Hausse moyenne de 2% attendue sur le prix des produits en France

Les produits alimentaires et non alimentaires vont connaître une augmentation au cours de l'année 2011. En cause, la hausse des prix des matières premières.

Après la hausse vertigineuse des tarifs du gaz, puis de l'essence, et celle annoncée des tarifs d'Électricité de France pour cet été, les Français vont devoir resserrer leur ceinture d'un cran supplémentaire. En effet, Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution (FCD), a confié au Figaro ce mercredi 23 mars que les prix des produits alimentaires et non alimentaires devraient, eux aussi, augmenter au cours de cette année 2011 – et ce de l'ordre de 2% en moyenne. Début mars 2011, c'était le patron des centres Leclerc, Michel-Édouard Leclerc, qui anticipait une hausse globale des prix , de l'ordre de 3 à 3,5%.

Une augmentation moyenne de 2%, jusqu'à 20% pour certains produits

Si l'augmentation globale des prix « sera modérée, de l'ordre de 2% » comme l'affirme Jacques Creyssel – « certainement un peu supérieure » selon une porte-parole de la même fédération – certains produits seront néanmoins sujets à des hausses plus conséquentes. Notamment la farine dont le prix devrait progresser de 15 à 20%, le café de 10 à 20%, les pâtes de 5 à 10%, ou encore le beurre de 4 à 8% – pour ne détailler que ceux-là parmi d'autres comme l'huile, le fromage, le pain et les biscuits.

Une inflation qui devrait se concrétiser « progressivement, au fur et à mesure de la mise en place dans les magasins, des politiques de chaque enseigne » après que les négociations entre distributeurs et industriels se soient achevées fin février. Des négociations qui, si elles ne satisfont pas pleinement les industriels pour qui les augmentations passées sont trop faibles par rapport à celles qu'ils subissent, contentent Jacques Creyssel, pour qui elles « ont permis de préserver le pouvoir d'achat des consommateurs ».

La cause de cette augmentation : la hausse des prix des matières premières

Le scénario n'est pas sans rappeler celui de l'année 2008 durant laquelle les prix avaient littéralement explosé en France et un peu partout dans le monde ( + 5,2% selon l'Insee ), et mené à des émeutes de la faim dans plusieurs pays en développement. À cet effet, les prix des matières premières n'ont jamais été aussi haut depuis ladite année : en janvier 2011 , le prix du blé européen a doublé tandis qu'aux États-Unis, le maïs a augmenté de plus de 50%, et les graines de soja de 34%. Le sucre, quant à lui, flirte avec le record de l'année 1981 (34,77 cents la livre) avec 33,35 cents la livre.

Comment expliquer la hausse des prix des matières premières ?

Quelles sont les causes de la hausse des prix des matières premières ? Michel Portier, directeur de la société de conseils Agritel, et Henri Nallet, ancien ministre de l'Agriculture, apportent des éléments de réponse dans Le Figaro, édition du 25 janvier 2011 . Il en ressort trois causes majeures :

  • la multiplication des incidents climatiques (sécheresses, inondations, intempéries, etc.) : « On en dénombre six fois plus qu'il y a 50 ans » – M.P.
  • l'arbitrage en faveur des biocarburants : « Dès que le prix du baril de pétrole dépasse les 80 dollars américains, les biocarburants deviennent attractifs et réduisent les disponibilités alimentaires » – H.N.
  • la diminution des terres à usages agricoles face à la forte urbanisation : l'équivalent d'un département français moyen (610 000 ha) est rayé de la carte agricole tous les sept ans .

De nombreuses réactions à cette hausse des prix

Face à cette nouvelle hausse annoncée, les réactions n'ont pas tardé à se faire entendre ; à commencer par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) qui s'est dit scandalisée par l'ampleur de ces hausses, évoquant notamment celle du pain (de 5 à 7%) dont la matière première – le blé – ne représente qu'environ 5% du prix. Pour rappel, en février 2011, la FNSEA avait proposé des alternatives à ces hausses de prix des matières premières, notamment par la réduction de certains postes de dépenses comme le marketing ou l'emballage.

L'Union Fédérale des Consommateurs-Que choisir a, quant à elle, réclamé « tout ce qu'ils [la grande distribution] ont capté en période de baisse des matières premières agricoles, avant d'envisager une hausse des prix ». En attendant, les étiquettes des supermarchés ne devraient plus tarder à laisser place à d'autres, plus neuves, certes, mais aussi – et surtout – plus coûteuses.

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