Adolf Hitler et la Première Guerre mondiale

Caporal durant la Première Guerre mondiale, Adolf Hitler est un soldat volontaire et engagé. La défaite de l'Allemagne sera pour lui une grande humiliation.
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Avant de devenir le tristement célèbre dictateur allemand, responsable de la mort de millions de Juifs entre 1939 et 1945, Adolf Hitler a servi comme estafette pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale. Une guerre «à l'origine de [son] engagement politique», écrira-t-il dans Mein Kampf .

Coiffé d'une moustache à la Keiser comme de nombreux Allemands, le jeune artiste peintre a 25 ans lorsqu'il apprend «avec joie» le déclenchement de la Grande Guerre.

Adolf Hitler, soldat volontaire et patriotique

Enthousiasmé par l'entrée en guerre de l'Allemagne en 1914, celui qui très tôt «éprouvai l'ardent amour de la patrie» s'engage comme volontaire. Il rejoint alors le 16e régiment d'infanterie bavarois en tant qu'estafette – il est chargé de transmettre les dépêches entre officiers – et combat l'ennemi anglais pour la première fois le 25 octobre 1914, lors de la bataille de Beselare, près d’Ypres (Belgique).

Si, jusqu'alors, les biographies du jeune caporal le disent «apprécié de ses pairs et ses supérieurs», une étude menée par le Dr Thomas Werber révèle que «servile et soumis à ses supérieurs hiérarchiques, il ne recevra [au contraire] pas l'unanimité des anciens combattants».

Adolf Hitler blessé à la cuisse lors de la bataille de la Somme

À la fin du mois de septembre 1916, sa division part pour la bataille de la Somme . «Plutôt un enfer qu'une bataille», écrira-t-il dans Mein Kampf . Il est blessé à la cuisse le 7 octobre et rentre se faire soigner à l'hôpital de Beelitz, près de Berlin. Lorsqu'enfin, il retrouve l'usage de ses jambes, il est affecté au bataillon de dépôt de Munich. Déjà, son antisémitisme s'y dessine: «Les bureaux étaient bondés de Juifs. Presque tous les secrétaires étaient Juifs, et tout Juif, secrétaire. (...) Je ne pouvais faire autrement que de comparer leur nombre à celui des rares représentants sur le front».

Adolf Hitler, victime du gaz à moutarde

Mars 1917. Après son affectation à Munich, il revient sur le front des Flandres où il reprend du service en tant qu'estafette. Dans la nuit du 13 au 14 octobre 1918, sur une colline du sud de Wervicq, à proximité de Lille, son unité subit un bombardement britannique au gaz moutarde. Touché aux yeux, il est évacué vers l'hôpital de Pasewalk, en Poméranie. Lorsqu'un mois plus tard il recouvre la vue, la guerre est terminée, et l'armistice signé.

La capitulation allemande, un anéantissement et une humiliation pour Hitler

Le caporal Hitler, décoré de la Croix de fer, est anéanti par ce que lui apprend le pasteur de l'hôpital: l'Allemagne a capitulé. «Dans ces nuits naquit en moi la haine, la haine contre les auteurs de cet événement», confie-t-il. Pour le futur maître du Troisième Reich, si l'Allemagne a été vaincue, ce n'est que par la faute de «la trahison de l'intérieur par les Juifs».

Signé le 28 juin 1919, le Traité de Versailles sera pour Hitler la «goutte de trop», sa plus profonde humiliation. Une humiliation qui ne sera pas étrangère à la naissance de la Seconde Guerre mondiale, vingt ans plus tard.

Bibliographie :

  • André Calmettes, Mon Combat (trad. de Mein Kampf d'Adolf Hitler, 1925).
  • Paul Simelon, Hitler, comprendre une exception historique (2004), L'Harmattan.

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