RED, nouveau Blockbuster estampillé Bruce Willis

Point de vue sur le film RED, sorti le 17 novembre, avec plusieurs stars hollywoodiennes qui font (devaient faire) preuve d'auto_dérision.
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Quatre portraits en grande taille à l'entrée au -dessus des affiches du cinéma depuis bientôt un mois, comment ne pas être au courant que Bruce Willis sortait un nouveau film en ce mois de novembre ? Difficile de passer au travers de l'habituel sur-abattage promotionnel des vedettes US.

Je m'assois donc sur mon fauteuil rouge, constate que la salle se remplis quasiment en totalité pour le début de la séance. RED, de Robert Schwentke a déjà réussi son coup, faire venir le public dans la salle obscure. Les quatre têtes d'affiche, Helen Mirren, Morgan Freeman, John Malkovich, et bien sur l'incontournable Bruce Willis prêtent en effet leur visage à cette comédie sur les ex agents de la CIA ayant des fourmis dans les jambes. Une fois de long épisode des annonces publicitaires passé, le long métrage commence.

Du neuf avec du (des) vieux

Le portrait rapide de nos petits vieux, RED (Retraités Extrêmement Dangereux) commence par une note sympathique. Bruce Willis se réveille seul dans son lit, à six heures pile, sans que le réveil sonne (trop fort le mec). Puis entame sa longue journée dans sa grande maison désespérément vide. En peignoir, le jeune retraité décide alors d'appeler la gentille tele-opératrice du service des paiements de pension de retraite, incarnée par Mary-Louise Parker (Mme Weeds pour les fans de la série). La jeune femme est évidemment sous le charme du retraité, qui même au bout du fil fait jouer son charme (il est vraiment trop fort).

Les méchants arrivent, ça, il aime vraiment pas !

première scène culte : Mais notre Retraité se trouve être un ancien agent de la CIA (c'était le meilleur évidemment !). Ainsi, quand un commando déboule autour de sa maison, composé d'une dizaine d'hommes cagoulés, armés de fusils à lunette infrarouge, celui-ci ne sourcille pas. Caché derrière un bout de mur, il assomme les premiers assaillants, avant de sortir une masse et de fracasser son lino. Il résiste ensuite aux rafales de tirs qui ruinent sa petite baraque en bois (au milieu d'une banlieue tranquille, sans que ça dérange qui que ce soit d'ailleurs). Il termine par pour droit dans ses bottes avec son petit bonnet de laine sur le crane (oui, notre héros est prévoyant) et tuer les derniers méchants.

deuxième scène culte : La bagarre avec le jeune loup de la CIA, dont la mission est de le tuer. Assommé par plusieurs coups bien portés de son adversaire, Bruce Willis, alias Franck Moses, se fait entre autres aplatir par une armoire métallique pleine, avant de se relever, de casser le bras du jeune méchant et de partir, non sans s'autoriser une sortie excessive. Le bougre passe en effet par la vitre, d'une épaisseur approximative de 3 cm, il saute, pied en avant, et passe à travers sans égratignure. Un passage digne des best-of de Chuck Norris.

Notre héros parle évidemment plusieurs langues étrangères, comme le Russe et le Chinois. On l'apprend lorsqu'il se rend dans une bibliothèque vêtu d'un saillant manteau verdâtre. On imagine aisément Thérèse (Le Père Noël est une ordure) s'en parer pour aller récolter des fonds en faveur de sa paroisse.

Encore une balle dans le bras décidément

Scène récurrente dans les films d'actions américains, le héros se fait tirer dessus une centaine de fois, mais n'est touché qu'à une seule reprise (rapide le vieux). Cette balle, dont l'auteur doit vraiment être fier, vient se loger dans son bras (même pas mal). C'est la partie la plus petite du corps qui est touché, mais aussi la moins douloureuse (ba oui, sinon il est mort et le film fini)

Bref, un acteur vieillissant, dont le visage, hormis une agaçante crispation du front et un léger rictus à droite de sa bouche, n'exprime toujours aucun sentiment. Mais surtout le seul, au milieu de cette comédie a se prendre vraiment au sérieux (tout comme Stallone dans Expendables).

Un casting pourtant agréable

Morgan Freeman, pourtant est fort sympathique dans ce film. Souriant à souhait, il déjoue la vigilance des jeunes de la CIA, mais étrangement, fort étrangement même, l'ex-Nelson Mandela ne va pas au bout du film. Et oui, il se sacrifie pour que Bruce aille sauver sa belle. Une fois de plus, le seul acteur noir du film n'est pas sur le tableau final ! A la fin de sa prestation, il se déguise étrangement en militaire venu acheter des armes. Le costume est comme Bruce Willis, il en fait des tonnes, un Lion Sri Lankais sur les épaulettes, un drapeau du Nigéria en broche et .... un accent russe en prime. Que penser de ce mélange ?

John Malkovich fait rire le spectateur pendant que Bruce Willis fait le héros. Il incarne un ancien collègue de la CIA, complétement déjanté, et se prend à merveille dans ce rôle. La note d'humour indispensable au bon déroulé du long métrage, sans qui jamais il n'aurait pu prétendre à être classé dans la case Comédie.

Helen Mirren est à cheval entre la gentille retraité et la tueuse sanguinaire de la CIA. Elle joue bien ce rôle qui forcément fera sourire ceux qui l'ont vu en Reine Elizabeth dans Queen.

Pendant l'heure cinquante et une que dure ce film, on ressent plusieurs choses. D'abord, le fait de voir ses grandes stars incarner des "petits vieux" revêt un aspect sympathique, puis, chacun d'eux joue une partie de la partition. Helen Mirren en femme fatale, qui joue de la mitraillette, John Malkovich, le fou furieux que l'on prend en affection, Morgan Freeman, celui qui se sacrifie. Reste le rôle principale pour Bruce Willis, usant à force de tout réussir sans sourciller. Bref, une comédie agréable, si l'on supporte d'outrepasser l'aspect mentionné ci-avant....

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