Science santé animale: toxicité de l'alcool-xylitol (chat-chien)

L'alcool et le xylitol sont des sources de contaminants potentiellement dangereux pour l'animal domestique et peuvent causer des symptômes irréversibles.
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Les animaux domestiques comme les chats et les chiens sont sensibles à plusieurs éléments de la diète humaine quotidienne (1).

Voici le quatrième et dernier volet de cette série (voir aussi partie 1 , 2 , 3 ) présentant les pouvoirs toxiques du xylitol, un édulcorant ayant été extrait de l’écorce de bouleau, puis de l’éthanol (alcool). Pour conclure, d’autres éléments potentiellement dangereux seront présentés en rafale.

Intoxication au Xylitol

Le xylitol est un édulcorant artificiel présent dans de nombreux produits transformés, comme les bonbons et gommes à mâchés sans sucre, les dentifrices et différents produits de boulangerie.

L'ingestion de ces aliments par les chiens peut résulter en une importante crise hypoglycémique (2). Chez la plupart des espèces de mammifères, les niveaux de sucre dans le sang sont contrôlés par la libération d'insuline par le pancréas. L'ingestion de xylitol par l'humain ne cause aucun changements significatif au niveau de l’insuline ou de la glycémie (3). Toutefois, chez l’espèce canine, le xylitol est un puissant inducteur d'insuline, entraînant une diminution rapide de la glycémie (hypoglycémie) (3, 4). Cette chute soudaine du sucre sanguin résulte en une dépression d’humeur, de l’ataxie, des convulsions et un effondrement (5). Cet édulcorant artificiel peut également endommager le foie et entraîner la mort (3).

Signes cliniques de l’intoxication au Xylitol

Les signes cliniques de toxicité au xylitol peuvent se développer dans un intervalle aussi court que 30 minutes après l'ingestion et peuvent inclure un ou plusieurs symptômes: vomissements, faiblesse, ataxie, dépression, l'hypokaliémie, convulsions, coma, troubles hépatiques (6, 7). De plus, les études montrent que les chiens intoxiqués peuvent exhibés des éruptions cutanées sur l’entièreté du corps, des hémorragies gastro-intestinales, des problèmes hépatiques de modérés à sévères, de l’hyper bilirubinémie, de l’hypoglycémie, une coagulation lente et une thrombocytopénie (baisse du système immunitaire) (6).

Toxicoses à l’éthanol

Des intoxications sévères à l’éthanol (alcool) peuvent se produire à la suite d'ingestion de pommes pourries (dû à la fermentation des sucres) (8), de boissons alcoolisées (1) ou de pâtes à pain non cuites contenant de la levure à bière ( Saccharomyces cerevisiae ). Ce micro organisme qu’est la levure, métabolise les glucides en dioxyde de carbone et en éthanol (9, 10). Les chiens ne peuvent pas tolérer l'alcool, même en très petites quantités.

Mécanisme d'action de l’éthanol

De ce qui est connu, l’éthanol inhiberait les récepteurs gamma-amino butyrique (GABA) dans système nerveux central (11).

Les signes cliniques de la toxicose à l’éthanol

Les signes cliniques comprennent l'ataxie, la léthargie, la sédation, l’hypothermie, l’acidose métabolique, des vomissements, des diarrhées, une mauvaise respiration, une insuffisance hépatique, un coma, et ultimement la mort (1). De plus, le houblon retrouvé dans la bière est potentiellement toxique pour les chiens et peut causer de la dyspnée, une augmentation du rythme cardiaque, une hyperthermie, des convulsions et la mort.

Autres éléments toxiques pour les animaux domestiques

Voici une liste de constituants potentiellement toxiques qui ont été publiés scientifiquement, suivi des composantes toxiques, de l’espèce visée et les références.

  • Guarana et «ma huang»: caféine/éphédrine – chiens (12)
  • Nourriture pour chat avec vitamine D (6000 UI/100 g), vitamine D – chats (13)
  • Champignons de la famille des Amanita – amatoxines – chiens (14)
  • Analgésiques – ibuprofène/aspirine/acétaminophène – chats et chiens (15)
  • Antioxydant - acide lipoïque – chats (16)
  • Tomate/Patate

    - solanum alkaloïde – chiens (1)

  • Rhubarbe/Kaki - ? - chiens (1)
Conclusion

Plusieurs aliments que l’on retrouve dans les habitudes de consommation humaines au quotidien, peuvent s’avérer néfastes pour la santé des animaux domestiques. Les propriétaires doivent donc rester alertes et consulter un professionnel si un doute persiste ou si les conditions de santé de l’animal se détériorent (1).

1. Kovalkovicova N, Sutiakova I, Pistl J, Sutiak V. 2009. Interdiscip Toxicol 2: 169-76

2. Cope RB. 2004. Vet Hum Toxicol 46: 336-7

3. Dunayer EK. 2004. Vet Hum Toxicol 46: 87-8

4. Campbell A, Bates N. 2008. Vet Rec 162: 254

5. Thomas H, Boag A. 2008. J Small Anim Pract 49: 47-9

6. Dunayer EK, Gwaltney-Brant SM. 2006. J Am Vet Med Assoc 229: 1113-7

7. Xia Z, He Y, Yu J. 2009. J Vet Pharmacol Ther 32: 465-9

8. Kammerer M, Sachot E, Blanchot D. 2001. Vet Hum Toxicol 43: 349-50

9. Thrall MA, Freemyer FG, Hamar DW, Jones RL. 1984. J Am Vet Med Assoc 184: 1513-4

10. Means C. 2003. J Vet Emerg Crit Care 3: 39–41

11. Valentine WM. 1990. Vet Clin North Am Small Anim Pract 20: 515-23

12. Ooms TG, Khan SA, Means C. 2001. J Am Vet Med Assoc 218: 225-9

13. Morita T, Awakura T, Shimada A, Umemura T, Nagai T, Haruna A. 1995. J Vet Med Sci 57: 831-7

14. Tegzes JH, Puschner B. 2002. Vet Hum Toxicol 44: 96-9

15. Villar D, Buck WB, Gonzalez JM. 1998. Vet Hum Toxicol 40: 156-62

16. Hill AS, Werner JA, Rogers QR, O'Neill SL, Christopher MM. 2004. J Anim Physiol Anim Nutr (Berl) 88: 150-6

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