prise de position dans le conflit israélo palestinien et pamphlet Indignez-vous!

Depuis 2009, Stéphane Hessel se fait remarquer pour ses positions anti-israéliennes : il parle de « crime de guerre » voire de « crime contre l’Humanité » en évoquant l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, et soutient Salah Hamouri, un franco-palestinien emprisonné à Israël pour appartenance au Front Populaire de libération de la Palestine (FPLP) et complot d’assassinat.

Encourageant les actions de boycott et de sanctions contre Israël, il fut accusé par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme de pousser à la « discrimination », la « haine » ou la « violence » (vous pouvez retrouver les divers communiqués sur le site du BNVA ).

Le livre Pamphlet Indignez-vous ! est un vrai succès de librairie : en janvier 2011, plus de 950 000 exemplaires étaient vendus. Stéphane Hessel précise notamment sa position vis-à-vis d’Israël et de la Palestine, mais aussi ce qu’il pense du système économique actuel et du « recul » de la société. Vous pouvez écouter un interview de Stéphane Hessel sur son livre.

Les positions très engagées de Stéphane Hessel font polémique : le 12 janvier 2011 devait avoir lieu à l’ENS de la rue d’Ulm un débat autour de son livre, débat annulé par la directrice de l’établissement de recherche, Monique Canto-Sperber. Suite aux réactions hostiles qu’a entrainées cette décision, la philosophe s’explique dans une tribune du Monde du 28 janvier 2011.

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