La bataille d'Iéna-Auerstäedt le 14 octobre 1806

Cette bataille de Napoléon contre les coalisés affaiblit considérablement les troupes prussiennes et demeure l'une des plus grandes victoires de l'Empire.
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La paix est revenue en Europe depuis la signature du traité de Presbourg, le 26 décembre 1805, que Napoléon impose à l'Autriche, abattue après sa terrible défaite à Austerlitz. Mais le calme est de courte durée, n'en déplaise à l'Empereur...

Le contexte de la bataille d'Iéna-Auerstäedt du 14 octobre 1806

En septembre 1806, la belle Louise de Prusse, qui hait les Français, pousse son mari, le roi Frédéric-Guillaume III de Prusse, à entrer en guerre contre Napoléon, sans attendre l'appui des troupes russes. L'État-major prussien décide donc de mobiliser ses combattants et l'ambassadeur français à la cour de Berlin informe Napoléon des projets belliqueux du royaume de Prusse.

Napoléon rappelle alors ses troupes, qui n'étaient pas encore toutes rentrées de la dernière campagne, et les dirige vers le Main. La bêtise de l'État-major prussien est de ne pas attendre les renforts promis par le tsar Alexandre et l'Empereur autrichien: il décide de faire marcher ses troupes au plus vite à l'ouest vers le Main afin d'empêcher la réunion des troupes napoléoniennes. La stratégie militaire de Napoléon fera le reste...

Ce dernier décide de courir au sud afin de remonter vers le nord, vers la Saale et, ainsi, de couper les communications entre l'armée prussienne et Berlin.

Les forces en présence à la bataille d'Iéna

Du côté du Premier Empire français:

  • 56000 hommes
  • 180 pièces d'artillerie
Du côté de la Quatrième Coalition, composée de l'armée prussienne d'Hohenlohe et des troupes saxonnes:

  • 51000 hommes
  • 175 pièces d'artillerie

Le déroulement de la bataille d'Iéna

Le 13 octobre, veille de la grande bataille, Lannes prend la ville d'Iéna. Davout, sur la droite française, remonte vers le nord afin d'empêcher toute retraite éventuelle des troupes prussiennes vers Berlin. Celui-ci rencontrera en fait le gros des troupes, celles du roi de Prusse, lors de la bataille qui se déroule le même jour, à Auerstäedt (voir plus loin).

Bernadotte, quant à lui, est dirigé vers Dornbourg, au nord d'Iéna, afin de tourner la gauche des coalisés. Lannes occupera le centre de la bataille tandis que Soult prendra la droite et Augereau la gauche. Murat et sa cavalerie resteront derrière jusqu'au moment voulu.

Dès l'aube, l'armée française avance et tourne l'adversaire: le combat se fait maintenant à front renversé, c'est-à-dire que les Français marchent vers l'ouest et les Prussiens vers l'est. Ney finit par arriver et bouscule les troupes de Tauenzien. Bernadotte tardant à tourner complètement l'adversaire en se rabattant vers l'ouest, Napoléon demande à Soult d'effectuer cette manœuvre.

C'est la débandade dans les camps prussien et saxon. Rüchel et ses 15000 hommes, rappelés aux débuts de l'affrontement par Hohenlohe, arrivent sur le champ de bataille mais sont très vite bousculés par la charge de Murat.

Enfin, c'est la déroute prussienne. Napoléon a vaincu. Et Davout, aussi incroyable que cela puisse paraître, vient de remporter la victoire, à 1 contre 3, plus au nord, à Auerstäedt.

Les forces en présence à la bataille d'Auerstäedt

Du côté français, les troupes de Davout, soit:

  • 26000 hommes
Du côté de la Quatrième Coalition, composée à Auerstäedt de l'armée du roi de Prusse:

  • 63500 hommes

Le déroulement de la bataille d'Auerstäedt

Napoléon demande à Davout, dans la nuit du 13 au 14 octobre 1806, de se diriger vers le sud-ouest en direction d'Apolda, afin de se rabattre sur les arrières ennemies. Davout s'exécute mais rencontre quelques difficulté vers Eckartsberg: il est pris à parti par l'avant-garde du roi de Prusse. Davout s'aperçoit alors qu'il va devoir combattre, à un contre trois, le gros de l'armée prussienne. Les trois divisions de Davout (Morand, Gudin et Friant), appelées les Trois Immortelles, sont remarquables: l'artillerie décime les troupes prussiennes et les carrés de Gudin défont la cavalerie.

Les trois divisions se sont rejointes au nord d'Auerstäedt et leur entrain est beau à voir. Au son de "Vive l'Empereur! ", les Immortelles bousculent l'armée de Frédéric-Guillaume et tuent au passage le duc de Brunswick, célèbre général prussien vaincu à Valmy.

Napoléon apprend cette victoire au soir de la bataille d'Iéna et c'est pour lui une grande joie que cette double victoire.

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