Philippe Pétain et la Première Guerre mondiale

De colonel à maréchal, Pétain s'est illustré comme un brillant officier durant la Grande Guerre, qui lui valut même le titre de Vainqueur de Verdun.
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Si l'évocation du nom de Philippe Pétain renvoie inéluctablement à la Seconde Guerre mondiale et au Régime de Vichy – pour lequel il sera accusé de haute trahison – il n'en est pas moins un brillant officier de la Première Guerre mondiale, généralement présenté comme le «vainqueur de Verdun».

Le futur Maréchal «aux cheveux déjà blancs, au teint pâle, aux yeux clairs» est âgé de 58 ans quand retentit le glas de la Grande Guerre.

Philippe Pétain, de colonel à général de corps d'armée

Alors que le colonel Pétain s'apprête à prendre sa retraite après 40 années de loyaux services, la mobilisation générale est décrétée en France . Très vite, l'homme va se distinguer auprès de ses supérieurs – il participe notamment aux batailles de Guise et de la Marne – mais aussi parmi ses hommes pour son souci de les épargner. Il fera partie de ces officiers rapidement promus au début de la guerre:

  • 31 août 1914: général de brigade (2 étoiles)
  • 14 septembre 1914: général de division (3 étoiles)
  • 20 octobre 1914: général de corps d'armée (4 étoiles)

Philippe Pétain, le «vainqueur de Verdun»

Le 21 février 1916 éclate la tristement célèbre bataille de Verdun . Durant près de 10 mois, Pétain en commande les troupes françaises avec une telle détermination et stratégie – notamment aérienne – qu'on lui en attribuera la victoire et le titre populaire de «vainqueur de Verdun».

Dans ses Mémoires , le chef d'État-major, Joseph Joffre, écrira à ce propos: «C'est par une amélioration constante de l'organisation du commandement [...] que Verdun a été sauvé, et c'est le général Pétain qui a été véritablement l'âme de tous ces progrès. On ne devra jamais oublier qu'il a fait réaliser à notre armée les plus grands progrès tactiques de toute la guerre».

Philippe Pétain, commandant en chef des armées françaises

15 mai 1917. Alors que l'offensive lancée par Nivelle au Chemin des Dames est un véritable échec, et que les mutineries se multiplient au sein des régiments, la France fait appel au général Pétain. Il est alors nommé commandant en chef des armées françaises. Il lui incombe de rétablir l'ordre au sein des troupes et d'essuyer le cuisant échec de l'armée française. Une mission qu'il accomplira avec brio: il adapte les permissions, aménage des lieux de repos, améliore la nourriture, etc. D'un point de vue militaire, il lance dès juillet 1917 des opérations victorieuses qui sublimeront davantage sa popularité.

L'historien militaire, Liddell Hart, écrira dans Réputations : «Il est une chose pour ainsi dire certaine, c'est que l'armée française ne se serait jamais rétablie si Pétain n'avait, en 1917, été appelé à la commander. Il rendit la victoire possible», et Pétain, 25 ans plus tard, alors emprisonné dans sa cellule de l'île d'Yeu, de témoigner: «À Verdun, j'ai arrêté l'ennemi. [...] Mon action en 1917 a été plus importante, et, si j'ai sauvé la France une fois, c'est bien à ce moment-là ».

Philippe Pétain, Maréchal de France

Au terme de ces quatre années de conflit, alors que le capitaine de Gaulle exprime son «regret indescriptible» de n'avoir pu participer à toute la campagne, Philippe Pétain reçoit son bâton de Maréchal des mains du président de la République, Raymond Poincaré. Dignité dont il sera déchu le 15 août 1945 pour «intelligence avec l'ennemi et haute trahison» durant la Seconde Guerre mondiale.

Sources :

  • Jacques Le Groignec, Pétain et de Gaulle (1998), Nouvelles Éditions Latines
  • Henry Bordeaux, Images du maréchal Pétain (1941), Éditions Sequana
  • Lire aussi sur Pétain : Le corps de Pétain a-t-il sa place à Douaumont ? - Procès Pétain : la défense du maréchal et Procès Pétain : le défilé des témoins

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