Papillon avec Steve McQueen et Dustin Hoffman

Papillon est un film de Franklin J. Schaffner sorti en 1973 et basé sur le récit homonyme d'Henri Charrière, un ancien forçat au bagne de Cayenne.
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Ce film de 1973 offre à Steve McQueen et Dustin Hoffman deux rôles magnifiques, qu'ils accomplissent parfaitement. Le premier incarne Papillon, un forçat envoyé au bagne de Cayenne après avoir été jugé pour le meurtre d'un souteneur qu'il nie, l'autre est Louis Delga, un célèbre faussaire qui a réussi à emporter avec lui, sur ce bateau qui les mène tous en Guyane, beaucoup d'argent.

Quand la pugnacité et le courage rencontrent la soumission et l'inaction

Le costaud Papillon offre, sur le bateau qui les conduit à Cayenne, sa protection au chétif Louis Delga, que les avides forçats veulent éventrer afin de s'emparer du magot qu'il tient caché dans son ventre. Louis accepte, après avoir échappé de peu à la mort, et Papillon le protège constamment, jusqu'à faire échouer une tentative d'assassinat contre Delga en provoquant une bagarre, ce qui lui vaut, déjà sur le bateau, une punition sévère.

Arrivés en colonie, ils voient les horreurs du bagne et l'échec des différentes tentatives d'évasions. Pire, ils sont envoyés en camp de travail par un gardien qui perdit de l'argent à cause de Delga. Là, ils souffrent mais restent soudés. Delga ne se sent pas bien lorsqu'il sont contraints d'éloigner un cadavre et se fait bousculer par un garde qui casse ses lunettes. Papillon lui saute dessus et réussit à s'enfuir. Il est cependant très vite rattrapé et envoyé en réclusion. Là, le silence lui est imposé : "On n'essaye pas ici de vous corriger, nous savons que c'est inutile, mais on essaye de vous mater. Les durs, on les casse. Physiquement et moralement. On leur vide le cerveau. D'ici on ne s'évade pas, chasse toute idée d'espoir. Et masturbe-toi le moins possible, c'est de la fatigue pour rien." Ses rations sont encore diminuées après son refus de livrer Delga, qui lui a fait envoyer des noix de coco.

Sa peine de réclusion terminée, il retourne au camp de travail d'où il parvient à s'échapper avec Delga et un autre détenu. Ils parviennent à regagner le Honduras où ils sont, dès leur arrivée sur la plage, poursuivis par les autorités locales. Delga et l'autre détenu se font prendre tandis que Papillon parvient à s'échapper et finit dans un camp d'indiens où il coule des jours heureux.

Cependant, sa volonté de partir, de s'évader, quelque soit l'endroit d'où il s'évade, le pousse à partir pour le Mexique, où il se fait prendre.

Il revient alors au bagne, sur l'île du Diable en compagnie de son ami Delga, et d'où il parvient enfin à s'échapper sur un sac de noix de coco, en criant: "Bande de fumiers! Je suis toujours vivant! ".

Différents thèmes traités: injustice, corruption, inhumanité des conditions de détention

Le bagne de Cayenne est connu pour son inhumanité. Dans ce film, Schaffner (il ne faut pas oublier qu'il est aussi le réalisateur des très bons La planète des singes et Patton ) nous le fait bien ressentir: chaleur, répression, exécutions sommaires, corruption... Tout est filmé et raconté.

La justice française de l'époque, quant à elle, est représentée de façon magistrale dans cette scène formidable du songe de Papillon: gigantesques, trônant sur une dune de sable, les jury kafkaïen se délecte de la misérable vie de Papillon et l'accusent de ne pas avoir vécu sa vie.

Des scènes magistrales

Quel bonheur de voir Dustin Hoffman et Steve McQueen dans des rôles comme ceux-ci! Le premier, en faussaire hésitant, réussit parfaitement, notamment sur son île du Diable, à jouer l'inactif, le naïf croyant que tout peut se résoudre par l'argent. L'autre, dans ses scènes de réclusion est parfaitement crédible lorsqu'il devient fou, et sa transformation physique est très bien mise en relief.

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