Quand Alévêque parle de Zidane dans Sport Mag : l'affaire Qatar

Interviewé par Sport Mag, Christophe Alévêque s'en est pris à Zidane et aux millions qu'il a empochés. Des propos qui n'ont pas plu à la star du ballon rond

Il y a les choses que l'on peut dire, les choses qu'il vaut mieux taire, et il y a la manière de les dire, au risque de s'attirer les foudres. L'impétueux Christophe Alévêque en a fait les frais suite aux propos tenus sur Zinedine Zidane lors d'une interview publiée dans le magazine Sport Mag, fin décembre 2010.

Alévêque s'en prend à Zidane lors d'une interview à Sport Mag

Dans une interview accordée à Sport Mag fin décembre 2010, Christophe Alévêque s'est attaqué à l'icône du football français, Zinedine Zidane. Pour l'humoriste, "ce mec est un panneau publicitaire qui a trois neurones, qui a fait perdre la Coupe du monde 2006, et qui, maintenant, profite de son image à outrance." Pour Alévêque, "c'est une forme de prostitution. Ce mec est une pute !, poursuit-il. J'espère que les 11 millions qu'il a pris, il les a donnés à une association, sinon c'est un scandale." Il pointe du doigt les millions touchés par l'ancien numéro 10 des Bleus pour la candidature du Qatar à l'organisation du Mondial de foot 2022.

L'interview publiée, Zidane en appelle à son avocat

Une déclaration qui n'est pas restée sans suites puisque, très vite, l'avocat de Zidane, Maître Brusa, s'est indigné de tels propos : "Les termes utilisés dans cet article sont extrêmement durs et outranciers", et prévient : "Mon client a décidé de se défendre (...) Ca peut aller jusqu'aux voies judiciaires et aux sanctions pénales". Quant à Zidane, interviewé par le magazine sportif L'Équipe en date du 9 février, il soutient qu'il n'a pas reçu les sommes énoncées pour son soutien au Qatar, et confirme les dires de son avocat, invoquant le manque de "franchise" et "l'hypocrisie" de l'ancien chroniqueur de La bande à Ruquier , sur France 2.

Zidane réclame 75 000 euros de dommages et intérêts pour "injures publiques"

L'avertissement se concrétise à la mi-février : Zizou réclame 75 000 euros de dommages et intérêts pour "injures publiques" à Christophe Alévêque ainsi qu'au magazine Sport Mag qui a publié l'entretien. Le tout devrait être reversé à une oeuvre de charité. "Zinedine Zidane demande à être respecté. Pas plus que les autres, mais comme les autres", précise l'avocat du sportif sur RMC.

Suite à cette assignation, l'avocat de la défense, Pascal Gabarini, rétorque sur la même radio que "la somme qu'il demande est aussi extravagante que les 11 millions d'euros qui lui ont été donnés pour faire la publicité du Qatar". L'audience est d'ores et déjà fixée au 29 juillet prochain.

Retour sur Zidane et son soutien au Qatar pour le Mondial 2022

Jeudi 2 décembre 2010, la Fifa désigne le Qatar pour organiser le Mondial 2022, au grand dam des autres pays candidats : les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l'Australie. Le champion du monde français, Zinedine Zidane, était du comité de soutien pour le Qatar depuis plusieurs mois, et a participé à une publicité diffusée aux quatre coins de la planète : Il faut croire en ses rêves et là tout devient possible .

Une coopération victorieuse qui aurait rapporté au ballon d'Or 1998 la somme de 11 millions d'euros, rapporte le quotidien australien, The Herald Tribune. Une somme que dément l'intéressé dans le magazine sportif L'Équipe du 9 février 2011 : "On a parlé de dix, onze, douze, treize millions d'euros... Je vais le dire clairement : c'est n'importe quoi. Ce n'est pas le quart de ces sommes."

Christophe Alévêque n'a pas été le seul à s'insurger d'une telle somme - celle annoncée par les médias. Yannick Noah, invité sur RMC début janvier pour sa passion du football, a lui aussi déploré la somme mirobolante du chèque : "Et puis Zizou aussi j'adore. Mais le coup du Qatar, ça pue du cul. Je les [Zidane et Platini] aime bien, mais arrêtez ! Revenez vers nous les amis !"

Dans cette affaire, pas de tacle ni de "coup de boule" mais des mots et l'éternelle question : peut-on tout dire dans les médias au nom de la liberté d'expression ? Qui marquera le point décisif ? Affaire à suivre.

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