Le vocabulaire architectural religieux gothique

Pinacles, culées, formerets, voûtains, contreforts, arcs-boutants... Après avoir lu cet article, tous ces mots n'auront plus de secrets pour vous !
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Cet article propose d'étudier le vocabulaire relatif à trois ensembles majeurs qui constituent une cathédrale gothique: sa structure interne, ses voûtes d'ogives et son architecture extérieure.

La structure interne d'une cathédrale gothique

Tout d'abord, il faut savoir qu'une cathédrale est toujours orientée: sa façade principale est tournée vers l'Ouest. On l'appelle donc façade occidentale . Le plan d'un édifice religieux fait référence à la croix de Jésus, symbolisée par la nef , allée centrale de l'église, coupée transversalement par le transept . Ce transept aboutit, à ses deux extrémités sud et nord, à des portails extérieurs. Enfin, à l'est, c'est-à-dire au bout de l'édifice, on retrouve le chevet , composé de chapelles rayonnantes et d'une chapelle axiale .

La nef, qui s'étend de la façade occidentale au collatéral ouest du transept (première travée du transept que l'on rencontre en marchant vers l'est), est composée d'un vaisseau central , où sont généralement disposés les bancs pour les fidèles, et de deux collatéraux , nord et sud. Ces collatéraux sont appelés bas-côtés s'ils sont peu élevés ou bien surmontés d'une tribune , sorte de premier étage qui est ouverte sur la nef grâce au triforium , aveugle au début du gothique puis ouvert ensuite.

Le transept, comme la nef, est entouré, à l'ouest et à l'est de collatéraux parallèles. Au centre du transept, et donc au croisement virtuel du vaisseau central de la nef et du vaisseau principal du transept, on observe la croisée du transept . Cette partie haute de l'édifice soutient très souvent une flèche extérieure, ou bien, en Normandie et en Angleterre, une tour-lanterne dont le nom est dû aux nombreuses ouvertures qui accueillent la lumière dans l'édifice.

Au-delà du transept, au centre, on arrive sur la partie la plus symbolique de l'édifice religieux, le chœur . Ce chœur est fermé, à l'est, par l' abside , de forme hémisphérique. Les travées entourant le chœur et l'abside forment le déambulatoire , généralement ouvert au public, qui permet d'admirer le chevet de l'édifice, constitué des chapelles rayonnantes et axiale.

Voir le schéma

Le vocabulaire relatif aux voûtes d'ogives

Les voûtes d'ogives permettent réellement la transformation architecturale de l'édifice religieux. Alors qu'à l'époque romane, les voûtes sont soutenues par toute la longueur du mur, les voûtes d'ogives permettent de concentrer la poussée des ogives en des points précis, qui sera contrebalancée par des contreforts massifs et des arcs-boutants extérieurs. Ceci permettra aux bâtisseurs de pratiquer de nombreuses ouvertures dans l'édifice religieux et d'y laisser entrer la lumière, symbole de Dieu.

Les ogives sont des arcs diagonaux renforçant la voûte et qui viennent se croiser sous la clef de voûte pour former la croisée d'ogives . Les arcades sont formées d' arcs-doubleaux (arcs perpendiculaire à l'axe de la nef) et d' arcs-formerets (arcs parallèles à l'axe de la nef).

Il existe aussi ce qu'on appelle des voûtes à liernes et tiercerons , dont la forme est assez compliquée. Les tiercerons unissent la lierne aux angles de la voûte tandis que les liernes unissent les sommets des tiercerons à la clef de voûte.

Une voûte sexpartite est une voûte composée de six voûtains (divisions de la voûte formées par les ogives). Elle est constituée sur une base carrée et possède quatre formerets, deux doubleaux et trois ogives.

Une voûte quadripartite est une voûte composée de quatre voûtains . Elle est constituée sur un plan dit barlong , c'est-à-dire rectangulaire. Elle possède deux doubleaux, deux formerets et deux ogives.

Voir le schéma d'une voûte

L'architecture externe et son vocabulaire

Le contrebutement des voûtes est assuré par le couple arcs-boutants , culées . Les arcs-boutants permettent de soutenir la poussée latérale exercée par les voûtes. Ces arcs-boutants reposent sur de gros piliers appelés culées. En plus de ces culées, et sur le côté des murs, on retrouve les contreforts déjà utilisés dans l'art roman. Au-dessus des culées, on observe les pinacles , éléments esthétiques mais aussi nécessaires au contrebutement des voûtes puisqu'ils renforcent, par leur masse, le soutien de la culée.

Voir le schéma du contrebutement extérieur .

Un article sur les forêts-cathédrales et leur symbole .

La triste réalité de la construction d'une cathédrale.

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