Le harem de pharaon

Véritable institution, le harem est une arcane mère dans la gestion des loisirs et de la politique extérieure du pharaon.
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Le harem pharaonique existe comme institution depuis le début du IIIe millénaire. Mais le nombre de femmes enfermées en ces lieux varie considérablement d'une époque à une autre, atteignant sans doute son apogée aux alentour de la fin du second millénaire. Le harem du pharaon pouvait alors contenir jusqu'à une centaine de femmes.

Des origines sociales mêlées

Le premier critère de recrutement est avant tout physique. Il faut que les femmes choisies plaisent au pharaon. Les femmes du harem sont recrutées pour la plupart dans les couches inférieures de la société car elles sont plus facile à enlever aux parents et demandent qu’une maigre compensation. Ces jeunes filles de basse extraction voient dans le fait d'être choisies une chance inespérée de promotion sociale : elles pourront apercevoir le souverain et avec de la chance le séduire. Toutes, cependant, ne sont pas destinées au pharaon. Certaines resteront vierges, d'autres seront offertes par le roi comme épouses à des dignitaires qu'il veut récompenser. Au Nouvel Empire (1552-1070 av. notre ère), des princesses étrangères, épousées pour des raisons de diplomatie extérieure, entrent à leur tour dans le harem royal : les jeunes femmes s'installent avec leurs suivantes et apportent leurs us et coutumes.

Des activités multiples

Le harem est une institution économiquement indépendante, à la fois ferme et atelier. Il possède des terres que les femmes cultivent ou font cultiver, des troupeaux et abrite une véritable industrie textile. Les servantes et les épouses d'origine modeste travaillent en effet, filant, tissant et cousant les vêtements. D'autre part, l’établissement se charge de donner une éducation et un enseignement aux enfants royaux et à ceux des grands dignitaires. Le harem a aussi pour rôle de former les danseuses et les musiciennes qui divertissent le souverain et égaient ses banquets.

Un personnel masculin

Loin de l'image d'un monde uniquement féminin. Le harem est aussi un monde d'homme. La gestion de cet établissement complexe est confiée à un personnel masculin. Il s'agit bien sûr des gardes des femmes, qui semblent n'avoir jamais été recrutés parmi les eunuques, au contraire de ce qui se passe en Mésopotamie. Mais d'autres personnages ont des tâches plus économiques : le harem a son propre intendant, ses propres scribes et certains documents administratifs anciens laissent mentionnent même des inspecteurs et des collecteurs d'impôts. A la tête de cet ensemble est placé un homme de confiance, qui porte le titre de directeur du harem royal.

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