L'Akîtu, la fête du nouvel an à Babylone

Cérémonie officielle fêtant la nouvelle année, l'Akîtu est un rite nécessaire à la purification de la cité et du roi.
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Le roi babylonien est une figure centrale et un personnage clé pour la stabilité du royaume. Il est également le vecteur entre le monde terrestre et le monde céleste. C'est à travers lui que les messages des dieux parviennent jusqu'aux hommes. Le roi doit être protégé contre toute attaque physique ou spirituelle. La stabilité du royaume est en jeu! De même, les rois de Babylone se doivent de représenter au mieux cette stabilité lors de diverses cérémonies, notamment celle de l'Akîtu, la cérémonie du nouvel an.

Une cérémonie ancienne durable dans le temps

L'Akîtu est célébrée dès le IIIe millénaire au pays de Sumer où elle marque le retour du printemps. C'est dans la ville d'Ur qu'elle est codifiée. Après la chute de la IIIe Dynastie d'Ur en 2004 av. notre ère, la cérémonie est reprise au IIe millénaire par les souverains de Babylone qui dominent alors l'ensemble de la Mésopotamie. Au Ier millénaire, toujours à Babylone, la cérémonie devient la fête la plus importante de l'année. Marduk, le dieu poliade de la ville, ainsi que le roi en sont les principaux protagonistes.

Une cérémonie codifiée

Depuis l'époque sumérienne, l'Akîtu est marquée par la sortie des statues divines hors des murs de la cité et leur rentrée triomphante à la fin des réjouissances. Cet exil volontaire des dieux marque une période de purification de la ville. Le retour du dieu dans sa demeure se fait alors dans une ville nettoyée de tous ses péchés. A Babylone, la fête dure douze jours. Pendant les réjouissances on célèbre Marduk, sa parèdre* Sarpanitu, et leur fils Nabû, dieu de la cité voisine de Borsippa. Les prêtres récitent des poèmes et des incantations jusqu'au cinquième jour où le roi entre en scène.

Les confessions du roi

Que se soit Hammurabi ou Nabuchodonosor II - pour ne citer que les plus célèbres - tous ont participé au même rite. Le roi doit abandonner les insignes de son pouvoir et, devant le Grand Prêtre qui devient pour un temps son juge, il se confesse et demande pardon pour les fautes qu'il a commises au cours de l'année. Le Grand Prêtre donne alors une gifle au souverain. Attention, il ne s'agit pas d'effleurer la joue! Le roi doit pleurer pour que son regret affiché soit sincère. Le Grand

Prêtre rend alors les insignes au roi qui reprend son rôle pour un an, jusqu'à ... la prochaine gifle!

Vive les mariés!

L'Akîtu se termine par la rentrée en fanfare du dieu dans la ville. A Babylone, Marduk emprunte la voie processionnelle passant sous la porte d'Ishtar, et retourne sous les acclamations du peuple dans son temple. Là, on célèbre le renouvellement de son mariage avec sa parèdre. Ce remariage prend ses racines au temps de Sumer à Uruk, la cité de la déesse Inanna-Ishtar. Celle-ci voyait son mariage renouvelé chaque année marquant ainsi - de part sa fonction de déesse de la fertilité – le renouvellement de la nature.

* parèdre : ici, une divinité complémentaire, l'équivalent féminin de Marduk.

Sources:

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