Post bac : les Instituts d'Etudes Politiques

Les neufs Instituts d'Etudes Politiques que compte la France attirent chaque année de plus en plus de lycéens. Quelles sont leurs caractéristiques?

Il était une fois Sciences Po...

En 1872, Emile Boutmy fonde l'Ecole libre des sciences politiques à Paris : suite aux bouleversements que connaît la France (défaite face à l'Allemagne et fin du Second Empire, Commune de Paris etc.) il décide de renouveler en profondeur les élites françaises et de leur proposer une formation la plus large et complète possible.

Après la Seconde guerre mondiale, l'Ecole est dissoute, séparée en deux entités distinctes : la Fondation nationale des sciences politiques est privée, tandis que l'Institut d'Etudes Politiques devient la composante publique. Dans les années 1960, l'IEP devient autonome.

Depuis 1945, huit autres IEP ont vu le jour.

Pourquoi s'orienter vers un IEP?

Les IEP proposent une formation en cinq ans, généraliste les deux premières années et spécialisée les deux dernières années, permettant ainsi aux étudiants de développer leurs connaissances sur un large panel de sujets.

En effet, le premier cycle est fondé sur les domaines de l'économie, des langues, du droit, des sciences politiques et sociales et de l'histoire.

Selon les masters proposés par les IEP, les étudiants ont ensuite deux ans pour se spécialiser et s'orienter professionnellement dans un des domaines suivants : affaires publiques, affaires européennes et internationales, culture, communication, droit, économie et entreprise etc.

En outre, une année d'étude est consacrée à la mobilité internationale.

Tous ces éléments fournissent aux étudiants une solide culture générale, un très bon niveau d'analyse, une autonomie personnelle et professionnelle et une large ouverture d'esprit sur le monde. Ils peuvent également compter sur la qualité des enseignements et sur leur expérience à l'étranger pour sa valoriser sur le marché du travail.

IEP d'Aix en Provence

  • Créé en 1956.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 850.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 220.
  • Points forts : Europe méditerranéenne, monde arabo-musulman, préparation aux concours de la fonction publique, langues.
  • Point faible : domaine entreprise.
  • Cursus franco-allemand.
  • site

IEP de Bordeaux

  • Créé en 1948.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 913.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 210.
  • Points forts : international, préparation aux concours de la fonction publique, conventions avec les écoles de journalisme, recherche.
  • Points faibles : domaine banque, Asie.
  • Cursus franco-allemand, franco-espagnol, franco-italien, franco-britannique, franco-marocain, franco-portugais.
  • Programme France-Caraïbe, programme franco-colombien, programme avec Moscou.
  • site

IEP de Grenoble

  • Créé en 1948.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 835.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 130.
  • Points forts : politiques publiques, doubles diplômes avec des "sciences dures", recherche, Europe.
  • Point faible : domaine entreprise.
  • Double-diplôme avec les universités de Constance, Maastricht, Galatasaray, Buenos Aires, Turin, Canterbury.
  • site

IEP de Lille

  • Créé en 1991.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 750.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 180.
  • Points forts : Europe, grand nombre de conférences faisant appel à des intervenants extérieurs, parcours gestion des conflits.
  • Point faible : restauration des locaux.
  • Cursus franco-allemand, franco-britannique, franco-espagnol.
  • site

IEP de Lyon

  • Créé en 1948.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 600.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 300.
  • Points forts : aires culturelles, action publique, langues, communication.
  • Points faibles : filière éco-fi, relations internationales, droit privé.
  • site

IEP de Paris

  • Créé en 1945.
  • Nombre d'étudiants : 10 000.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 4 000.
  • Points forts : réputation, recherche, variété des parcours, langues.
  • Points faibles : potentiel recherche inégal d'une discipline à l'autre, coût de la vie à Paris.
  • Campus en province (Le Havre, Dijon, Menton, Nancy, Poitiers, Reims).
  • site

IEP de Rennes

  • Créé en 1991.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 040.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 90.
  • Point fort : préparation aux concours de la fonction publique.
  • Points faibles : locaux trop petits, faible diversité des spécialisations.
  • Cursus franco-allemand.
  • site

IEP de Strasbourg

  • Créé en 1945.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 100.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 180.
  • Points forts : Europe, section études financières, préparation aux concours de la fonction publique.
  • Points faibles : locaux trop petits, Asie.
  • site

IEP de Toulouse

  • Créé en 1948.
  • Nombre d'étudiants (2010) : 1 738.
  • Nombre d'étudiants étrangers : 140.
  • Points forts : risque, gender studies, études hispaniques, défense et sécurité.
  • Points faibles : cours de langue, aires culturelles.
  • site

Le concours d'entrée

Depuis 2008, six IEP organisent un concours commun qui réunit environ 10 000 candidats par an, pour un taux de réussite variant entre 9% et 11%. Il s'agit des IEP d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

Plus de la moitié des admis provient de la section ES et environ 45% des reçus sortent d'une classe prépa (bac+1). La plupart des admis ont également obtenu une mention "bien" ou "très bien" au bac. Enfin, les filles réussissent mieux que les garçons à intégrer un de ces IEP (60% en 2010).

Les IEP de Bordeaux, Grenoble et Paris conservent un concours indépendant.

Selon letudiant.fr, voici leur taux de sélection (2010) :

  • Sciences Po Paris : 11,9%
  • Sciences Po Grenoble : 12,2%
  • Sciences Po Bordeaux : 4,5%

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