Cyrus et la conquête de la Lydie de Crésus

Au VIe siècle av. notre ère, le riche royaume lydien de Crésus et le tout jeune empire perse de son fondateur Cyrus s'affrontent en Asie Mineure.
15

Crésus (-596-?), roi de Lydie, est connu pour sa richesse, qui lui permet d'entretenir une grande puissance militaire. Depuis sa capitale, Sardes, son pouvoir rayonne sur une large partie de l’Asie mineure et les cités grecques de la côte ionienne. Depuis le traité de -585, la Lydie partage sa frontière avec le puissant royaume mède sur la rivière Halys en 585.

L’arrivée de Cyrus (559-529), le premier roi perse achéménide, qui a renversé le royaume mède, change la donne. Hérodote raconte le conflit entamé par Crésus dès les premières années du règne du roi perse. Ce dernier pense sans doute profiter de la «jeunesse» du nouveau royaume perse pour étendre sa frontière au-delà de celle imposée en 585. Dans ce but, le roi lydien contracte une alliance avec Sparte, Babylone et l’Égypte. Un épisode célèbre a lieu au sanctuaire d’Apollon à Delphes. Consulté sur la guerre à venir, l’oracle répond avec ambiguïté: «si tu pars en guerre, un grand empire sera détruit». Interprétant à son avantage cette prophétie, Crésus engage les hostilités.

De son côté, Cyrus incite vainement les cités ioniennes à rompre leur alliance, mais ses ambassades sont éconduites. L’Égypte du pharaon Amasis répond favorablement au roi lydien en dépêchant des contingents armés pour soutenir son initiative. Plus prudent, le royaume babylonien décide de ne pas prendre part au combat, espérant sans doute voir ces deux royaumes s’épuiser l’un contre l’autre.

L'affrontement

La première bataille a lieu en Cappadoce, en 547, et se solde par un statu quo. L’hiver approchant, Crésus décide de rentrer à Sardes et renvoie ses troupes dans ses différentes cités. La belle saison lui permettra de reprendre les hostilités. Cyrus est audacieux. Profitant du repli de son ennemi, il force ses soldats à avancer en plein hiver au cœur du royaume ennemi. Cette tentative inouïe paye: les Lydiens comme leurs alliés, surpris, abandonnent et capitulent devant l’ennemi. Des cités grecques, comme Milet, décident alors de rallier les Perses, et l’Asie mineure devient un territoire politiquement si instable que Cyrus force Crésus à hâter une bataille à laquelle il n’est pas préparé. Défait et assiégé dans sa capitale, Crésus finit par se rendre. Emmené auprès de Cyrus, il doit être exécuté sur un bûcher, mais il est épargné au dernier moment pour finalement terminer sa vie au service de son ancien ennemi qui le traitera désormais comme un proche collaborateur et un ami.

Conséquences sur l'Antiquité

La chute de Sardes est considérée à l’époque comme stupéfiante. Les cités rebelles doivent se rendre sans condition mais décident de résister. Devant retourner en toute hâte vers Ecbatane pour faire face à des troubles, Cyrus laisse une armée pour conquérir les cités grecques, de maintenir l’ordre et d’anéantir toute tentative de sédition. Cela prend plusieurs années. Le monde grec, replié sur lui-même, découvre le visage d’un futur empire qui disparaît deux siècles plus tard lorsqu’Alexandre le Grand conquiert l’immense empire perse façonné par les successeurs de Cyrus.

Sources:

Sur le même sujet