Evaristo de Macedo, le joueur qui surpassait Pelé

Au coeur des années 1950, alors que le phénomène Pelé est encore vert, Evaristo guide l'équipe du Brésil et rejoint l'armada du Barça.

Il fait partie de ces immenses joueurs de football que l'Histoire aura mis de côté, car à leur époque, la télévision ne diffusait pas les matches en direct. Evaristo, grande star brésilienne des années 1950 et 1960, fut l'un des premiers Brésiliens à venir tenter sa chance en Europe, avec des trophées importants soulevés pour le FC Barcelone et le Real Madrid.

Une vedette offensive avec Flamengo

Carioca pure souche, Evaristo de Macedo obtient ses galons de footballeur professionnel dans un club de la ville, le Madureira. Son équipe côtoie les meilleures de l'état dans le championnat régional, ce qui confère un très bon apprentissage pour l'attaquant, né en juin 1933, qui y évolue de 17 à 19 ans. En avril 1953, le petit joyau débarque chez le géant local, Flamengo, qui en fait un élément incontournable de son attaque. Le 11 de ce mois, il fête sa première titularisation au Stade Maracana par un but, qui offre la victoire à son club contre Santos (3-2). Associé à Dequinha, Mario Zagallo, et au très prolifique Indio, il devient le fer de lance de l'attaque pendant plusieurs semaines avant de connaître une grosse blessure qui le met sur la touche quelques mois.

De retour en forme en début de saison suivante, il prend part à la tournée de Flamengo en Europe. Les Brésiliens disputent 12 rencontrent sur le Vieux Continent, au cours desquelles Evaristo se met en avant avec 6 réalisations. L'intégralité de ses réalisations intervient en Allemagne de l'Ouest, où les adversaires figurent parmi les meilleurs clubs locaux (Nuremberg, Hambourg ...). Hélas, ses performances ne convainquent par Zeze Moreira, le sélectionneur du Brésil, de l'emmener en Suisse pour la Coupe du Monde 1954. Ses partenaires, Indio, Rubens et Dequinha sont de la fête mais se voient éliminés en quart de finale pour les Magic Magyar de la Hongrie (4-2).

Le triplé historique avec Flamengo et un quintuplé en Copa America

Malgré sa déception, Evaristo se reconcentre sur le championnat et empoche avec les Rouge et Noir trois titres d'affilée dans le championnat régional de Rio. À l'été 1955, il profite de la venue de Benfica pour marquer l'unique but de la rencontre et taper dans l'oeil des recruteurs portugais. Les Aigles, qui viennent d'être sacrés champions de leur pays, avec Mario Coluna, sont impuissants face à l'attaquant. Peu de temps après, la récompense tant attendue arrive enfin, le Carioca honore sa première sélection officielle avec le Brésil, pour un succès face au Chili (1-0). Il joue alors avec Nilton Santos, Garrincha et Didi, les stars nationales.

Au Printemps suivant, il est encore dans la liste quand le Brésil part en Europe affronter les meilleures nations. Evaristo participe à trois rencontres, mais ne parvient toujours pas ouvrir son compteur but. La patience finit par payer lors de la Copa America 1957. Les Auriverde entament la compétition par un succès face au Chili (4-2). Huit jours plus tard, Evaristo met à terre l'Equateur avec un doublé (7-1). Dans la foulée, le stade de Lima assiste à un véritable récital. L'attaquant de Flamengo inscrit trois buts en 5 minutes face à la Colombie, avant d'en ajouter deux autres en fin de partie (9-0). À nouveau buteur contre l'Uruguay, il clôt son tournoi à la deuxième place des joueurs les plus efficaces (8 buts). Peu de temps après, il quitte le Brésil pour l'Espagne, où il signe au Barça.

Star en Catalogne, mais éloigné du sacre mondial

De part l'éloignement géographique avec son pays, ce transfert signifie la fin de sa carrière en équipe nationale, mais le début d'une nouvelle vie. À Barcelone, Evaristo arrive dans un effectif cosmopolite, où il va évoluer notamment avec Luis Suarez, le futur Ballon d'or. Mais aussi les Hongrois Zoltan Czibor, Lazslo Kubala et Sandor Kocsis, le tout sous les ordres d'Helenio Herrera. Dès sa première saison, il inscrit 13 buts en 24 rencontres. La suivante, Evaristo part sur les chapeaux de roue, signant au passage un hat-trick au Camp Nou face au Real Madrid lors de la 7e journée (4-0), alors même que le Barça termine à 10 contre 11. Parfaitement lancés, les Catalans sont sacrés champions d'Espagne, et le Brésilien marque 21 buts, talonnant Alfredo Di Stefano (23 réalisations).

Au cours de l'exercice 1959-1960, le Barça conserve sa couronne, en devançant une nouvelle fois le Real Madrid. Au service du Paraguayen Eulogio Martinez (24 buts), Evaristo est un peu moins efficace devant le but (13 réalisations). Au niveau européen, c'est également le doublé, avec une seconde Coupe des Villes de Foire. Suite au succès de la finale 1958 contre Londres (2-2, 6-0), avec un doublé d'Evaristo, Barcelone fait chuter Birmingham (0-0, 4-1). L'ancien joueur de Flamengo devient le spécialiste maison de cette épreuve, avec 17 buts en 21 rencontres, pour trois finales jouées.

Echec en finale de la Coupe des Clubs Champions

Dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs au monde, la star brésilienne s'épanouit également. Pour sa première participation en 1959-60, il inscrit 4 buts, mais son équipe est stoppée en demi-finale par le Real Madrid (1-3,1-3). Dans la campagne suivante, il évince Lierse au premier tour (2-0, 3-0), avec un doublé au match retour. En 8e de finale, le Barça retrouve son ennemi juré. Après un nul à l'aller (2-2), le Real vient chuter au Camp Nou avec un but d'Evaristo en fin de partie (2-1). Le Brésilien marque face à Kralove (4-0,1-1), puis est décisif contre les Allemands d'Hambourg (1-0,1-2). Dans le match d'appui, disputé au Stade du Heysel, c'est encore Evaristo qui fait la différence et envoie son équipe en finale (1-0). Après une belle lutte, c'est Benfica qui l'emporte à Berne le 31 mai 1961 (3-2).

Transféré chez l'ennemi à l'été 1962, il n'y trouve pas le même rayonnement. Sur le déclin physiquement et face à la rude concurrence offensive chez les Merengues, Evaristo joue peu. Mais avec 1 buts en 2 rencontres de C1, il guide son équipe, qui échouera en finale le 27 mai 1964, face à l'Inter Milan (3-1). Au Real Madrid, il remportera tout de même deux championnats supplémentaires. Son bilan en Espagne est donc de 4 Ligas (59 ,60, 63, 64), une Coupe du Roi (59), deux finales de C1 (61, 64), trois en C3 (58, 60, 61). En championnat, il présente un total de 82 buts en 131 rencontres, pour 24 réalisations en 34 matchs de Coupe d'Europe. Passioné par son métier, il sera ensuite entraîneur pendant plusieurs décennies, avec notamment un titre de champion au Brésil et une Coupe du monde disputée à la tête de l'Irak en 1986.

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