Nicolas Bedos, cet homme qui dérange et provoque la polémique

Nicolas Bedos a provoqué la polémique en qualifiant Nicolas Sarkozy et la police respectivement de "VRP cocaïné" et "racailles en uniforme" à la télévision.

Jamais le nom de Nicolas Bedos, le fils de l'humoriste Guy Bedos, n'aura été autant prononcé que ces dernières semaines. Pour cause, ses railleries ne sont pas du goût de tous, notamment quand celles-ci visent le président de la République et les forces de l'ordre. Plus qu'une question d'actualité, un débat houleux : peut-on dire tout ce que l'on pense à la télévision ?

Quand Nicolas Bedos s'en prend à Nicolas Sarkozy et aux forces de l'ordre

Le 21 janvier, lors de sa chronique dans La Semaine Critique diffusée sur France 2, Nicolas Bedos n'a ni plus ni moins qualifié Nicolas Sarkozy de "VRP cocaïné", s'attirant ainsi l'ire de certains et du Président lui-même : "Cocaïné ? On aura vraiment tout entendu !" Quant à la ministre du Transport et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet, elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, à tort ou à raison : "Nicolas Bedos n'est pas drôle, il est nul et insultant ! (...) Qui a envie d'écouter ça ? Cela fait rire quelqu'un ?"

Des remous qui n'ont pas eu raison de ses frasques, puisque deux jours plus tard, il s'en prend à la police française sur le plateau de Tout le monde il est beau , sur Canal + : "Vraiment, ils ont le QI d'un poulpe mort, pour la plupart". Et de terminer : "Le flic de nuit est une racaille en uniforme tombée du bon côté". Des propos dont s'insurgent les syndicats de policiers, et notamment Alliance Police Nationale qui en appelle au ministre Brice Hortefeux .

Le polémiste, qui s'en était déjà pris à Alain Juppé, Dominique de Villepin, Grand Corps Malade et Eric Zemmour - pour ne citer que ceux-là, a finalement décidé d'arrêter de faire de la télévision dès la fin de la saison de La Semaine Critique . Lui qui se dit auteur avant tout, a décidé de s'en retourner à l'écriture de pièces de théâtre et de films. "La télé, c'est bon pour mon côté narcissique et mon envie de plaire", conclue-t-il dans Les Inrocks.

Bedos, Guillon, Zemmour : même combat ?

Nicolas Bedos n'est pas le premier dont les frasques font polémique, à la télévision comme à la radio. On se souvient notamment de Stéphane Guillon et de ses attaques "au physique" dans sa chronique sur France Inter, qui lui avaient finalement coûté sa place . Ou encore Eric Zemmour , le sniper de Laurent Ruquier dans On n'est pas couché , poursuivi pour provocation à la haine raciale pour son discours dans l'émission Salut les terriens : "Mais pourquoi est-on contrôlé 17 fois ? Pourquoi ? : parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait."

Peut-on dire tout ce que l'on pense à la télévision ?

À l'heure où le média préféré des Français est de plus en plus contrôlé (moins d'émissions en direct, présence plus importante de l'État), est-il permis d'y dire tout ce que l'on pense ? La question n'est pas nouvelle et continue de faire couler beaucoup d'encre, ravivée par le développement du "politiquement correct". D'une part, les partisans d'une liberté d'expression à toute épreuve prônent le "oui" symbolique et s'insurgent de la censure, tandis que de l'autre, on rappelle à bon entendeur que la liberté d'expression s'arrête là où l'attaque personnelle et injurieuse commence.

Peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec tout le monde, disait Pierre Desproges. Le proverbe de l'humoriste sied tout autant à la télévision et ses chroniqueurs : "Peut-on tout dire ? Oui, mais pas avec/de tout le monde". La question n'a pas cessé de faire couler de l'encre, et il sera toujours un polémiste pour reprendre le flambeau.

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