La Marseillaise, histoire d'un hymne

La Marseillaise est un hymne qui a bien eu du mal à s'imposer en France. Genèse et histoire.

Chant guerrier sur musique de cirque? La Marseillaise a cette extraordinaire histoire d'avoir été composée à Strasbourg par un jurassien et d'avoir été baptisée par le peuple parisien après que les fédérés marseillais l'entonnent en entrant dans la capitale. Extraordinaire mélange qui donne à notre hymne national un caractère très national. Décrié, hué parfois même, d’où vient notre hymne national, quelles ont été les circonstances de sa composition ?

Rouget de l’Isle

Son auteur, ou plutôt son compositeur, se prénomme Claude Joseph Rouget de L'Isle. Officier du génie après des études à l'Ecole militaire de Paris et de Mézières, Rouget de L'Isle est envoyé à Strasbourg en 1791. Musicien et poète amateur, il aime composer des chants patriotiques et autres marches guerrières. Remarqué après avoir composé un hymne à la liberté sur une musique d'Ignace Pleyel, on lui demande d'écrire un chant patriotique pour accompagner l'armée française qui doit faire face à l'Autriche après que la France lui ait déclarée la guerre en avril 1792.

Une nuit inspiratrice

En une soirée et une nuit entière, Rouget de L'Isle compose les paroles et la musique du chant qu'il nomme Chant de guerre pour l'armée du Rhin. Le succès est fulgurant et se diffuse dans la France entière. Ce sont pourtant par les chants des fédérés marseillais, qui entrent dans Paris en août 1792, que la population parisienne la découvre. Ils la chantent si bien que les parisiens la baptisent la Marseillaise. La France sort vainqueur d'une coalition européenne et la Marseillaise devient l'hymne officiel par décret le 14 juillet 1795. Il faudra pourtant attendre la IIIe République et 1879 pour que celui-ci soit officiellement appliqué.

Une carrière ratée

Malgré la réussite de son hymne, la carrière de musicien de Rouget de L'Isle ne connait pas le même succès. Hormis la Marseillaise, ses compositions ne sont guère appréciées et il ne peut donc vivre de son art. De plus, il multiplie les mésalliances et devient par la suite l'ennemi de Robespierre, puis de Carnot ou encore Napoléon ; autant dire des pouvoirs en place qui régissent la France tout au long de sa vie. L’empereur, lui vouant une telle haine, va jusqu'à bannir la Marseillaise des cérémonies officielles. Arrêté, enfermé, oublié, ruiné, il obtient finalement une pension et la reconnaissance après l'accession au trône de Louis-Philippe qui reconnaît enfin en Rouget de l’Isle un patriote.

Ironie du sort. Rouget de l'Isle qui s’éteint en 1836 repose aux Invalides aux côtés de Napoléon.

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