La femme grecque, à l'ombre du Gynécée

La femme grecque n'a pas un rôle primordial dans la société. La chose est différente dans la maison.

Le statut juridique

Au temps de Périclès, c'est à dire à l'époque de la Grèce Classique (fin Ve – début IVe siècle av. notre ère) la femme est loin d’être libre. Elle est placée sous l'autorité et la dépendance d'un tuteur : père, mari, fils ou plus proche parent mâle. Légalement, elle ne peut ni posséder, ni administrer elle-même les biens familiaux dont elle est la simple dépositaire. L'orpheline héritière du patrimoine paternel, qu'elle soit mariée ou non, a l'obligation d'épouser son plus proche parent du côté de son père, afin que rien ne sorte de la famille. En quelque sorte, tout est ainsi fait pour que la femme ne soit jamais seule. Cependant, les femmes réussissent parfois à contourner la loi et à s'occuper elles-mêmes de leurs biens.

Un cercle de vie étroit

La femme grecque est exclue de la vie publique et reste à la maison. Il n’y a donc pas de citoyenne à Athènes ! Ses appartements forment le gynécée qui est la partie de la demeure qui lui est réservée. Elle sort très peu à l'extérieur de la maison, soit pour faire des achats qu'elle ne peut confier à une servante - auquel cas elle est accompagnée d'une esclave - soit pour assister à des cérémonies familiales ou aux fêtes de la cité. Pendant les repas de réception, chez elle, elle s’éclipse laissant seul son mari avec ses convives. En général, elle voit finalement assez peu son mari, qui est en revanche très fréquemment hors de la maison.

Gestion de la maison

La femme grecque joue le rôle d'intendante de la maison. En l’absence de son mari est la seule a décider et donner des ordres. Elle dirige les serviteurs et les servantes, sur lesquels elle a pleine autorité. Elle garde les clefs de la maison et contrôle l'accès aux provisions et aux biens précieux. Elle choisie ainsi les plats pour son mari ou les invités en cas de réception, qu’elle organise. Pour s'occuper, elle file et tisse, activité principale du gynécée. L'éducation des garçons lui est confiée jusqu'à l'âge de sept ans. Après, elle lui choisie un « pédagogue » qui prend la relève. Les fillettes restent, elles, avec leur mère et ne reçoivent aucune éducation intellectuelle. Elles n’apprennent qu’à devenir elle-même des épouses.

Des femmes plus émancipées

Seules les hétaïres, ou courtisanes, apparaissent vraiment émancipées. Elles circulent librement et partagent en partie la vie des hommes. Mais, a contrario, leur sort est bien plus précaire !

Source:

Pierre Grimal, Histoire mondiale de la femme , Paris, Nouvelle librairie de France

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