Les trois prochains jours : un très bon Russell Crowe

Le film sorti le 8 décembre dans les salles a été bien accueilli par le public. Dynamique, intense et émouvant, ce remake est une bonne réussite.

Paul Haggis aime toucher aux sujets sensibles dans son travail. Scénariste de plusieurs des chefs d'œuvre de Clint Eastwood ( Lettres d'Iwo Jima, Mémoires de nos pères, Million Dollar Baby ), il est également un réalisateur dans la même trempe. Metteur en scène du très bon "Collision" , le Canadien a ensuite dénoncé la guerre en Irak avec "Dans la vallée d'Elah" . Pour "Les trois prochains jours ", il arrive encore à faire passer le spectateur par divers sentiments.

Un casting à la hauteur de l'histoire

Ce long-métrage est le remake du film français " Pour elle ", où Vincent Lindon se bat pour sa femme, Diane Kruger. Paul Haggis a choisi Russell Crowe pour incarner les sentiments de tristesse et de révolte du personnage, M.Brennan, qui voit sa femme arrêtée à leur domicile, devant leur jeune fils, Luke. Condamnée à 20 ans de réclusion, elle va déchirer le quotidien de son mari, professeur d'université, et de son fils, totalement refermé sur lui-même. Près à tous les sacrifices afin de réunir les siens, le héros met sur pied un plan pour la faire sortir de prison.

Le combat mené par John Brennan s'illustre merveilleusement sur le visage et dans les mouvements de Russell Crowe. Aussi crédible en enseignant tranquille, à l'image de sa performance dans " Un homme d'exception ", que dans la colère ( De l'ombre à la lumière, Gladiator ), il porte vers le haut le scénario initial de Fred Cayavé. Elizabeth Banks est elle aussi à la hauteur dans ce long-métrage, tout comme le petit Ty Simpkins, âgé de seulement 9 ans. L'apparition de Liam Neeson est plaisante, même s'il ne reste pas longtemps. Enfin, Olivia Wilde, alias numéro 13 dans Docteur House, est également à l'écran.

La durée du film (2h13) passe assez vite puisque l'action se met en place de manière naturelle et se déroule sur un bon rythme. Pendant l'histoire, la violence du quotidien dans lequel est plongé le personnage se mêle avec sa finesse, grâce à laquelle il parvient à déjouer les évènements.

Une ouverture vers son prochain projet

Contrairement aux Haïtiens présentés comme les dealers au tout début du film "Takers" , Paul Haggis fait un clin d'œil amical à l'île dévastée par le tremblement de terre. Réalisateur du nouveau clip, We Are The World 25 for Haïti, il glisse une petite référence à ce pays à la fin de son œuvre.

Un film réussit, avec des bons acteurs qui jouent juste, un bel hommage à la première version de Fred Cayavé, bien adapté, sans tomber dans les excès des remake made in USA. Paul Haggis reste sur sa ligne de conduite, il voit juste.

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