Omar Sivori, première grande star de la Juventus

Vedette de la Juve dans les années 1960, Omar Sivori a été l'une des figures marquantes dans l'histoire du club turinois.
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Né à Buenos Aires en 1935, Omar Sivori a été formé dans le prestigieux club de River Plate, en Argentine, avant de venir faire rêver les supporters de la Juventus Turin et du Napoli. A cette époque, le petit génie était l'égal de ce qu'a été Maradona 20 ans plus tard.

Star de la sélection argentine

Titulaire dès la saison 1954 avec River Plate, il signe des débuts prometteurs dans la première division nationale. Il devient l'année suivante champion d'Argentine avec des coéquipiers de renom comme Felix Loustau, Angel Labruna ou Santiago Vernazza. Au début de l'année 1956, il est retenu par le sélectionneur national, en compagnie de 3 coéquipiers, pour disputer la Copa America. Dès le premier match, il ouvre son compteur but face au Pérou (2-1). L'Albiceleste remporte trois matchs sur cinq et termine 3e du tournoi joué en Uruguay. Un an plus tard, c'est le Pérou qui accueille la compétition. Sivori joue sa première partie contre l'Equateur (3-0), puis enchaine face à l'Uruguay (4-0), avant d'inscrire un but au Chili (6-2). Le 3 avril 1957, le choc du tournoi oppose l'Argentine au Brésil. Face à l'ossature de l'équipe championne du Monde un an plus tard, les Argentins sont excellents. Sous l'impulsion de son meneur de jeu, l'équipe gagne (3-0) et remporte la Copa America 1957, Sivori est élu meilleur joueur.

Champion 1955 et 1956 dans son pays, puis du continent sud-américain en 1957, Omar Sivori est alors l'objet de toutes les convoitises en Europe. Tout comme d'autres stars de son équipe, il prend la direction de l'Italie dès l'été 1957, ce qui le rend indisponible pour son équipe nationale à la Coupe du Monde 1958. Mais il devient alors la grande star de la Juventus.

Ballon d'or 1961

Chez la Vieille Dame, il rejoint un effectif composé de joueurs expérimentés, capables de mettre le trio d'attaque dans de bonnes conditions. Avec Giampiero Boniperti et le Gallois John Charles, Sivori devient la terreur des défenses italiennes. Dès sa première saison, la Juve est championne d'Italie. Omar signe 22 buts, fait marquer énormément John Charles qui termine meilleur du Calcio (28 buts). Les Turinois remportent à nouveau le titre en 1960, avec la meilleure attaque du pays. Sivori obtient son premier trophée de Capo Canoniere grâce à ses 28 réalisations. La saison suivante, les Bianconeri conservent leur bien avec 25 nouveaux buts de leur maître à jouer argentin. Pour l'ensemble de son oeuvre, il reçoit le Ballon d'or 1961 en fin d'année.

La saison 1961-62 est plus compliquée pour lui, cible privilégiée des rugueux défenseurs adverses, il prend beaucoup de coups et se blesse assez souvent. Malgré tout, il reste un joueur majeur de son équipe et figure sur la liste de la sélection italienne qui s'envole pour la Coupe du Monde au Chili. Numéro 10 dans le dos, il ne joue que deux matchs avant que la Squadra Azzurra ne soit éliminée du tournoi. Les saisons qui suivent marquent le début du Catenaccio, version bien plus défensive de la Serie A, dans laquelle le fantasque dribbleur venu d'Argentine peine à s'exprimer.

Fin de carrière à Naples

A l'été 1965, alors qu'il a 30 ans, le meneur de jeu est transféré dans un club plein d'ambitions, Naples. Entouré de plusieurs joueurs de talent, comme les Brésiliens Canè et Altafini, il participe activement lors des premiers mois au départ canon de son club, qui termine 3e du Calcio. De plus en plus souvent forfait en raison de son physique usé par 15 années dans le monde professionnel, il met un terme à sa carrière en 1969. A son actif, 146 buts en 278 matchs de Serie A. Vainqueur de la Copa America, de trois Championnats d'Italie, deux Championnats d'Argentine, et un Ballon d'or, il restera à jamais parmi les géants de la planète foot.

Gabarit moyen (1.71) pour l'époque, cet excellent manieur de ballon positionné en numéro 10 ou en attaquant était doté d'un énorme sens du dribble. Quinze ans avant la venue de Diego Maradona à Naples, à une époque beaucoup plus médiatique, le joueur donnait déjà du rêve aux Tifosi. L'élégant gaucher nous a quitté durant l'année 2005, en laissant une trace indélébile.

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