Histoire de la mode de la préhistoire au XVIIe siècle

Bien avant les riches costumes qui habillaient les élégants à Versailles, l'art de se vêtir avait déjà ses codes, ses significations et son histoire.
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D'abord conçu pour protéger du froid, le vêtement emprunte différents styles selon les époques et les personnes qu'il habille. Parallèlement, les professions et les techniques du textile se développent pour contribuer à ce phénomène que l'on appellera au XIVe siècle la "mode".

La couture apparaît dès les fourrures de l'âge paléolithique

Dans un continent en partie recouvert par les glaciers, il est primordial pour la survie des hommes préhistoriques de se préserver du froid. Les animaux chassés fournissent non seulement la viande pour les nourrir mais aussi la fourrure qui sert à les réchauffer. Ce sont les prémices de la couture puisqu'il faut traiter les peaux avec de l'huile, les couper à l'aide de silex, les coudre et les ajuster sur le corps.

Dans l'histoire des couvre-chefs, on pourrait citer en premier lieu la Dame de Brassempouy qui est l'une des premières représentations du visage humain, sculptée dans de l'ivoire de mammouth, et présentant une chevelure enfermée dans une résille ou une capuche s'il ne s'agit de tresses. Viendront ensuite les tiares de Nefertiti, les voiles, les coiffes, les bonnets, les tricornes, les canotiers, les capelines, les hauts-de-forme, les bibis, les cloches...

Le vêtement : un indicateur précieux du rang social de celui qui le porte

En Egypte ancienne, les biens-nés portent tuniques et pagnes en lin, sandales de papyrus et de cuir pour les grandes occasions. Les femmes se parent d'un long voile qui couvre les épaules. Plus ce voile s'orne de pierreries et de perles, plus le rang social de celle qui s'en coiffe est élevé.

La broderie daterait selon Pline de l'an 70 avant Jésus-Christ. "Les Phrygiens ont trouvé l'art de broder à l'aiguille avec des fils d'or et de laine ; Babylone est célèbre pour ses broderies de couleur." écrit-il dans L'histoire naturelle où il révèle le grand et peut-être inégalé luxe d'apparat des Romains. De fil en aiguille, la broderie met en beauté les hommes d'Eglise, puis les rois et les princes.

La fleuriste ou "bouquetière", une profession indispensable de la mode

Les premières fleurs artificielles ont vu le jour dans l'Antiquité où elles servaient à réaliser des couronnes, orner les chars festifs et les entrées des maisons tandis qu'en Chine, les jeunes filles en piquaient dans leur chevelure.

Toutefois, il faut attendre 1776 pour que le métier de fleuriste soit enfin reconnu et que ses professionnels soient honorés des titres "Maîtres et Maîtresses fleuristes".

Le corset était d'abord un accessoire masculin

L'aisance des tuniques amples et souples laissent place au corset - connu pour avoir longtemps étranglé les tailles féminines - dès le XIIe siècle. Il s'agit d'un sous-vêtement typiquement masculin jusqu'au XVe siècle avant que ces dames ne l'adoptent pour le lacer par-dessus leur robe. Si les médecins de Louis XV s'inquiètent des dangers de cette "armure", les femmes n'en seront délivrées qu'au XXe siècle.

C'est au XIVe siècle que l'on parle de "mode"

A l'époque, la mode masculine exigeait que l'on porte le pourpoint rembourré, recouvert d'une houppelande, souvent en fourrure. La mode féminine découvre de son côté les gorges cependant que les coiffures deviennent vertigineuses. Au XVe siècle, le hennin était si encombrant que les femmes devaient tourner la tête pour pouvoir passer les portes. Avec François Ier, la nouvelle mode vestimentaire consiste à s'habiller de soie et de velours, les casaques se portent sur des hauts-de-chausses tailladés et des pourpoints à crevés de toutes les couleurs. Les jeunes coqs s'enorgueillissent de leur virilité en bombant leurs braguettes - tout droit venues de Suisse et d'Allemagne - de mouchoirs, d'argent et de bonbons.

A la mode luxueuse succède la mode de l'austérité sous Henri II

Sous l'influence espagnole, la cour défile en costumes noirs recouverts sobrement d'une cape ainsi qu'en robes de nuance foncée qui enserrent les corps dans des vertugadins à la forme conique. Habité par cet esprit austère, Henri IV ira même jusqu'à interdire l'importation de tissus somptueux et de colifichets inutiles. La dentelle seule survit à ce régime drastique.

Et Louis XIV de remettre au goût du jour le faste de l'habillement

Les rois font la mode, et leurs traits de caractère en donnent le ton. Le Roi Soleil qui s'entoure d'or et de lumière pour briller de mille feux depuis la cour de Versailles ne pouvait que rendre à l'art vestimentaire ses lettres de noblesse et faire de la couture française un modèle pour l'Europe. Paris mène donc le bal et festoie au rythme des rubans, des plumes et des broderies.

Tandis que ces messieurs s'envolent, la perruque longue rehaussée d'un chapeau empanaché, ces dames papillonnent, le décolleté tacheté d'une mouche de soie qui change de signification selon l'endroit où elle est posée. La coiffure à l'effrontée qui découvre les oreilles permet d'entendre les propos coquins et les jupes s'ornent de falbalas. Madame de Montespan pour cacher ses grossesses lance la mode de la robe innocente ou battante qui annonce l'assouplissement de l'habit du XVIIIe siècle.

L'homme porte la culotte, la rhingrave plus précisément qui ressemble à une jupe garnie de dentelles et de rubans. De bouffante, elle se fait collante dès 1680.

Le règne de Louis XIV se termine par l'apparition de la veste que l'on appelait alors pourpoint et par la consécration du bouton qui ne fut utilisé dans l'habillement qu'au XIIe siècle, bien qu'existant depuis le IIIe millénaire avant Jésus-Christ. Objet précieux, il côtoie le raffinement de la maroquinerie qui délaisse les bourses de cuir pour les sacs en peau de reptile, de crocodile et d'autruche.

A suivre : Histoire et évolution de la mode du XVIIIe au XXe siècle.

Sources

Les métiers de la couture et de la mode par Dominique Paulvé et Marie Boyé, Hachette, 2000

L'histoire du costume

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