Valentin Ivanov, ancienne star de l'URSS, n'est plus (1934-2011)

Suite de la carrière de la star russe, avec ses deux Coupes du Monde et son sacre lors du championnat d'Europe 1960.

2e partie de l'article sur Valentin Ivanov

Auréolé d'un titre de champion olympique, les Soviétiques sont bien décidés à montrer au monde qu'ils sont capables de perdurer au sommet de la hiérarchie du football. En éliminatoire de la Coupe du Monde 1958, la Finlande et la Pologne en font les frais. Les Finlandais encaissent même un sévère 10-0 sur leur pelouse août 1957. Voila donc la bande à Ivanov et Yachine en route pour la Suède, où le Mondial 1958 doit de dérouler.

Le Brésil de Pelé dès le premier tour en 58

Privé de son compère, Eduard Strelstov, enfermé par le régime pour un comportement inadapté à l'image qu'il veut véhiculé, l'URSS est moins solide. Néanmoins, malgré un tirage au sort qui réserve trois gros adversaires aux Soviétiques, le parcours est honorifique. Dès la première rencontre, l'équipe au maillot rouge, short blanc, démontre ce dont elle est capable contre l'Angleterre. Malgré un avantage au score de deux buts, les partenaires de Lev Yachine sont remontés en fin de match (2-2). Trois jours plus tard, ils se reprennent avec un succès face à l'Autriche (2-0), grâce à un second but signé Valentin Ivanov.

Dans le match phare de ce groupe, Ivanov malmène l'arrière-garde du Brésil sur les rares actions de son équipe. Le meneur de jeu ne parvient cependant pas à faire chuter le futur champion du monde (0-2). A égalité parfaite avec les Anglais, les hommes de Gavril Kachalin doivent remettre le couvert deux jours après cette rencontre, pour un match d'appui, soldé par un nouveau succès sur les Britanniques (1-0). Après seulement 48 heures de repos, revoilà l'équipe au maillot floqué CCCP en piste face au pays hôte, la Suède, qui a mis au repos ses stars lors de son 3e match de poule. Les Suédois battent donc logiquement leurs adversaires (2-0) dans cette rencontre.

Le sacre au Parc des Princes

Deux ans plus tard, l'URSS avance vers le tournoi final du tout premier Euro de football. Ce championnat d'Europe est donc inauguré en France avec les 4 meilleures formations du Vieux Continent. En demi-finale, l'Union Soviétique est bien plus forte que la Tchécoslovaquie, emmenée par Josef Masopust (Ballon d'or 1962). Placé au coeur de l'attaque, Valentin Ivanov fait plier ses adversaires par deux fois, ouvrant les portes de la finale à son pays (3-0). La Stade Vélodrome de Marseille est alors sous le charme de ce meneur jeu gaucher, élégant et efficace.

Le Parc des Princes accueille l'URSS et la Yougoslavie pour la première finale de l'Euro dans l'histoire. Menés à la pause par les Yougoslaves, les partenaires d'Ivanov reprennent alors le jeu à leur compte en deuxième mi-temps. Rapidement, une frappe repoussée de Bubukin était reprise par Metreveli (1-1, 49e). En prolongations, c'est Ponedelnik qui inscrivait de la tête de 2e but des Soviétiques (2-1, 113e), logiquement sacrés dans cette rencontre. A 25 ans, Valentin Ivanov soulevait donc déjà son 2e grand trophée. En fin d'année, la vedette du Torpedo Moscou remportait également le doublé coupe-championnat en URSS.

Meilleur buteur de la Coupe du Monde au Chili

En 1962, le rendez-vous des meilleurs joueurs de la planète se fait en Amérique du Sud. Sur les terres chiliennes, le sort n'a une nouvelle fois pas épargné l'équipe d'URSS, qui retrouve son adversaire de la finale, en poule, pour sa première sortie. Mais encore une fois, les champions Olympiques et d'Europe sont au-dessus. Ivanov ouvre le score, et son équipe remporte ce choc contre la Yougoslavie (2-0). Le joueur du Torpedo semble marcher sur l'eau, trois jours après, il signe un doublé en début match contre la Colombie (4-4). Puis, lors du 3e match, c'est son but en toute fin de partie qui offre la victoire aux siens contre l'Uruguay (2-1).

Mais une nouvelle fois, l'URSS tombe sur meilleure qu'elle en quart de finale, avec le pays organisateur, le Chili, qui vient à bout de ses espoirs mondiaux (2-1). Mais avec 4 buts à son actif en autant de rencontres, Valentin Ivanov termine en tête du classement des buteurs de cette Coupe du Monde, à égalité avec Garrincha, Vava, Leonel Sanchez, Drazen Jerkovic et Florian Albert. Un chiffre qui semble relativement modeste, mais qui a permis à ces 6 joueurs de rentrer à tout jamais dans la légende du Mondial.

Une nouvelle finale et une place au Club Gregory Fedotov

A nouveau finaliste du championnat d'Europe, Ivanov porte haut les couleurs de l'URSS en 1964. Mais pour la 3e fois, son équipe chute face au pays organisateur, l'Espagne. En finale, devant le bouillant public du Stade Bernabeu, la Roja s'impose (2-1). Le dernier grand tournoi du joueur moscovite s'achève donc sur des nouveaux regrets. Un an plus tard, il seront lavés par un nouveau succès dans le championnat national avec le Torpedo Moscou.

Le bilan de Valentin Ivanov est de 166 buts toutes compétitions confondues dans sa carrière, dont 124 en championnat avec le Torpedo. Un total qui lui permet de figurer parmi les membres du Club Gregory Fedotov, qui regroupe l'ensemble des joueurs à plus de 100 buts en Russie. Il occupe toujours aujourd'hui la 7e place des membres les plus prolifiques. Avec 26 buts en 59 sélections, il demeure le 3e joueur le plus efficace de l'histoire de l'URSS.

Sources:

Interview du joueur réalisée en Russie

Lire aussi:

Evaristo de Macedo, l'homme qui suprassait Pelé

Omar Sivori, première grande star de la Juventus

Gunnar Nordahl, le héros de San Siro

Sur le même sujet