Métamorphoses ovidiennes, Leucothoé et Clytie

Cette histoire commence lors de la scène du rire homérique racontée par Homère dans L'Odyssée et se termine avec deux métamorphoses.

L'histoire de Leucothoé et de Clytie n'est qu'une vengeance de Vénus envers Apollon, son demi-frère. Ovide retranscrit la scène célèbre de L'Odyssée et y rajoute la vengeance de Vénus et les deux métamorphoses qui en résultent.

La trahison d'Apollon et le rire homérique

Vénus, la femme de Vulcain, le dieu forgeron boiteux des deux jambes, s'avère être l'amante de Mars, le beau jeune dieu de la guerre. Apollon, par pure méchanceté, décide alors de trahir ces amours et vient prévenir Vulcain des mœurs extra-conjugales de sa femme. "La raison du mari et l'ouvrage que sa main façonnait lui échappèrent en même temps" et il décide de forger une toile de fils très solides mais invisibles puisque aussi fins que "les toiles que l'araignée suspend aux poutres." Au moindre mouvement, ces filins se resserreraient et emprisonneraient tout mouvement. Il place alors cette toile sur son lit et s'en va.

Apollon guetterait les allées et venues de la chambre et préviendrait Vulcain dès que Mars et Vénus se seraient couchés. Mars arrive et invite Vénus à se coucher, comme prévu, ayant aperçu Vulcain s'éloigner de la ville. Au moment même où ils touchent la toile de filins, les amants "sont immobilisés au milieu de leurs embrassements." Vulcain arrive alors chez lui et invite les dieux à se rendre témoins des infidélités de sa femme et tous les dieux se mettent à rire. Ainsi, Homère décrit dans L'Odyssée (VIII - v.266) comment Hermès se rit de la naïveté de Vulcain.

La vengeance de Vénus

Apollon, sujet à des liaisons avec des mortelles, tout comme son père Zeus, s'était épris d'amour pour Leucothoé qui "naquit d'Eurynome, beauté sans égale ; mais, quand la fille eut grandi, autant la mère avait éclipsé toutes les autres femmes, autant la fille éclipsa la mère." Son père est Orchamus, roi des villes de l'Achéménide (Nom du premier empire perse), être influent.

Une nuit, pendant que les chevaux d'Apollon reprennent des forces dans les pâturages de l'Hespérie, eux qui, chaque jour, traversent la voûte céleste, le dieu solaire "pénètre dans la chambre de celle qu'il aime, sous les traits d'Eurynome, sa mère." Il invite alors les douze servantes à les laisser seul(e)s. Apollon reprend alors sa forme habituelle et conte son amour à Leucothoé. Celle-ci s'offre alors à lui.

Vénus ayant tout vu, raconte toute l'histoire à Clytie, une ancienne maitresse extrêmement jalouse d'Apollon. Celle-ci se venge alors en allant raconter les amours de Leucothoé au père de celle-ci, Orchamus. Fou de rage, il enterre sa fille vivante.

Les métamorphoses

Apollon "n'avait jamais vu, dit-on, de spectacle plus douloureux, depuis que Phaéton [son fils] avait été frappé par la foudre". Arrivé sur le lieu de repos de Leucothoé, il ne parvient pas à lui redonner vie et s'écrie : "malgré tout, tu monteras dans les airs" me rejoindre. "Aussitôt, imprégné du nectar céleste, le corps s'amollit et baigne la terre de son parfum ; à travers la glèbe, où elle a poussé peu à peu ses racines, lève une tige d'encens, dont la pointe brise le tombeau."

Quant à Clytie, elle ne vit plus jamais son amant et ne cessa de le scruter, "assise sur la terre nue. [...] Elle ne regardait que la face du dieu accomplissant sa course ; vers lui seul elle tournait son visage." Clytie se transforme alors en héliotrope, ou tournesol, tournant sans cesse la tête vers le soleil, son amant.

Source : Ovide, Les Métamorphoses , IV, 163-270

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