Loic Remy, que vaut vraiment l'attaquant de l'OM ?

Auteur d'un but très chanceux lors de la victoire à Moscou (3-0), l'international français prend ses marques petit à petit au sein du club phocéen.

Homme du match contre le Spartak Moscou au Stade Luzhniki, Loic Remy a permis à l'Olympique de Marseille de passer la phase de poule pour la première fois depuis la saison 1999-2000.

Un maximum de réussite

Placé côté droit malgré l'absence de Gignac, Loic Remy profite de ce positionnement pour faire valoir sa vitesse sur son aile. Actif au pressing dans le premier quart d'heure, il est ensuite servi sur la droite, centre une première fois, se fait contrer, mais ajuste un nouveau centre, très haut, repris par Gabriel Heinze au 2e poteau. Valbuena hérite du ballon, se retourne et ouvre le score d'un tir enroulé (1-0, 18e). En seconde période, l'OM est chahuté par la formation moscovite. Sur une touche côté gauche, l'ailier se rapproche de l'axe, Brandao le sert à 20 mètres, il tente un volée pied gauche qu'il dévisse totalement. Mais en réussite, il voit le ballon prendre de l'effet, tourner autour du défenseur, il continue alors son avancée, et frappe du pied droit. La ballon heurte le montant gauche, rebondit sur le montant droit, et entre dans le but (2-0, 54e). L'OM s'impose au final 3-0 sur la pelouse synthétique russe, et passe donc devant l'équipe entrainée par Valery Karpin, pour 3 longueurs.

Mais ayant remporté la confrontation directe (0-1,3-0), le club phocéen est donc, avant de recevoir Chelsea, assuré de terminer 2e de son groupe et donc d'accéder au 8e de finale de la compétition. C'est la première fois, dans la formule actuelle (Poule + 8e) que Marseille passe le premier obstacle. En effet, lors de la saison 1999-2000, les hommes de Rolland Courbis étaient arrivés dans la 2e phase de poule, mais ne l'avaient pas franchis (dernier derrière la Lazio Rome, Feyenoord et Chelsea). Loïc Rémy, bien aidé par le tirage au sort clément cette saison, est donc l'une des premières recrues qui permet à l'OM de franchir un cap au niveau européen depuis 1993. L'histoire retiendra donc qu'il a fait ce que Ravanelli, Drogba ou Niang, pourtant plus populaires que lui, n'ont pas réussi

Un début de saison mitigé

Arrivé à quelques jours de la fin du mercato estival, le Niçois a été transféré pour 15 millions d'euros depuis son ancien club. Provoquant tout d'abord un incident diplomatique, en raison de l'alerte cardiaque des médecins de l'OM, le transfert s'est finalement conclu. Il débute sous le maillot olympien lors de la 4e journée, en déplacement à Bordeaux. L'OM n'y ayant plus gagné depuis 1977, l'exploit est donc passé très près avec un nul (1-1), égalisation bordelaise à la 88e minute. Ce soir-la, la nouvelle recrue est en jambes, très active dans son couloir droit, et semble lancée sur une bonne voie. Mais appelé chez les Bleus dans la foulée, Remy se blesse après 34 minutes de jeu face à la Biélorussie (0-1).

Il rate alors deux matchs de Ligue 1, et la réception du Spartak Moscou au Stade Vélodrome, soldé par une défaite (1-0). Didier Deschamps le relance en cours de match face à Sochaux pour la 7e journée de Ligue 1. Pour son premier ballon, il dévie de la tête une longue touche d'Azpilicueta, Lucho marque derrière (2-1). Puis, 3 jours plus tard, il semble complètement dépassé physiquement sur la pelouse de Chelsea (0-2), l'OM ne fait guère illusion dans ce match, 2e défaite en Ligue des Champions.

