Mariage : une institution qui fait encore rêver?

Alors que les structures familiales évoluent et qu'on le dit démodé, le mariage reste une institution fortement ancrée dans les représentations sociales.
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Selon les chiffres de l' INSEE , près de 251 500 mariages ont été célébrés en France en 2009 et 130 601 divorces ont été prononcés.

Dans les années 1960/1970, entre 300 000 et 400 000 mariages étaient officialisés chaque année. Cependant, dès la seconde moitié des années 1970, ce nombre a régulièrement diminué et depuis 1983, le cap des 300 000 mariages n'a plus été atteint. Parallèlement, le nombre de divorces n'a cessé de grimper, atteignant le "record" de 152 020 cas en 2005. Une chose est sûre : en moins d'un demi-siècle, notre conception du couple et, plus largement de la famille, a bien évolué.

Le mariage a toujours le vent en poupe

Face à ces transformations, certains restent optimistes quant à l'avenir du mariage. Alors qu'on le disait démodé, dépassé, désacralisé, le mariage continue de susciter beaucoup d'engouement auprès des femmes comme des hommes. Le mariage de Kate Middleton et du prince William a d'ailleurs été regardé par plus de deux milliards de personnes dans le monde. Qu'est-ce qui stimule alors ce fantasme?

On pourrait bien sûr soupçonner Katherine Heigl et Hugh Grant, habitués des comédies à l'eau de rose, de venir titiller notre sensibilité romantique. Il est vrai que les productions culturelles cinématographiques ou encore littéraires continuent massivement à véhiculer une certaine image du mariage.

Plus que jamais, les magazines, agences organisatrices de mariage et autres sites Internet de conseils pour ceux en manque d'inspiration pour faire leur demande ont le vent en poupe, réaffirmant le désir d'union des couples de notre génération. Ceux-ci semblent jouir, contre toute attente, d'un idéalisme romantique débordant, faisant rimer "amour" avec "toujours".

Il reste synonyme de valeurs et de symboles forts

A l'heure de l'avènement de nouvelles formes de vie conjugale (PACS, concubinage, union libre etc.) et de l'explosion du nombre de divorces, le mariage, dans sa conception la plus traditionnelle, semble connaître un véritable regain d'intérêt.

Selon le psychanalyste Jacques-Antoine Malarewicz, c'est précisément parce que les jeunes sont conscients de la fragilité du couple aujourd'hui que le mariage prend toute sa valeur puisqu'il rassure, conforte, sécurise. Paradoxalement, ce serait donc la situation anomique engendrée par le désintérêt pour le mariage qui favoriserait un retour à l'engagement suprême et à son système de valeurs (promesse de s'aimer dans la santé et la maladie, de rester fidèle etc.).

"À l’époque des amours, tous les animaux se livrent à des parades de séduction en vue de charmer le partenaire du sexe opposé et d’œuvrer à la reproduction de l’espèce. La demande en mariage serait finalement la culmination de cette parade amoureuse." affirme la psychanalyste Marie-Laure Colonna. Il faudrait donc comprendre le mariage comme une pratique sociale presque inéluctable.

Le mariage est désormais moins contraignant

Si autrefois le mariage était un engagement pour la vie pouvant être synonyme de contraintes, il fait aujourd'hui l'objet d'une démarche personnelle engagée librement. Les jeunes sont conscients que le mariage n'a plus la même portée qu'auparavant : il n'est plus perçu comme un ensemble de règles immuables et il est désormais plus facile de divorcer.

En outre, il s'est adapté à la société. Par exemple, il est possible de se marier après avoir eu des enfants, la femme est libre de garder son nom de famille et le passage par l'église n'est plus obligatoire. Ceci rend donc le mariage plus attirant dans une société qui supporte de moins en moins les contraintes.

Peut-on donc être réellement optimiste quant à l'avenir du mariage? Un élément persiste : le mariage suscite toujours autant de fantasmes dans l'imaginaire des femmes et des hommes et reste un point de repère personnel et social important. C'est certain, beaucoup sont encore prêts à dire "oui"... au mariage.

Sources

- " Demande-moi en mariage ", article de Ségolène Barbé

- " Mariage d'amour ou amour du mariage? ", article de Anne-Laure Gannac

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