Liberté, pouvoir, érotisme : la chaussure vous dit tout

Elle a laissé son empreinte dans l'Histoire, elle s'enrichit de symboles et se collectionne. Anecdotes et liens utiles pour les amateurs de la chaussure.
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Objet de collection , accessoire de mode à l' histoire passionnante, la chaussure emprunte toutes les formes, tous les styles, tous les modèles selon l'usage et la signification qu'on veut lui donner. Comment se chausser peut-il devenir un acte de rébellion, un péché d'orgueil, une provocation ? Comment bottes et chaussons influencent-ils le désir masculin ? Du fétichisme à l'affranchissement de la femme par le soulier en passant par les collectionneuses célèbres, la chaussure se raconte.

Le langage des chaussures et des talons

Au fil des siècles, le soulier se dessine, typique et chargé de symboles selon les peuples. Ainsi au XIIe siècle, le bout recourbé des chaussures turques indique par sa longueur - qui parfois atteint les 75 cm - la richesse de celui qui l'arbore.

Signe ostentatoire de l'aisance matérielle de son propriétaire, la chaussure se fait aussi symbole de rébellion lorsqu'au Moyen-Age les moines franciscains, méprisant l'enrichissement de l'Eglise, s'équipent de simples sandales de bois.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les talons rouges cognent les planchers de Versailles et sont de fait l'apanage des hauts aristocrates. C'est d'ailleurs avec la frêle Catherine de Médicis que le talon tout droit venu de Florence fait son entrée sur le territoire français en 1533, à l'occasion de son mariage avec le duc d'Orléans. Porter des talons hauts est alors un signe de supériorité et toutes les dames de la cour succombent vite à la mode de surélévation du corps féminin.

D'un point de vue purement symbolique, le talon haut confère au pied une forme allongée qui évoque sa tension lors des ébats amoureux mais qui revêt en plus une dimension phallique. La femme devient ce faisant sujet autant qu'objet sexuel puisqu'elle domine le fantasme : le pouvoir n'est plus entre ses mains mais au bout de son pied.

La chaussure, icône de l'érotisme féminin

Au Ier siècle après J-C, le soulier s'aimait déjà comme la peau d'une femme à l'instar du sénateur Lucius Vitellius qui dissimulait sous sa tunique les socci - des pantoufles souples à talons plats - de sa maîtresse afin de les baiser discrètement .

Mais la chaussure a ceci de paradoxal qu'elle est un symbole érotique autant par ce qu'elle découvre que par ce qu'elle dissimule.

Bridée par le puritanisme victorien, l'Angleterre voit naître au XIXe siècle le fétichisme qui consiste à faire de la chaussure fermée, emprisonnant la cheville derrière boutons et lacets, un symbole sexuel. Une cheville qui se révélait par inadvertance sous le carcan des jupes provoquait alors un émoi semblable à la découverte de l'entre-cuisse lors des ébats amoureux. Au XXe siècle, le fétichisme évoque davantage un érotisme en lien avec le sado-masochisme, et porte sa préférence sur le cuir verni noir à l'aspect humide, les talons aiguilles vertigineux et les cuissardes lacées des cavalières.

Si l'Occident se pâme de désir devant un talon à la forme contondante, l'Orient idolâtre l'étroitesse qui évoque le sexe d'une femme. Ainsi, les souliers de lotus enfermaient-ils le pied bandé des Chinoises dès la petite enfance pour entraver sa croissance et le faire paraître le plus petit possible. Les hommes présentaient avec la plus grande fierté les chaussons de leurs femmes sur des plateaux lorsqu'ils recevaient des convives.

Quand la semelle brise les tabous

Cependant, à ces pratiques de torture et de pudibonderie, succèdent au XXe siècle la libération du pied. Dans les années 20, les suffragettes lancent la mode du talon plat qui allie l'élégance au confort puis dans les années 30 et 40, les chaussures de jour découvrent leur bout pour laisser respirer les orteils qui poussent bientôt le crime jusqu'à exhiber des ongles vernis de rouge.

La mode s'approprie en outre le fétichisme qui ne subit pas le caprice des tendances, les chevilles s'ornent dès lors de clous et de cadenas, les bottes cuissardes revêtent couleurs sombres et lacets ; même la marque traditionnelle Chanel propose à son tour une version fétichiste de son escarpin bicolore classique. A la fin du XXe siècle, la tong est la reine des chaussures estivales, une reine qui habille le pied d'un simple string.

Collectionneuses de chaussures : Marie-Antoinette, Joséphine de Beauharnais, Jayne Mansfield

Des femmes célèbres pour leurs talents de séductrice se sont de fait avérées être de redoutables collectionneuses de chaussures. On peut citer parmi elle Joséphine de Beauharnais qui possédait 521 paires de mules. Ces chaussons étaient l'accessoire typique de la femme élégante et oisive qui par leur fragilité ne pouvaient être utilisés pour la marche. En se plaignant d'une mule toute neuve déjà trouée, Joséphine reçut comme réponse de son fournisseur : "Madame, je vois le problème. Vous l'avez mise pour marcher."

La reine Marie-Antoinette avait quant à elle à sa disposition un domestique chargé exclusivement de l'entretien de ses 500 paires de chaussons, rangés suivant la date, la couleur et le modèle.

Jayne Mansfield possédait 200 paires de talons aiguilles, alors emblème de la femme de mauvais genre. Mesurant une dizaine de centimètres, ces talons qui ont fait leur apparition dans les années 50 sous l'impulsion de grands couturiers étaient interdits dans les avions et les bâtiments publics. Accusés de trouer le sol, on les rangeait dans des sacs distribués à cet effet.

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