Des buts importants

Deschamps l'utilise 30 minutes à Saint-Etienne (1-1), pour le garder dans le rythme, sans le griller. Mais malgré les pépins physiques, Laurent Blanc le convoque encore en Equipe de France. Rémy entre à l'heure de jeu (il remplace Valbuena) au Stade de France contre la Roumanie, c'est lui qui ouvre le score à la 83e minute. Les Bleus s'imposent (2-0). Trois jours plus tard, il rentre 15 minutes face au Luxembourg (2-0). Confiant à son retour à Marseille, il marque à nouveau devant Nancy (1-0), un but certainement entaché d'une faute sur Gregorini.

Fatigué après ce match, il n'est que Joker face à Zilina (1-0) trois jours plus tard. Didier Deschamps l'avait en effet gardé dans sa manche pour le déplacement crucial à Lille. Dominé en première période, les Marseillais se réveillent à la pause. Montée d'un cran en intensité, la rencontre devient plus "européenne". Valbuena sert Remy qui ajuste une frappe puissante au premier poteau, dans la lucarne de Landreau. Sur corner, il clôt le score de la tête en fin de rencontre, victoire (3-1) de son équipe. L'OM confirme son retour en forme à Zilina, avec un carton (7-0), dont un but de Rémy, très bien trouvé par Cheyrou dans le dos de la défense.

Plus discret quand le niveau s'élève

A l'image de son match à Chelsea, Loïc Rémy est totalement transparent pour le déplacement au Parc des Princes (1-2). Timide à droite, il reste hésitant dans ses appels de balle. Il ne passe aucun dribble et ne fait pas preuve de la grinta nécessaire dans ce genre de match. Il peine toujours a enchainé des performances. Tantôt remplaçant en Coupe de la Ligue contre Monaco (2-1), il sort ensuite après l'heure de jeu face à Lens (1-1). Il ne tire pas non plus son épingle du jeu à Toulouse, malgré la victoire (1-0) de l'OM.

Vrai numéro 9 ou juste ailier rapide ?

Recruté en même temps qu'André-Pierre Gignac, Loïc Rémy possède un style de jeu différent de son coéquipier. Plus léger, mais surtout beaucoup plus rapide sur les premiers mètres, il est donc plus en adéquation avec le rôle de joueur de couloir. Il est très souvent comparé à Thierry Henry, possédant des caractéristiques proches. Mais serait-il aussi efficace en pointe que son prédecesseur ? En France, il a été utilisé en pointe à Nice, pour des ratios de 11 et 14 buts lors des deux dernières saisons. A l'aise dans un système où son équipe a de l'espace, il vient à l'OM dans une équipe qui doit faire le jeu, donc il est privé de cet espace dans le dos des défense. Comme un félin en cage, difficile pour lui d'avoir les même stats qu'à Nice.

Dans l'axe, il ne semble pas avoir la puissance, ni la facilité technique pour peser suffisamment sur une défense dans un travail dos au jeu. Deschamps a besoin de la puissance de Gignac ou Brandao au centre, car il sait que le bloc adverse joue bas. Ainsi, son attaquant central est plus un perce-muraille qu'un coureur de 100 mètres.

Un placement pour le bien de l'équipe, pas pour ses stats

L'OM basant son système sur la présence de Lucho au coeur du jeu, Didier Deschamps ne peut changer son 4-3-3. Il ne peut donc aligner Gignac et Rémy dans l'axe ensemble. Ainsi, pour le bien de Marseille, il fait valoir sa vitesse côté droit. Comme Baky Koné avant lui, ses stats sont en baisse malgré un travail plus intense qu'à Nice. Un rôle plus ingrat, mais indispensable à Marseille cette saison avec le départ de Niang.

Il reste maintenant à voir quelle trajectoire Loïc Rémy voudra poursuive. Soit il choisi celle de Thierry Henry, en partant vers l'Angleterre pour bénéficier de plus d'espaces et devenir un vrai numéro 9, qui marque beaucoup de buts. Soit il reste en France, construit l'avenir de l'OM, en se "sacrifiant" côté droit, comme l'avait fait Sydney Govou à Lyon (7 fois champion de France).

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